Une f('e du roman û'Amadis
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La cour de Mme do Monlespan dovint le conire do la cour, dos plaisii's, de l.i l'orluiio, do r(^spôrauoo et do la loiTour (l(*s uiiuisli'os ot dos yôuoraux d'.H'iuôo, ol riuuuilialiou do loulo la Franco. Co lui aussi lo conli'o {\v l'ospril , ol d'un tour si pai*tioulior, si dôlical, si lin, mais toujours si uîdurol ol si agrôahlo, (pi'il so faisait disliu^uer à son caraclôro unicpio.
Cotait celui de ces trois sœurs, qui toutes trois en avaioiil iulininiont, ot avaioni l'ail d'en donner aux autres. Ou sont oriooro avec plaisir ce toui' cliai'inaut cl siui})lo dans co ipii l'osto dv porsonnos (pi'ollos oui élevées chez elles et qu'elles s'étaioiil atta<liéos; entre mille autres on les disliu^uorait dans les oonvoi'sations les plus communes.
Mme de rontovraull était colle des trois (pii (mi avait le |>lus; c'était pout-olro aussi la plus belle. Kilo y joi;j:nait un sa\oir lai'c cl fort étendu : ollc^ Si'ivait hieu la théologie et les Pères, elle était versée dans rKcrilui'c, elle possédait les lau^uos savantes, elle parlait à eule\er cpiaiid elle Irailidl (pioNpie matière. Hors (le cela rcs[)iit ue se pon\ail caclior, mais on ne se doulail pas (ju'oUo sut lien (le plus (|ue le crunniuii de son se\<'. Kilo excellait m tout jionro d'écrire. Klle avait un don toni |)articulii'r |)om- le ffouvernonieiil <1 j)oiu- se faire adorer ih' tout son ordre , < ii le lenaid loulofois dans la plus oxarlc répilarité. Onoiiprclle eùl été fait*' re-
ligiciise plus que très-cavalièrement, la sienne était pareille dans son abbaye. Ses séjours à la cour, où elle ne sortait point de chez ses sœurs, ne donnèrent jamais d'atteinte à sa réputation que par l'étrange singularité de voir un tel ha]3it partager une faveur de celte nature ; et si la l)ienséance eût pu y être en soi , il se pouvait dire que , dans cette cour même , elle ne s'en serait jamais écartée.
Mme de Tliianges dominait ses deux sœurs, et le roi même qu'elle amusait plus qu'elles. Tant qu'elle vécut, elle le domina, et conserva, même après l'expulsion de Mme de Montespan hors de la cour, les plus grandes privances et des distinctions uniques.
Pour Mme de Montespan, elle était méchante, capricieuse, avait beaucoup d'humeur, et une hauteur en tout dans les nues dont personne n'était exempt, le roi aussi peu que tout autre. Les courtisans évitaient de passer sous ses Cenétres, surtout quand le roi y était avec elle. Ils disaient que c'était p«*\sser par les armes, et ce mot passa en proverbe à la cour. Il est vrai qu'elle n'épargnait personne, très-souvent sans autre dessein que de divertir le roi; et comme elle avait infiniment d'esprit, d(» tour et de plaisanterie line, rien n'était plus dangereux que les ridicules qu'elle doimait mieux que personne. Avec cela elle aimait sa maison l't ses parents, et ne Inissnit ])as de bien servii' les gens
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pour (jiii cWc avait pris di ramilii''. La hmiic snp- |)orlail aMH- priiic^ sa liaulriir aviu' elle, bien dillV'ivulc (l»'s luôna^vnuMils coiiliiuii'ls c[ des ivs[)(His (le la ilui-hossc dr La Vallièri' ([ii'ollc aima toujours.
A la lin Dieu la toucha. Son \)cd\c n'avait jamais vie accompajinr de l'oubli, clic (piiltait souvcid le roi pour aller prier Dieu dans son cabinet; rien ne lui aurait lait rompre aucun jeune ni un jour niaif:rc, elle lit tous les cariMncs, et avec austérité (piant aux jeûnes dans tous les tem})S de son désordre. Résolue enlin de mettre à })rolit nn temps (pii ne lui a\ait été donné (pie nial}.!:ré elle, elle cliercba (picl([u'un de sag^c et d'éclairé et se mit entre les nuiins du père de La Tour, ce générai de l'Oratoire si connu par ses sermons, par ses dii'cclions , par ses ;uuis, et par la prudence et les lalents (lu gouvei'iicuicul. l)e[)uis ce moment jusipi'à sii mort, sa conversion ne se démentit point, cl sa pénilenc(; auj^nueiila toujours.
