I . Il fui drpiiis (Jtic à brevet
lillc, refusé plusieurs jours la charge de capitaine des gardes du corps , le firent regarder comme un homme qui ne se connaissait plus, qui avait suhorné Mademoiselle jusqu'à s'être vu si près de l'épouser, et s'en être fait assurer des hiens immenses; enfin comme un homme très-dangereux par son audace, et qui s'était mis en tète de se dévouer les troupes par sa magnificence , ses senices aux officiers , et par la manière dont il avait vécu avec elles au voyage de Flandre, et s'en était fciit adorer. Ils lui firent un crime d'être demeuré ami et en grande liaison avec la comtesse de Soissons, chassée de la cour et soupçonnée de crimes. Il faut hien qu'ils en aient donné quelqu'un à Lauzun que je n'ai pu apprendre, par le traitement harhare qu'ils vinrent à hout de lui faire.
Ces menées durèrent toute l'année 1671, sans que Lauzun put s'apercevoir de rien au visage du roi ni à celui de Mme de Montespan, qui le traitaient avec la distincfion et la familiarité ordinaires. Il se connaissait fort en pierreries et à les faire hien monter, et Mme de Montespan l'y employait souvent. Un soir du miheu de novemhre 1671, qu'il arrivait de Paris, où 3Ime de Montespan l'avait envoyé le malin pour des pierreries, comme le comte de Lauzun ne faisait que mettre pied à terre , et entrer dans sa chamhrc , le maréchal de Rochefort, capitaine des gardes en quarfier, y en-
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lia presque au niùuie moment et l'aiTôta. Lauzuu, dans la dernière surprise, voulut savoir pouniuoi, voir le roi ou Mme de Monlespaii, au moins leur écrire: tout lui lut refusé. Il fut conduit à la Bastille et peu après à Pi^neiol, où il fui enfei'mé sous une liasse voûte. Sa charge de capitaine des gardes du corj)s fut donnée à M. de Luxend)ourg, et le gou- ^ernementdeBel•ry auducdeLaUoclieroucauld,(|ui, à la mort de (Guitry, au passage du Kliin, 12 juin 1G72, fut grand maître de la gardo-robe.
On j)eut juger de l'étal d'un homme tel ({n'était Lauzun [irécipité en un clin d'œil de si haut dans un cachot du chAteau de Pignerol, sans voir personne et sans imaginci- pounjuoi. Il s'y soutint pourtant assez longtemi)s, mais à la lin il \ toiiiha si nialade (pi'il fallut songer à se confesser, .le lui ai ouï conter ijii'il ( rai;4nil nu j)i'étrc supposé; (pTà cause de cela, il soiiliil opiniâtrement un capucin, et que dès (juM lui venu, il lui sanla à la harhe, et la tira tant (ju'il put de tous cotés jiitur voii- si clic n'était pas postiche. 11 fut (juati'e ou ciiKj ans dans ce cachot. On sait pai- (juels inunenses sarririces Mademoiselle Jichela enfin sa libellé, el qu'il ne revint en Franc(î el à la cour «jiie sui' la prière du roi Jac(pjes d'Angielerre, dont il a\ail protégé la fuite.
