‹ Le cardinal RichelieuChapitre 33 sur 41 · I. Cr nom rM rriklé- m hliinr ilanx W m miihcrii · texte numérisé non relu

I. Cr nom rM rriklé- m hliinr ilanx W m miihcrii

sous LA MINORITÉ DE LOUIS XV. 183

Ijellcs-lellres et même iriiistoire; mais c'était un ^alet qui n'avait rien, et qui après la mort de ce premier maître , était entré chez le cm'é de Saint- Eustache. Ce curé, content de ce valet pour qui il ne pouvait rien faire, le donna à Saint-Laurent dans l'espérance qu'il pourrait mieux pour lui. Saint-Laurent s'en acconunoda, et peu à peu s'en servit pour l'écritoirc d'études de M. le duc de Chartres; de Là, voulant s'en servir à mieux, il lui fit prendre le petit collet pour le décrasser, et de cette sorte l'introduisit à l'étude du prince pour lui iuder à préparer ses leçons, à écrire ses thèmes, à le soulager lui-même, à chercher les mots dans le dictionnaire. Je l'ai vu mille fois dans ces commencements, lorsque j'allais jouer avec M. de Chartres. Dans les suites, Saint-Laurent devenant infirme, Duhois faisait la leçon, la faisait fort J)ien, et néanmoins plaisait au jeune prince.

Cependant Saint-Laurent mourut et très-brusquement, et Duhois, par intérim, continua à faire la leçon ; mais depuis qu'il fut devenu presque al)hé, il avait trouvé moyen de faire sa cour au clicvalier de Lorraine et au marquis d'Effiat, premier écuyer de Monsieur, amis intimes; ce dernier aNant aussi heaucoup de crédit sur son maître. De faire Dubois précepteur, cela ne pouvait se proposer de plein saut; mais ses protecteurs, auxquels il eut recours, éloignèrent le choix d'un précep-

leur, puis se scrvii'cut des })royrès du jeune prince pour ne le point changer de main et laisser faire Dubois; enfin ils le bombardèrent précepteur. Je ne vis jamais homme si aise ni avec plus de raison. C'était un petit honnne maigre, cftilé, chafoin , à perruque blonde, à mine de fouine, à physionomie d'esprit, qui était en plein ce qu'un mauvais français appelle un sacre, mais qui ne se peut guère exprimer autrement. Tous les vices combattaient en lui à (jui en demeurerait le maître. Ils y faisaient un bruit et un cond)at continuel entre eux. L'avarice, la débauche, l'ambition étaient ses dieux; la perfidie, la llallerie, les servages, ses moyens; rim|m''té [)arlaile, son repos; et l'opinion que la [irobilé et l'honnêteté sont des chimères dont on se j)ai-e, et (]ui n'ofit de réalité dans personne, son principe, en conséquence duquel tous nio\ens lui étaient ])ons. 11 excellait en basses intrigues, il en vivait, il ne pouvait s'en passer, mais toujours avec un but où toutes ses démaiches 1(midaient, avec wur patience (pu n'avait de terme que le succès, ou la drmoiistrafion réitérée d(î n'y pouvoir arriver, à moins cpic, cheminant ainsi dans la profondem el les lénèbi'es, il jie \ Il jour à mieux en ouvrant un antre bo\au. 11 passait ainsi s;i vie dans les sa|)es. Le mensonge I(î plus hardi lui était lourné en iialnic a\ee un air simple, droit, hincèrc , sousenl honteux. 11 aurait parlé avec

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grâce et facilité, si, dans le dessein de pénétrer les autres en parlant, la crainte de s'avancer plus qu'il ne voulait ne l'avait accoutumé à un bégayenient factice qui le déparait, et qui, redoublé quand il fut arrivé à se mêler de clioses inipoi'tantes, devint insupportable, et quelquefois inintelligible. Sans ses contours et le peu de naturel qui perçait malgré ses soins, sa conversation aurait été aimable. Il avait de l'esprit, assez de lettres, d'histoire et de lecture , beaucoup de monde , force envie de plaire et de s'insinuer, mais tout cela gâté par une fumée de fiuisseté qui sortait malgré lui de tous ses pores et jusque de sa gaieté qui attristait par là. fléchant d'ailleurs avec réflexion et par nature, et par raisonnement, traître et ingrat , maître expert aux compositions des plus grandes noirceurs, effronté à faire peur étant pris sur le fait; désirant tout, enviant tout, et voulant toutes les dépouilles. On connut après, dès qu'il osa ne se plus contraindre, à quel point il était intéressé, débauché, inconséquent, ignorant en toute affaire , passionné toujours , emporté , blasj)hémateur et fou, et jusqu'à quel point il mépiisa i)ubliqucment son maître et l'État, le monde sans exception et les affaires, pour les sacrifier à soi tous et toutes, à son crédit, à sa puissance, à son autorité absolue , à sa grandeur , à son avarice, à ses frajeurs, à ses vengeances.

isr. Li: iu:r.KNT ht i.a couu de frange,

nin'l(|iu' (cniiis apivs le l'oniiiienceiiRMil de l;i iv^cmr , ral)l)L' Dubois voulut être conseiller irKlal, el me \inl prier d'en rompre la glace auprè,s du régenl. Il s'ai)puyail sur ce que les évè- (|ues ne voudraient plus d'une place dans laquelle l'abhé Hignon les précéderait; et en efiet c'est ce (pii les en a exclus, au déshonneur du conseil. Ma Iranchise ne put se laire. .le répondis à l'abbé Dubois que je lui soubailais toute sorte de bien, mais que pour celU' place je le i)riais de l'egarder un peu derrièie lui, el de voir si elle lui convenait, le dépit (pi'en auraient les conseillers d'État, et si son atlacbement pom* M. le duc d'Orléans lui pouvait |)ernie(lre de lui atlirei* par là la haine de tout \c conseil el de tous les prétendants, et tous les discours du monde. Ions ceu\ (jui se tiendraient sur lui-même, el les mauvais of'lices (pii sûrement naîtraient de cv, choix. Il lut un peu étonné, mais il u'cul point (le boimc réplicpie ; nous ne laiss«\nies pas de nous sépaicr Ibrt bien. Quatr'e joui's après, l'abbé Did)ois rcNini clicz moi, (pii d'abordée : « Je \iens, me dit-il, \ous iciidrc compte «pu* je suis conseiller d'Klal , » lians|)orté de joie. " .Mon «lier abbé, lui répondis-je, j'en suis lavi el d'autant ipn' je n'\ ai point de part; vous êtes content, rt moi aussi, l'rcnc/ scnlcmcnl ^ardc an\ suites, et puisque l'allairc rA lailc , tcnrz-Nous jjaillard, cl vcillez-v seulement sans les craindre. ••

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