‹ Le cardinal RichelieuChapitre 15 sur 41 · INS LOUIS \1V · texte numérisé non relu

INS LOUIS \1V

liMiijJS, vc {{[l'û ixhvc'fXCd l»(\iii(()iip (Imis la suite, qiioicjiril appi'ocliàl plus souviMil delà coiuuuuiiou. Sa con\ors;ilion était ainial)lc, tant qu'il pouvait solide, et par goût; toujours mesurée à ceux avee (pii il p.u'lait. Il se délassait volontiers à la pro- Juenade, c'était là où elle ])araissait le plus. S'il s'\ trouvait quelqu'un avec qui il pût i)ai'ler de seionee, c'était son plaisii*, mais plaisir modi^ste, et seulemeiit pour s'anuiser et s'instruire en dissertant (juehpie peu, et en écoutant davanlaj^c Mais ce qu'il y cliercliait le plus c'él.nt l'utile, dc^s iicns à l'aire pai'Ier sur la .iruerre et les [daces, sur la marine et le commerce, sur les coui's et les pa\s étrangers, quehjuel'ois sui* des faits paitieulicrs mais publics, sur des points d'histoire ou dc^s ^iuerres passées depuis longtemps. Ces proniejiadcs, (pli rinslrnisaicnl biNinconp, lui conciliaient les esprits, les comus, l'admiration, lis plus gi'andes espérances. Il a\iiil misa la |)lace des spectacles, qu'il s'était reirancliés (le|)uis fort longtemps, uri petit jeu où les plus inédioci-es hoiU'x'S pouvaient atteindre, poui- |)on\oir varier et partager l'Iiounenr i\v jouer avec lui, et se rendre cependant visilde à tout le monde. Il fut toujoiu's sensible ;iu plaisir de la table et de la (basse. Il se laissait aller à la dernière avec moins de scrupule, mais il er.iignail son faible p«>ur l'auli'c, cl il y était d'e\eellenlc conq)agnie (pian<l il s'\ lais>ail aller.

Il connaissait le roi parfaitement, il le respectait, et sur la lin il l'aimait en fils, et lui faisait une cour attentive de sujet, mais qui sentait quel il était. Il cultivait Mme de Maintenon avec les égards que leur situation demandait. Tant que Monseigneur vécut, il lui rendit tout ce qu'il devait avec soin. On y sentait la contrainte , encore plus avec IWlle Clioin, et le malaise avec tout cet intérieur de Meudon. 11 aimait les princes ses frères avec tendresse, et son épouse avec la plus grande passion. La douleur de sa perte pénétra ses plus intimes moelles. La piété y surnagea par les plus prodigieux efforts. Le sacrifice fut entier, mais il fut sanglant. Dans cette terrible affliction rien de bas, rien de petit, rien d'indécent. On voyait un bomme bors de soi, qui s'extorquait une surface unie, et qui y succombait.

Les jours en furent tôt abrégés. 11 fut le même dans sa maladie. Il ne crut point en relever, il en raisonnait avec ses médecins dans cette opinion , il ne cacba pas sur quoi elle était fondée, et tout ce qu'il sentit depuis le premier jour jusqu'au dernier l'y confu-iiia de plus en plus. Quelle épouvantable conviction de la fin de son épouse et de la sienne ! mais, grand Dieu ! quel spectacle vous donnâtes en lui, et que n'est-il permis encore d'en révéler des parties également secrètes, et si subbmes qu'il n'y a (jue vous (|ui les puissiez donner et en connaître tout

\c prix! (jiu^llo iinilaliou de Jésus-Christ sur la croix ! on ne dit pjis seulement à Tégard de la mort et des soullrances, elle s'éleva bien au-dessus. Quelles tendres, mais tran(|uilles vues! (juel surcroît de délaehement! quels vils él;uis d'actions de grâces d'être préservé du sceptre et du compte qu'il en faut lendre ! quelle soumission, et combien parfaite! (piel ardent amour de Dieu! (piel perçant regard sur son néant et ses péchés! (pielle magnilique idée de l'inlinic miséricorde! (pielle religieuse et luunble crainte! (pielle temi)érée confiance! quelle sage paix! quelles lectures! quelles prières continuelles! quel ardent désir des derniers sacrements! quel profond recueillement! quelle invincible patience! (pielle douceur! quelle constante l)onté pour tout ce (jui l'aijproche! quelle charité pure cjui le pressait d'aller à Dieu ! La Trance tomba enlin sous ce dernier cliàtimcnt; Dieu lui montra un prince (pi'elle ne Jiiérilail p.is. La terre n'en élait ji.is digne, il était iiiùi' dcj.i pour la bienheureuse é te in i té.

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