C'él;iit inie santé de 1er avec les dehors ti'oiiq)eurs de la délicatesse. Il dînait et sou|)ait à fond tous
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les jours, Taisait très-grande chère et très-délicate, toujours avec bonne compagnie soir et malin , mangeait de tout , gras et maigre , sans nulle sorte de choix que son goiil , ni de ménagement ; prenait du chocolat le matin, et avait toujours sur quelque table des fruits dans leur saison, des picces de four dans d'autres temps, de la bière, du cidre, de la limonade, d'autres liqueurs pareilles à la glace, et allant et venant, en mangeait et en buvait toutes les après-dinées, et exhortait les autres à en faire autant; il sortait de table le soir au fruit, et s'allait coucher tout de suite. Je me souviens qu'une fois entre bien d'autres, il mangea chez moi, après cette maladie, tant de poisson, de légumes et de toutes sortes de choses sans pouvoir l'en empêcher, que nous envoyâmes le soir chez lui savoir doucement s'il ne s'en était point fortement senti : on le trouva à table, qui mangeait de bon appétit. La galanterie lui dura fort longtenq)s. Mademoiselle en fut jalouse, cela les brouilla à plusieurs reprises. J'ai oui dire à 3Ime de Fontenilles, femme très-aimable, de l)eaucoup d'esprit, très-vraie et d'une singulière vertu , depuis un trèsgrand nombre d'années, qu'étant à Eu avec ^Fademoiselle , M. de Lauzun y vint passer quelque temps, et ne put s'empêcher d'y courir des filles; Mademoiselle le sut, s'emporta, l'égratigna et le chassa de sa présence. La comtesse de Fiesqiie fit
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le ratTominodonirnt : Mademoiselle parut an bout (rime -ialerie; il élail à l'aulre bout, et il eu lit loule la longueur sur ses genoux jusqu'aux pieds de Madeuioiselle. Ccs^eèues, plus ou uioius fortes, reeommeueèreut souvent dans les suites. Il se lîissa d'èliv battu, et à sou toiii" battit bel et bieu Madeluoisellc, et cela an-iva ])liisieurs fois, faut (ju'à la liu, lassés Tim de Taulie, ils se brouillèreut uuc bouue fois pour tout(*s , et ne se revircut jamais depuis; il eu avait ])oiirlant plusieurs portraits eliez lui, et n'(Mi pai'lait (pi'avecî beaucoup de respect. On ne doutait pas (pi'ils ue se fussent mariés eu scri'et. A sa mort, il |)i-il niic liviée presipie iioii'e, avec des g:alons d'ai-geut, (pi'il eliangea eu blanc, avec lin peu de hlcii (piand l'or et l'argent furent défendus aux liviées *.
Le niarcdi.'H de I iixembourg.
M. de Luxembourg naquit poslbume six mois «iprès la mort de son j)èi"e; il était (ils uiii(pie, cadi'l de deux su'urs; Mme de Valencey, l'ainée, morte; cri 1GS4, n'a fait aiiciinc ligure jjai" elle ni |iar les siens; la radcttr, IkHc, s|iirilii(IIe et lorl galante, pcul-èlre encrire plus iiitri^anle , a loiilc sa \\r fait biNni('()iq) de Inuit dans U' monde dans ses lr(»is cL'iLs : de nilc, de duciiessc de Cbàlillon, enlin (h;
I. M. lie L.iii/im «'-potisa dcpui», l'iuiit d<'j.'i furl vieux, la swur de Mme de .Saiiil*Siriioii.
duchesse de Mcckell)oiirg. Elle contribua fort à la fortune de son frère, avec qui elle fut toujours intimement unie , et mourut à Paris, vingt jours après lui, et de la même maladie, ayant un an de plus que lui, et sans enfants.
Un grand nom, qui, dans les commencements de la vie du jeune Boute^ ille , brillait encore de la mémoire de celte branche illustre des derniers connétables et de l'amour que la princesse douairière de Condé portait à son nom, beaucoup de valeur, une ambition que rien ne contraignit, de l'esprit, mais un esprit d'intrigue, de débauche et du grand monde, lui fit surmonter le désagrément d'une figure d'abord fort rebutante; mais ce qui ne se peut comprendre de qui ne l'a pas vu, une figure à laquelle on s'accoutumait, et qui, malgré une bosse médiocre par devant, mais trèsgrosse et fort pointue par derrière, avec tout le reste de l'accompagnement ordinaire des bossus, avait un feu, une noblesse et des grâces naturelles qui brillaient dans ses plus simples actions. Il s'attacha, dès en entrant dans le monde, à 31. le Prince, et bientôt après, M. le Prince s'attacha à sa sœur. Le frère, aussi peu scrupuleux qu'elle, s'en lit un degré de fortune \h)uv tous les deux. M. le i*rince se hâta de procurer son mariage avec le lils du maréchal de Chàtilloii, jeime liomme de grande espérance qui lui était l'oit attaché, avant
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que cel imiour lut l)ien découvnl, ci lui [uuciiia un I»i-('\('l (le (lue cMi 16^6.
