‹ Le cardinal Olesnicki (Olésnitzki) né en 1389, mort en 1455Chapitre 2 sur 3 · LE CARDINAL OL1I8N1CKI · texte numérisé non relu

LE CARDINAL OL1I8N1CKI

du prince de Sayoie. L'uniTersité de Cracovie était du nombre, et les consciences de beaucoup de citoyens paraissaient inquiètes. —

Les Hussites étaient tout prêts à profiter de chaque trouble. La position était délicate, à cause de la neutralité adoptée par les autfes états, de la disposition dés esprits dans le jûtys, et de la minorité du roi. Olésnitzki refusa le chapeau envoyé de Bâle, et renonça à porter la pourpre, sous le prétexte qv^ Bome avait négligé de lui envoyer le chapeau rouge. Il s^agissait de gagner du temps pour éviter les troubles et attendre un moment propice pour en finir avec la neutralité.

L^année 1440 est une des plus importantes dans la vie de notre prélat. Nous avons vu, comment après- la mort de l'empereur Sigismond, qui n'avait laissé qu'une fille, Albert d'Autriche, mari de cette princesse, f&t élu à la place dé son beau-père par les Allemands, par les Hongrois et par les catholiques de la Bohême; nous avons vu également, comment les Polonais, malgré l'opposition d'Olésnitzki, envoyèrent un corps de troupes dans ce dernier royaume, po.ur soutenir la candidature de Casimir (frère cadet de Ladislas III), proposé par la partie hussite de la nation. Le corps polonais fut défait par les impériaux et ne fut pas remplacé, grâce à Olésnitzki; mais les hussites Bohèmes n'étaient pas encore domptés^ et Tempereur se vit obligé de porter toute ses forces de ce côté là. En attendant le sultan Amourath II, maître de toutes les possessions européennes de l'empire d'Orient,- excepté de Constahtinople (prise d'assaut U ans plus tard), menaçait d'envahir la Hongrie. Les Hongrois consternés supplièrent leur roi de les secourir. Après avoir manqué à plusieurs termes désignés par lui-même , l'empereur arriva enfin pour subir une défaite et mourir bientôt après.

Albert II ne laissa que deux filles ; mais sa femme* Elisabeth, fille de Sigismond, était grosse de quelques mois. Sans attendre un instant, les Allemands offrirent la couronne impériale à Frédéric El, tandis que les Hongrois se partagèrent en • deux camps. Les uns voulurent attendre la délivrance de la reine et mettre sur le trône l'enfant d'Elisabeth, si c'était un fils, ou aviser autrenient, en cas d'une princesse; les autres, craignant le glaive d' Amourath, proposèrent d'offrir la couronne Âu plus puissant monarque du Nord, à Ladislas III, prince doué

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de toutes les qualités, et élevé avec le plus grand soin par Tévêque de Cracovie. Ce dernier projet, appuyé par le grand Huniade, et par Elisabeth elle-même, prévalut dans l'esprit de la majorité, et les députés Hongrois arrivèrent à Cracovie pour inviter le roi de Pologne à s'asseoir sur le trône de St-Etienne. La crainte d'une guerre avec les Turcs fit pencher plus d'un sénateur polonais à renvoyer les députés hongrois avec un refus. Mais ce ne fut pas l'avis d'Olésnitzki. Il ne s'agissait pas cette fois d'une alliance avec les hussites, contre le droit d'un prince légitimement élu par la majorité de la nation, comme c'était le cas dans la question bohème ; il s^agissait de former une grande monarchie capable de résister à toutes les forces de l'Asie et de sauver Constantinoplé, sans léser le droit de qui que ce fut, les Hongrois étant aussi libres d'offrir la couronne de St-Etienne à. Ladislas III, que les Allemands celle de l'empire à Frédéric ni. . ,

L'oflBre des Hongrois fut donc acceptée par Ladislas. Il par^ tit au mois d'avril 1440 pour son nouveau royaume, accompagné de révêque de Cracovie^ de son neveu Olésnitzki de Sienno, du palatin de Cracovie, et de plusieurs autres sénateurs ; mais comme on avait eu quelque difficulté à trouver l'argent nécessaire pour une aussi brillante expédition, l^évêque donna tout ce qu^il possédait dans son trésor particulier, jusqu^à son argenterie. A peine avait-on passé la frontière qu'on apprit la naissance d'un fils posthume de l'empereur Albert H. Elisabeth réunit sûr-le^ champ quelques-uns de ses partisans et après avoir fait enlever secrètement la couronne de St-Etienne, elle fit couronner à Stul* weissenbourg en présence d'un petit nombre d'amis et de courtisans, son fils âgé de quelques semaines. En attendant Ladis^ las in continua sa route et arrivé à Budè, capitale du royaume, il convoqua la diète hongroise. ^ Là, en présence des magnats et des députés, il prononça un discours latin , visiblement inspiré par l'évêque de Cracovie. On y apperçoit les idées et lès sentiments du grand homme. ,Ce n'est point par ambition ^ s'écrie le jeune roi, que j'ai quitté un vaste royaume, pour me charger du gouvernement d'un pays menacé de toute part. L'idée de combattre l'islamisme avec nos forces réunies m'amène parmi vous. Mais si je dois être cause d'une guerre civile au lieu d'une guerre contre les infidèles, dites-le franchement et je retourne sur-le-champ dans mes états.** Après ces paroles du

