LE CATHOLICISME EN ANGLETERRE
(( Y a-t-il beaucoup de catholiques à Lon- (( dres? fit l'un d'entre nous.
« — Deux cent mille, répondit Monseigneur.
(( Ils sont pauvres, mais très bons. Ce sont, (( pour la plupart, des ouvriers irlandais.
(( Remarquez bien, Messieurs, que nous ne « sommes pas traites en parias comme les ca- <( tlîoliques de France.
« Nous sommes regardés comme une des c( forces sociales , comme une des puissances qui (( concourent au maintien de l'ordre et de la (( tranquillité. Oui, le catholicisme, à force (( d'initiative et de vie, s'est fait reconnaître (( pour une de ces institutions que les Anglais (( appellent « respectables » , et qu'ils respec- (( tcnt en réalité.
(( Tenez! tout dernièrement, M. le curé de « la Madeleine à Paris, M. Le Rebours, est (( ^enu me voir. Il n'avait pas quitté la soutane (( pour faire le voyage de Londres. Personne (( ne lui a manqué de respect. Il a même été
c( surpris de la considération dont il a été (( honoré partout. Les sœurs de charité sortent « en habit religieux avec leur cornette blanche , (( et on les respecte. Par exemple, quand elles (( voyagent en chemin de fer, dans un compar- (( timent de dames seules, les employés vont (( leur demander si elles ne manquent de rien , (( si elles n'ont pas besoin de boire ou de c( manger.
(( — Et le gouvernement partage-t-il ce res- (( pect?
(( — Oh oui ! les changements de ministères (c n'y font rien. Les tories et les whigs ont la (( même largeur de vue sous ce rapport.
(( Vous parliez de la question de l'enseigne- (( ment. Eh bien, à Londres, il n'y a point du (( tout d'ostracisme pour les hommes de reli- « gion. Un de mes prêtres se rend au départec( ment de l'éducation (ministère de l'instruc- (( tion publique). Il peut être le plus petit, le (( moins considérable (pour ainsi dire) de mes (( prêtres , peu importe : il est reçu avec conve- (t nance ; on écoute ce qu'il dit et on fait droit (( à ses réclamations. »