SA TOURNURE BIBLIQUE
A partir de ce moment une seconde qualité morale dominera sa vie et inspirera toutes ses actions : la piété. Cette piété était déjà grande avant sa conversion. Dorénavant, elle envahira tout son être , et deviendra la nourriture de son
1 . The Cardinal Archbishop of Westminster, by John Oldcaslle. LeUeis.
âme, sa règle, sa consolation , sa force. Il dit comme les Saints : Mon Dieu, mon tout! Deus meus et omnia. « Ce qui attirait à lui , remarque le Western Mornin g , c'était son indubitable , son indiscutable piété. W/iat attracted people to him was his undoubted, indisputable piety, j) — Et cette piété , il la définissait l'union intime et constante avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. Dans ses livres et dans ses lettres , il revient toujours à ce principe, qui est vraiment l'explication de sa vie spirituelle. Point de parole qui tombe plus souvent et plus naturellement de sa plume que ce texte de l'Apôtre : « Je vis , mais en moi , ce n'est plus le moi qui vit, c'est le Christ. » Il la développe et l'applique à toutes les circonstances et à tous les actes de la vie chrétienne.
(( Le prêtre, dit-il, doit vivre comme s'il avait constamment à côté de lui son divin Maître. C'est en sa compagnie qu'il commence et finit ses journées. S'il va dans le monde , c'est comme légat a latere Jesu (1). »
Il pratiquait lui-même ce qu'il conseillait aux autres, et on peut dire qu'il marchait, sans détacher ses yeux de l'Invisible.
\ . Le Sacerdoce éternel, passim.
LE PRÊTRE OU LHOMME DE DIEU
La dévotion au Sacré-Cœur, considérée comme conséquence de l'Incarnation , était pour lui le moyen pratique d'établir entre l'âme et Jésus cette union intime. Il appelait cette union (( une amitié, une familiarité constante, une cohabitation, une espèce d'expropriation de l'âme au profit de Jésus-Christ ». Il y a même dans ses ouvrages certaines expressions hardies qui font penser au livre de M^ de Ségur : Jésus vivant en nous. Mais si quelques phrases semblent équivoques , en ce sens qu'elles laisseraient croire que, d'après Manning, le Christ habite en nous non seulement par sa grâce, mais encore par sa personne , elles sont corrigées et expliquées plus loin. On voit qu'il s'agit, dans ces exhortations, de l'union avec Notre-Seigneur, telle que la théologie l'entend et l'explique. Mais comme cette union a pour terme une personne dans laquelle il y a deux natures , cela donne lieu à quelques expressions qui ont un sens douljle. En tout cas, dès qu'il s'agit de la vie intérieure proprement dite , le Cardinal la rapporte à l'action de l'Esprit-Saint.
Ceci nous amène à la seconde dévotion qui constituait sa piété. On a remarqué que parmi