A soi\antc-se|)t ans, M. de Luxcmboiirja: s'en r-ro\ait vingt-ciiKi, ^'^ vivait coninic un lioinine (jui nVii a pas davantage. Au défaut de bonnes fortunes, dont son âge et sa ligure l'exeluaient, il suppléait par de l'argent, et rinliinilé de son fds et de lui, de M. le prinec de Conti (^t d'Albergotti , portait presque toute sur des mœurs eojnniunes et des parlies secrètes (pi'ils faisaient ensemble avec des lilles. Tout le faix des marclics et des ordres de subsistances portait toutes les cam|)agnes sur Puységur, qui même dégrossissait les projets. Uien de |)lus juste que le coup d'œil de M. de Luxembourg, rien de plus biillant, de pbis avisé, de phis [)révoyant que lui devant les cniicims , on un jour de bataille, avec une audace, mie (latlerie, et en même temps im sang-lroid (jui lui laissait tout voir cl lout prévoir au milieu (\\\ plus -raiid léii el du danger du succès U'. plus iiumineul, et c'était là où il était grand. Pour le l'esle , la p;n-esse même. Peu de pn»mcnafles sans grande nécessité, du jeu, de la conversiition avec ses familiei's , et tous les soirs un souper avec un très-petit noud)re , prescpie lou- Jom-s b's mêmes, et si ou élait \oisin fie (piebpie M\\r, on avait soin (pie le sexe \ lût agréablement mêlé. Alors, il était inaccessible à lout, et, s'il arrivait (pielquc cJiosc de pressé, c'était à Pu}ségur
à y donnor ordre. Telle était à l'armée la vie de ce grand général, et telle encore à Paris, où la cour et le grand monde occupaient ses journées, et les soirs ses plaisirs. A la fin l'âge, le tempérament, la conformation le trahirent. Il tomba malade à Versailles d'une péripulmonie , dont Fagon eut tout d'abord très-mauvaise opinion : sa porte lut assiégée de tout ce qu'il y avait de plus grand; les princes du sang n'en bougeaient, et 3Ionsieur y alla plusieurs fois. Condamné par Fagon, Curetti, Italien à secrets qui avaient souvent réussi, l'entreprit et le soulagea, mais ce fut l'espérance de quelques moments. Le roi y envoya quelquefois par honneur plus que par sentiment. J'ai déjà fait remarquer qu'il ne l'aimait point, mais le brillant de ses campagnes et la difficulté de le remplacer faisaient toute l'inquiétude. Devenu plus mal , le père Bourdaloue, ce fameux jésuite que ses admirâbles sermons doivent immortaliser, s'empara tout à fait de lui. 11 reçut ses sacrements, et témoigna de la religion et de la fermeté. Il mourut le matin du 4 janvier 1695, cinquième jour de sa maladie, et fut regretté de beaucoup de gens, quoique, comme particulier, estimé de personne, et aimé de fort peu.
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Callinal.
On n«^ parlera jamais assoz du inaivclial de Callinal, (le sa verln , de sa saj»esso, de sa niodeslie, de son désinléresseinenl, de la snpéi'ioiilé si rare de ses senlinienls , de ses iirandes parties de capitaine, il nionrnldans nn à^c livs-avancé, sans avoir ^'lé marié, ni avoii" acipiis aucnncs richesses, dans sa pelile maison de Sainl-Gralicn, prèsSainl-D(Mns, où il s'élail relire, d'où il ne soilail plnsdepuis ([nelqucs années, cl où il ne vonlail prescjne pins rece- \()ir |)ersoniie. 11 y lappela, par sa simplicité, ])ar sa frn^^alilé, par le mépris dn monde, i)ar la jiaix: de son àme et l'imilormilé de sa coiidnile, le sonvenir de ces p:rands liommes (pii, api'ès les triomphes les mieux mérités, l'etonrnaienl Iranqnillement à leni* charme, toujours amoureux de leur patrie et |)en sensihles à l'iii'^ratitude de Kome qn'ils avaieîit si hien servie, (lattinat mil sa pliilosoiihie à profit par une; glande piété. Il avait (1(î l'esprit, nn ^rand sens, une réilexion nnn-e ; il iroulilia jamais le pen (pTil était. Ses ha hits, ses ^•qnipajces, ses nienhles , sa maison, tout éliùt de la dernière simplicité; son air l'('lail aussi cl tout son maintien. 11 était ;:raiid, hrun, mai;;re, nn air pensif et assez lent, asx/, j^as, de Ixaux \{'[\\ et furl hpiriluclti. Il dcploi-ail les Tantes signalées
qu'il voyait se succéder sans cesse, l'extiiicliou suivie de toute émulation, le luxe, le vide, l'ignorance, la confusion des états, l'inquisition mise à la place de la police; il voyait tous les signes de destruction, et il disait qu'il n'y avait qu'un comble très-dangereux de désordre qui put enfin rappeler l'ordre dans ce royaume.
