Le P. Maher, S. J
2. J'emprunte cette dernière constatation au P. W. Kent, 0. S. C, qui dit : «J'ai contrôlé tous ces mots dans le Thésaurus de Payne Smith, et j'ai constaté que le jugement du cardinal Wiseman se trouve justifié presque dans tous les cas. »
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ij'k LE CARDINAL WISEMAN
dial sur la fortune du jeune Wiseman : Léon XII le nomma professeur de langues orientales à FUniversité de Rome. La partie purement critique de son œuvre, dégagée de la partie polémique, lui attira Tadmiration universelle. A cette époque, bien que les études syriaques eussent déjà progressé beaucoup, grâce aux travaux des frères Assemani et des auteurs allemands du siècle dernier, tels qu'Eichhorn, elles étaient cependant encore dans Tenfance ; et c'était chose rare qu'une connaissance de première main des manuscrits syriaques. Ceci peut expliquer jusqu'à un certain point comment une œuvre d'aussi courte haleine obtint une notoriété qu'elle eut eu peine à conquérir en toute autre branche du savoir. On trouve dans les papiers du cardinal de nombreuses lettres d'éminents savants marquant l'intérêt qu'ils trouvaient à son livre. Tholuck écrivit au jeune auteur dans les termes d'une haute appréciation, le P. Ackermann lui écrivit de Vienne ; Scholz, de Bonn. Le livre ne tarda pas à être traduit en allemand et à jouir d'une faveur marquée dans les pays de langue allemande.
Son auteur se trouva, les années qui suivirent sa publication, en fréquent commerce avec de savants philologues et orientalistes. Le comte Munster lui écrit, le 16 mai 1830, pour lui demander sa collaboration pour la partie philologique de son histoire militaire des nations mahométanes. « Beaucoup dépend de votre gracieuse collaboration », lui dit-il. Les lettres du P. Ackermann révèlent, dans son admiration du py^aeclarum opus de Wiseman, l'origine de sa chaude amitié pour l'auteur. « Je suis dans l'admiration de votre érudition, lui dit-il, et je rougis de la médiocrité
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de mon propre savoir; nous attendons avidement le second volume ^ »
Le célèbre chevalier Bunsen, lui-même amateur de littérature orientale, qui succéda à Niebuhr comme ministre de Prusse à Rome, rechercha le commerce de Wiseman. Les Anglais ne restèrent pas en retard dans leur appréciation de l'œuvre de leur jeune compatriote, Wiseman fut élu membre de la Société royale asiatique et, un peu plus tard , au printemps de 1838, membre honoraire de la Société royale de Littérature. Une correspondance épistolaire s'établit entre lui et de nombreux savants ; deux de ses plus fidèles correspondants furent le professeur Scholz, de Bonn, et Tévêque anglican de Salisbury, D' Thomas Burgess. Cette correspondance amena Wiseman à publier plus tard un opuscule sur la philologie biblique, bref écrit qui s'impose encore de nos jours comme un chef-d'œuvre de jugement et de critique. Il fait partie de son traité sur le verset, Très sunl qui Testimonium dantj de la première épître de saint Jean. Là encore, comme dans les Horœ Syriacde^ ce fut la partie scientifique, et non la partie polémique, qui lui assura un si réel succès. Son argumentation en faveur de l'antiquité de l'Italique et de son origine africaine, basée sur des données philologiques, est encore considérée comme péremptoire par beaucoup de savants. « En s'appuyant sur des preuves intrinsèques, écrivait M. Scrivener en 1883, Wiseman a établi un argument de fait que tous ceux qui l'ont suivi, Lackmann, Tischendorf, Davidson, Trégelles, acceptent comme irréfutable. Et certes, il