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iOO LE CARDINAL WISEMAN
qui le connurent vraiment bien sont unanimes à reconnaître en lui une réelle modestie, une vraie humilité. Des remarques de ce genre ne semblent guère avoir été autre chose que l'expression du plaisir d'enfant qu'il éprouvait lorsqu'il avait réussi. Ses élèves les rapportent sans laisser le moins du monde entendre qu'on pût les attribuer à la vaine gloire ; ils rappellent aussi maintes circonstances où il trahissait combien il avait peu conscience de ses grands talents. Feu Lord Houghton (alors M. Monckton Milnes), qui le connut intimement, parle * de la bienséante réserve montrée par un homme qui vivait déjà dans un milieu où tant de choses étaient de nature à encourager la vanité et la suffisance. Le même biographe de Wiseman nous apprend que, dès 1832, on parlait de lui comme d'un candidat probable au chapeau de cardinal.
Il convient d'observer, comme le fait Lord Houghton^, qu'en Wiseman la connaissance de plusieurs langues étrangères et l'habitude de les parler et de les écrire, nuisaient à la force et à la correction de son anglais. Son style était parfois trop fleuri et surchargé d'images. A Rome, on s'apercevait peu de ce défaut ; mais il devint plus tard un sujet de critiques hostiles, quand Wiseman se fut fixé en Angleterre.
11 était tout particulièrement populaire parmi ses compatriotes en visite à Rome. « Sa vie et son éducation avaient été quelque peu cosmopolites... Mais il ne montrait aucune inclination à perdre et noyer sa nationalité britannique dans son double caractère d'ecclésiastique
1. Dans sa monographie du cardinal Wiseman, dont il fit la connaissance en 1830, par l'intermédiaire du cardinal Weld.