Vauban,
Vauhan s'appelait le Prêtre, petit gentilhomme de Bourgogne tout au plus, mais peut-être le plus honnête homme cl le plus vertueux de son siècle, et avec la plus grande réputation du plus savant homme dans l'art des sièges et de la fortification, le plus sinqile, le plus vrai et le plus modeste. C'était un honnne de médiocre taille, assez trapu, qui avait fort l'air de guerre, mais en même temps mi extérieur rustre et grossier, pour ne pas dii'e hrutal et féroce. Il n'était rien moins. Jamais homme plus doux, plus compatissant, plus ohligeant, mais respectueux, sans nulle politesse , et le plus avare ménager de la vie des honnnes, avec une valeur qui prenait tout sur soi et donnait tout aux autres. Il est inconcevahle qu'avec tant de droiture et de franchise, incai)ahle de se prêtei" à ricu de faux ni de mauvais, il ail pu gagner au point qu'il fit l'amilié et la confiance de Louvois et (hi l'oi.
Ce \)vincc s'étnit niiV(Ml à lui nii an aiiparavanl (le la \()lonl('' (|ii'il a\ait de le l'aii'c niarri'lial de Fi-aii('i\ Vaiibaii l'avail siipi)ru'' do laii'c ivllt'xioii que relto di^nilr n'étail j)o'ml laite pour nulioiiiino (le son «''tal, (pii uo pouvait jamais couuuandor S(»s années, cl cpn les jet((>rait dans rend)arras, si, laisant un sié^c, le liénéral se trouvait moins ancien maivehal de France ([ue lui. Un relus si généreux, ;ip[)uyé de raisons (juc la seule vertu Ibuinissait, auj;nienla encore le désir du roi de la ronronner.
Vauhaii avait fait ciiuiuante-lrois sièges en clief, dont une \ingtaine en présence du roi, (]ui ciul se l'aire maréclial (N; l'^rance soi-même, et lionorei* ses pro|)rcs lauriers en donnant le hàlou à Vauban. Il le l'ecnl avec II même modestie (ju'il avait m.n- (pié de désintéressement. Tout apphmdi! à ce comble (riionneui', où aiicim ;mli'e de ce geni'e n'était j)arvenu avant lui et n'est ani\é depuis. J(î n'ajouterai ri(Mi ici sur cet liomun; \érital)lemeiit fameux , dont les illustres actions nous dis^jensent de faire l'éloge.
Patriote comme il l'élail, il a\ait toute sa vie; ^*lé touché de la miséic du peuple et de toutes les vexations (pi'il soul'frail. La ( Dunaissance (pi(^ ses emjjlois lui donnaient de |,i nécessité des déjx'uses, cl (lu peu d't'spérance (|ue Ir- roi ffil pom* retranclirr celles de sj)lendeur et d'aumsements, le l'ai-
ET SA COUR. "l'A
sait gémir de ne voir point de remède à un accablement qui angmentait son poids de jour en jour.