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roi, tous les assistants, même quelques rares partisans d^Elisa* beth, entraînés par Tenthousiasme du grand Huniade, se levèrent spontanément, protestèrent contre la manière d^agir de la veuve d^Albert, et ratifièrent Télection de Ladislas III au milieu de laimes et de cris de joie. Ladislas étant ainsi instalé sur le trône de Hongrie, l'évêque de Cracovie put retourner en Pologne, afin de veiller sur le sort de sa patrie et de procurer à son jeune roi de Targent et des soldats. Ces secours étaient d^autant plus nécessaires qu^Elisabeth ne se tenait pas pour battue. Elle alluma la guerre civile, qui dura à peu près aussi longtemps que sa vie, ^- c'est à dire environ deux ans.

Cependant le sultan Amurath II n'attendait pas la mort d'Elisabeth, ni la fin de la guerre civile. Les armées passaient Tune après Tautre du fond de FAsie en Europe, afin d'attaquer et de subjuguer la Hongrie. Ce fut en 1442, que Jean Huniade ouvrit sa grande carrière militaire par la victoire de Hermanstadt. Quatres-vingt-mille Turcs accoururent bientôt pour venger la première défaite de leur maître, et offrir au général hongrois Toccassion de montrer son talent dans tout son éclat. Avec des forces inférieures Huniade anéantit la seconde armée turque, dans les plaines de la Yalachie. Ce fiit dans ce moment que renvoyé d'Amourath arriva à Bude pour oSni à Ladislas la paix sous la condition humiliante d'un tribut à payer au sultan. H est focile de deviner la réponse du roi. Le 22 Janvier 1443 Ladislas partit pour une nouvelle expédition, — - une des plus belles du XV»« siècle. — Grâce au génie de Huniade, et à la valeur du jeune roi, qui rappelait celle de St-Louis à Taillebourg, les Turcs furent écrasés, le 3 Novembre, aux bords de la Morara, et battus plus tard en trois autres rencontres.

AmouratbIJ s'élance enfin lui-même. En étendant les ailes de ses nombreuses phalanges, il crut pouvoir déborder et détruire l'armée chrétienne. Mais Huniade perce le centre ennemi et porte l'épouvante jusqu'aux pieds des Balcans.

La saison avancée empêcha le roi de pousser plus loin ces avantages. Il retourna à Bude vers le milieu du mois de février 1443, déposa à l'église de St-Maurice les trophées conqui» sur les Musulmans, et recompensa dignement les guerriers des deux vaillantes nations, parmi lesquels figuraient les neveux d'Olésnitzki.

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A peine la noavelle de ces succès se repandit-elle en Europe ^ue les félicitations de toutes les cours chrétiennes commencèrent h arriver à Bude ; mais en même temps toutes les puissances supplièrent par leurs ambassadeurs le roi Ladislas de continuer la lutte contre le terrible ennemi de la foi. Le Pape Eugène IV promettait des secours pécuniaires ; la république de Venise, sa marine, le roi d'Arragon dix galères, le duc de Bourgogne six, les CSievaliers de Malte deux. La France, TAngleterre, Gènes et Florence ne restaient pas en arrière des autres puissances. Le cardinal Cesarini, légat du Pape, ne cessait de travailler à la cour de Bude dans le sens et selon les désirs de toute la chrétienté. Enfin une convention fut conclue par laquelle le roi s'obligea d'attaquer les Turcs par terre, tandis que les autres souverains agiraient par mer.

Cependant le sultan Amurath II, aussi habile qu'actif, ne désespéra pas de la*situation. U s'élança d'un côté sur l'Asie et foudroya les révoltés ; d'autre part il réussit à gagner le hospodar de Vala'chie, et, par lui, lé célèbre Huniade qui faisant valoir le désir de la nation hon^oise de respirer après tant de guer* res^ conseilla au roi de traiter avec les ambassadeurs Turcs, récemment anrivés à Bude. Cette fois ces derniers n'avaient garde de parler d'un tribut. Es proposaient au contraire des conditions très-avantageuses. En attendant, les contingents promis par les puissances ne se montraient pas ; les nouvelles de Pologne n'i$taient rien moins que satisfaisantes, et Olésnitzki pressait le roi de revenir à Cracovie ; sa présence y paraissait absolument nécessaire. Toutes ces circonstances décidèrent le roi de conclure avec le sultan une trêve de dix ans. Mais à peine trois semaines étaient elles écoulées depuis la signature de la trêve, que l'armée chrétienne s'ébranla de nouveau et les drapeaux Polono-Hongrois flottèrent en s'avançant vers les plaines de la Valachie.

Notre sujet ne nous permet pas de nous étendre sur les causes de ce changement subit, ni d^examiner les divers jugements portés sur la décision du roi dans cette mémorable circonstance. Les uns le blâment et l'accusent d'avoir manqué à la foi jurée ; les autres soutiennent que le légat du Pape le pressait d« remplir les conditions du traité conclu avec les souverains chrétiens. Cette dernière sonamation, la nouvelle de la.

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