I.V père de La Tour tir;i d'elle un tci'i'ible acte do pénitence, ce lut de demaudei' pardon à sou mari cl de se remellrr cutic ses mains. Klle lui écriNil elle-même dans les termes les plus soumis, et lui oITril de retourner avec lui s'il dai;^niait la reccNoir, ou (le se rendre eu (picbpie lieu (|u'il voulût lui oi- (innner. A (pii a connu .Mme de .MoiUes|)an, c'était le S'icrifice le plus liéroiqiie. Klle en cul le mérite S'ilis ••?! e^sUM-r répr.iur: .M. di' Monlespau lui lit
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(lire qu'il ne voulait ni la recevoir, ni lui prescrire rien, ni ouïr parler d'elle de sa vie. A sa mort, elle en prit le deuil connue une veuve ordinaire , mais il est vrai que, devant et depuis, elle ne reprit jamais ses livrées ni ses armes qu'elle avait quittccs, et porta toujours les siennes seules et pleines.
Peu à peu elle en vint à donner presque tout ce (ju'elle avait aux pauvres. Elle travaillait pour eux l)lusieurs heures par jour à des ouvrages bas et grossiers , comme des chemises et d'autres besoins semblables, et y faisait travailler ce qui l'environnait. Sa table, qu'elle avait aimée avec excès, devint la plus frugale, ses jeûnes fort nudtiphés; sa l)rière interrompait sa compagnie, et le plus petit jeu auquel elle s'amusait ; et à toutes les heures (lu jour, elle quittait tout pour aller prier dans son c;il)inet. Ses macérations étaient continuelles; ses cliemises et ses draps étaient de toile jaune la plus dure et la plus grossière, mais cachés sous des draps et une cliemise ordinaires. Elle portait sans cesse des bracelets, des jarretières, et une ceintui'c à pointes de fer, qui lui faisaient souvent des plaies; et sa langue, autrefois si à craindre, avait aussi sa pénitence. Elle était, de plus, tellement tourmentée des affres de la moi'l , qu'elle pa\ail plusieurs fennnes dont l'emploi unique était de la ^ ciller. Elle couchait tous ses rideaux ouveiMs avec ))eaucoup de bougies dans sa chambre, ses veil-
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Iciisos auloiir d'ollr, iiii'à loiilos les lois qu'clU» se réveillait elle voulait trouver causant, joliaiil ou niaii^^eaiil, poui* se rassurer contre leur assoupissement.
Parmi tout cela, elle ne put jamais se défaire de l'extérieur de reine (pTelle avait usurpé dans sa laveur et (|ui la sni\il dans sa retraile. Il n'y avait personne qui n'y lût si accoutumé de ce temps-là (pi'on n'en consei'vAt Tliabitude sans nuuMnure. Son fauteuil avait le dos joignant le pied de son lit; il u'cFi (allait \nnui chercher d'autre dans la chaniliie, Jion pas même pour ses enCants naturels, Mme la duchesse d*Orléans pas i)lus (pie les auti'es. 11 y avait de petites chaises à dos, lardées de ploNants de part et d'auli'e, depuis son fauteuil, vis-à-vis les uns des autres, pour la compagnie; (pii venait cl pour ((Ile ({iii logeait chez elle, nièces, pauvres d(;moiselles, filles et femmes qu'elle entretenait et (jui faisaient les honneurs.
Belle comiiie le joui'jusfpi'au dernier iiioineiil (K; sa vie, sans être malade, elle croyjiit toujours l'être n aller mourir. (IvAUt incpiiétnde l'enlreleiiail dans le goiit de voya^^ei'; et dans ses voyages elle menait toujours sept ou huit persoimes de conq)agnie. Klk* en lut toujom's de la nieillenre, avec des grâces qui faisaient passer ses liaulems et (pii leur étaient adaptées. Il n'était pas possible d'avoir plus d'esprit, de (ine polilcsbc, d'expressions singulières,
d'éloquence, de justesse naturelle qui lui formait comme un langage particulier, mais qui était délicieux et qu'elle communiquait si bien par l'habitude , que ses nièces et les personnes assidues auprès d'elle , ses femmes et celles qui , sans l'avoir été , avaient été élevées chez elle , le prenaient toutes , et qu'on le sent et qu'on le reconnaît encore aujourd'hui dans le peu de personnes qui en restent. C'était le langage naturel de la famille, de son frère et de ses sœurs. Sa dévotion ou peut-être sa fantaisie était de marier les gens, surtout les jeunes filles ; et comme elle avait' peu à donner après toutes ses aumônes, c'était souvent la faim et la soif qu'elle mariait. Jamais, depuis sa sortie de la cour, elle ne s'abaissa à rien demander pour soi ni pour autrui. Les ministres, les intendants , les juges n'entendirent jamais parler d'elle. La dernière fois qu'elle alla à BoiU'bon, et sans besoin, comme elle faisait souvent , elle paya deux ans d'avance de toutes les pensions charitables qu'elle faisait en grand nombre, presque toutes à de pauvre noblesse , et doubla toutes ses aumônes. Quoique en pleine santé, et de son aveu, elle disait qu'elle croyait qu'elle ne reviendrait pas de ce voyage, et que tous ces pauvres gens auraient, avec ces avances, le temps de chercher leur subsistance ailleurs. En effet, elle avait toujours la juort présente ; dans une fort bonne santé , elle en par-
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lait t'ominc prochaine, et avec loules ses IVayciiis, ses veilleuses et une préparation continuelle, elle n'avait jamais ni niéilecin ni même de cliirur^ien.