Dans cet esprit, il ne fit point de voyage, et il traversait souvent le royaume de tous les Liais, qu'il ne prît partout des informations exactes sur la valeur et le produit des terres, sur la sorte de commerce et d'industrie des provinces et des villes, sur la nature et l'imposition des levées , sur la manière de les percevoir. Non content de ce qu'il pouvait voir et faire par lui-même, il envoya secrètement pai'tout où il ne pouvait aller, et môme où il avait été et où il devait aller, pour être instruit de tout, et comparer les rapports avec ce qu'il aurait connu par lui-même. Les vingt dernières années de sa vie au moins furent emplo} ées à ces recherches auxquelles il dépensa beaucoup. Il les vérifia souvent avec toute l'exactitude et la justesse qu'il y put apporter, et il excellait en ces deux qualités. Enfin il se convainquit que les terres étaient le seul bien solide, et il se mit à travailler à un nouveau système.
Il abolissait toutes sortes d'impôts , auxquels il en substituait un unique, divisé en deux branches , auxquelles il donnait le nom de dîme royale , l'une sur les terres par un dixième de leur produit, l'autre léger par estimation sur le commerce et l'indublric , qu'il estimait devoir être 3i P
iM:> LOLIS \1V
ciuoLiragés ruii et raiitrt' , ])ioii loin d'ùtrc acra- IjIos. 11 prescrivait des lègles très-simples, trèssages et Irès-laeiles poiii" la levée cl la perception (le ces deux droits, sulNanl la valenr de chaque leire , et par rap[)orl au nombre d'honnnes sur le(iucl on peut couipler avec le i)lus d'exactitude dans retendue du royaume. Il ajouta la couiiiaraison de la rè[)ai-titi()u eu usage avec celle ({u'il proposait, les inconvénients de l'une et de l'autre, et réciproquement leurs avantag;es, et conclut par des preuves en l'aveui" de la sienne, d'une netteté « l d'une évidence à ne s'y pouvoir rei'user; aussi cet ouvrage reçut-il les ap[)laudissements publics «t l'approbation des j)ersoimes les plus c;q)ables de ces calculs et de ces couiparaisons, et les plus versées en toutes ces matières (|ni vu admirèrent la |)rofondeur, I.i justesse, l'exactitude et la clarté.
Mais ce livre av.iit un graufl défaut '. 11 donnait à la vérité au roi plus (pTiJ ne lirait pai* les voies jusqu'alors j)rati(iuccs, il sansail aussi les peu|)les de ruines et de vcxalions, cl les curicliissait en l:Mir laissant tout (t' qui n'entrait point dans les coffres du roi h peu de cbose j)i"ès, mais il ruinait une armée de jiuan(ieis, de commis, (i'emplo\és lie toute espèce; il les réduisait à clierclier à \iNrc
I. i'jf! Inrr, un di-s piiiiiipanx titrrs di- gloire de V.iiibaii, est iiiiilulc U Vime royale. 11 lui iiii|»riiiié en 1707 et 170*J.
à leurs dépens, cl non plus à ceux du public, et il sa])ait par les fondements ces fortunes immenses qu'on voit naître en si peu de temps.
Ce ne fut donc pas merveille si le roi , prévenu pour se< ministres de robe et de fmance, reçut liès-mal le maréchal de Yauban lorsqu'il lui présenta son livi'e, qui lui était adressé dans tout le contenu de l'ouvrage. On peut juger si les ministres à qui il le présenta lui firent un meilleur accueil. De ce moment, ses services, sa capacité militaire unique en son genre, ses vertus, l'affection que le roi y avait mise, jusqu'à croire se couronner de lauriers en l'élevant, tout disparut à l'instant à ses yeux. Il ne vit plus en lui qu'un insensé pour l'amour du public, et qu'un criminel qui attentait à l'autorité de ses ministres, par conséquent à la sienne. Il s'en expliqua de la sorte sans ménagement.
M. de Vendôme '.
M. de Vendôme était d'une taille ordinaire poui la bauteur, un peu gros, mais vigoureux , fort el alerte; un visage fort noble et l'air haut; de la grâce naturelle dans le maiulieu el dans la parole; beaucoup d'esprit naturel qu'il n'avait jauiais cultiNé, une énoncialion Cacile, soutenue d'une har-