‹ Le cardinal Mazarin 16421661Chapitre 8 sur 9 · Mmo de Mollevillc · texte numérisé non relu

Mmo de Mollevillc

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l’ignorance et la frivolité , afin do s’assurer à luimôme un plus long règne. Louis s’en ressentit toujours ; son rare bon sens , son goût naturel et ses lectures tardives ne suppléèrent jamais compléletenientà l’insuffisance de son instruction première. Mazarin changea peu à peu de procédés ; quand il eut vu se développer spontanément le caractère ferme et l’esprit droit du jeune prince , il cessa de le détourner des choses.sérieuses, et s’adressa à sa raison et à son cœur, en se posant devant lui comme le champion nécessaire et dévoué de la couronne et de l’État contre les factions et contre l’étranger , puis il l’exhorta à lire , et à appremlre son grand métier de roi, comme dit Mme de Motteville. Il l’engagea, il l’obligea môme à siéger fréquemment au conseil ; il avait fini par comprendre que l’honnêteté devenait de l’habileté vis-à-vis d’une nature sagace et réfléchie comme celle du jeune Louis. D’ailleurs la ruine de sa santé , sur laquelle il ne se fit pas longtemps illusion, renversa bientôt tous ses plans d’avenir personnel ; il agit en conscience ; il répara de son mieux le temps perdu , et n’épargna rien pour rendre Louis apte à le remplacer; il usa’ les restes d’une vie qui s’échappait, à initier le roi, dans de longs enlrcfiens, aux principes et aux ressorts dosa politique, et lui laissa môme des instructions écrites. Les conseils les plus importants qu’il lui donna paraissent avoir

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été de n’avoir plus de premier ministre , et de n’avoir jamais de favori, de faire ses affaires luiméme , en renfermant chaque ministre dans son département, et de préférer pour les emplois de haute confiance les hommes de naissance médiocre aux grands seigneurs. Il l’engagea à réduire le conseil secret , où se décidaient les grandes affaires , au moindre nombre possible, et à en écarter les gens d’Église et les gens d’épée , ainsi que la reine mère, qui s’était prise d’un retour de tendresse embarrassant pour son frère Philippe IV et pour sa terre natale. Il lui prêcha, sur la foi due aux traités, à propos de l’Espagne et du Portugal , une morale fort relâchée, mais trop conforme à la pratique du temps pour qu’on y puisse trouver un sujet d’étonnemênt. Il lui conseilla enfin de cacher ses secrets aux femmes et aux courtisans, et, sur toutes choses, de profiter des loisirs de la paix pour rétablir les finances*. »

Cependant le cardinal, pendant l’hiver de 1661 , eut quelques apparences de retour à la santé qui tinrent tous les courtisans dans l’anxiété la plus vive. Habitué d’ailleurs à dominer ses souffrances à force d’énergie morale , il ne cessait de s’occuper des affaires du gouvernement , et ne restait même pas étranger aux divertissements de la cour. Il avait toujours aimé le jeu avec passion ; au milien

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