Elle se trouva tout à coup si mal une nuit, (juc ses veilleuses envoûtent éveiller ce qui était chez elle. La maréchale de Cœuvrcs accourut des premières, ({ui, la tr<»u\ant jMVle à sun'ofpuM' et la tête forl emharrassée, lui lit à l'instant donner de réniélique de son autorité , mais une dose si forte (jue l'opération leur en fil une t(*lle peur qu'on se résolut à l'arrêter, ce cpii peut-être lui coûta la vie.
Elle profita d'une courte tranquillité pour se confesser et recevoir les sacrements. Elle lit auparavant entrer tous ses domesticpies jusciu'aux plus has, lit une confession puhfuiue de ses péchés i)Uhlics, et demanda pardon du scandale qu'elle avait si lon^^lenq)s donné, même de ses humeurs, a\ec ime humilité si sa^e, si profonde, si pénitente, «pie rirn ne j)eul élie plus édiliant. Elle re«;ut ensuite les derniers sacrements avec uiw. piété ardente. Les frayeurs de la moi! (pii, toute sa \i(', l'avau'nt si contimiellemenl tiouhlée, se dissi[)érent suhileujent d ne riM(piiétrrrnl plus. Elle remercia Dieu en présence de tout le monde de ( c (|u'il permettait (pi'elli' inourùt dans mi lii ii on elle était éloi^^née des enfants de son péché , et n'en parla dmant su maladie (pie celte seule fois. Elle ne s'occupa plus f|iie de réternité, (piel(|ue
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espérance de griérison dont on la voulût flatter, et de l'état d'une pécheresse dont la crainte était tempérée par une sage confiance en la miséricorde de Dieu, sans regrets et uniquement attentive à lui rendre son sacrifice plus agréable , avec une douceur et une paix qui accompagna toutes ses actions. Elle fut amèrement pleurée de tous les pauvres de la province , sur qui elle répandait une infinité d'aumônes, et d'autres sans nombre de toutes les sortes à qui elle en distribuait continuellement.
Mlle (le Fontange, Mme de Soubise, elc.
Mme de Montespan ne laissa pas, pendant son régne , d'avoir des jalousies. Mlle de Fontange ])lut assez au roi pour devenir maîtresse en titre. Quelque étrange que fût ce doublet, il n'était pas nouveau : on l'avait vu de Mme de La Vallière et de Mme de Montespan, à qui celle-ci ne fit que rendre ce qu'elle avait prêté à l'autre. Mais Mlle de Fontange ne fut pas si heureuse, ni pour le vice, ni pour la fortune , ni pour la pénitence. Sa l)eauté la soutint un temps, mais son esprit n'y répondit en rien. Il en fallait au roi, pour l'amuser et le tenir. Avec cela, il n'eut pas le loisir de s'en dégoûter tout à fait : une mort prompte, qui ne laissa pas de surprendre , finit en bref ces nouvelles amours. Presque tous ne furent que passades.
Un seul des amours de passade du roi subsista 34 f
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luiiiitemps, (^l se rouNcilil en alToclion jusqu'à la liu (le l;i Nil' de la hcllr*, (jui sut en [h'ov les plus prodijxicux avanta^vs jusqu'au touiboau, et en laisser à sesdeuxllls Tabouiinablc cl niagnifuiue hérila^e, (pi'ils surent l)ien laiic xaloii'. L'iulàine polili([ue du mari, cpii a un nom })i"opre vu Espagne qui veul dire eoeu volunlaire et ne s'y pardonne jamais, soullVit VDlonliers cet amour, et en recueillit {]v9< fi'uits immenses en se eonfmant à Paris, servant à l'armée, u'allanl prescjue ])olnt à la cour, laisanl ohscurémenl les fonds, et distribuant tous les avanlii^res que de concert avec lui sa belle moitié en tirait. C'était la marécbale deUocbefort cbez qui elle allait attendit' l'beure du berger, Lupielle l'y conduisait, et (lui me l'a conté plus d'une lois, avec des (•()ntre-tenq)s (lui lui arrivèrent, mais qui ne tirent ()b>tacle à rien, et ne venaient point du mari, (|iii était au tond de sa maison à Paris, (jui, saebanl cl (•(Miduisanl tout, ignoiail tout avec le plus grand soin, cl cliangca depuis son étroite; maison de la jjjace Koyal*' poui' le j)alais des (ùiises, dont ils ne pomraient reconnaître l'étendue, ni la somptuosité (pTil a prise depuis entre ses mams et en celles de S4'S deux iils. Lamèmepolili(iue continua IciunsIcic lie cet amour, (pii ne le dcnicnra (]nc de nom, et tout an phis en très-line écorcc. i.c mystère le lit dmci-,