Voir Houghton" s life^ vol. I, p
Googk
et de savant. Sa conversation roulait principalement sur des sujets de littérature anglaise, et son plus grand plaisir était de s'entretenir avec des compatriotes cultivés. Il encourageait ces goûts et ces habitudes en ses élèves, autant du moins que le permettaient les usages d'un séminaire catholique. Les livres lus à haute voix au repas de midi étaient généralement choisis parmi les classiques anglais, et je me souviens d'avoir plus d'une fois entendu lire ainsi des romans de Walter Scott.
« Il semble avoir été quelquefois inégal dans la conversation ; très érudit sur beaucoup de sujets, il faisait, ' en conséquence, souvent grande impression sur ses auditeurs ; mais sa parole n'était pas d'ailleurs particulièrement brillante. L'impression laissée sur ceux qui ne l'entretenaient que par circonstance restait parfois audessous de sa réputation. Georges Ticknor a noté comme il suit le souvenir qu'il garde de sa présentation à Wiscman, chez les Trevelyan (famille apparentée à Macaulay), à Rome : « Entrevue avec le \y Wiseman, supérieur du Collège anglais ici, et éloquent prédicateur. Il m'a para excellent prêtre, ayant bon air et un extérieur avantageux : avec cela une très remarquable aisance dans le monde. Il parle bien, mais pas aussi bien que je m'y attendais. » Parmi les personnages anglais dont Wiseman reçut la visite à Rome pendant son rectorat, il faut nommer, avec M. Monckton Milnes , des hommes tels que l'archevêque Trench, Jules Hare, Sir Thomas Acland, Charles Marriott, M*" Gladstone, Lord Macaulay, John Henri Newihan, Hurrell Froude, Henri Edouard Manning. Quelques-unes de ces visites eurent lieu pendant la seconde période de son rectorat, et nous aurons à y revenir plus loin. D'autres de ces relations se
Googk
changèrent en véritables amitiés qui s'affermirent encore dans ses subséquents voyages en Angleterre, et qui lui donnèrent l'occasion de se produire dans la classe cultivée de son pays, en dehors de la société catholique^ situation à cette époque peu ordinaire pour un ecclésiastique romain. Ses lettres mentionnent des séjours dans les résidences à la campagne de Tarchevéque Trench, de M. Monckton Milnes, de Lord Spencer et d'autres personnages.
La correspondance étrangère de Wiseman, née de rintérèt causé par les Horœ Syriacœ^ fortifia graduellement en lui la conviction qu'il se produisait en Europe une réaction catholique contre l'incrédulité et les menées antipapales du siècle dernier. L'esprit de Febronius disparaissait en Allemagne devant les doctrines ultramontaines, représentées par des hommes tels que Joseph Gôrres, et, alors du moins, Dœllinger. Overbeck et ses amis, fixés à Rome à cette époque, contribuaient également à affermir eh lui cette espérance. En 1831, par le contact immédiat de certains hommes, il voyait la part que la France allait prendre à ce mouvement dans l'avenir et dans le présent môme. Lamennais, Lacordaire et Montalembert, arrivés à Rome au mois de décembre, ne tardèrent pas à se lier intimement avec Wiseman. Nous dirons tout à l'heure les circonstances particulières qui les amenaient; mais en outre du programme de politique catholique qu'ils venaient soumettre au Souverain Pontife, ils étaient pénétrés de cet esprit de renaissance religieuse dont Chateaubriand avait donné le signal par la publication de son Génie du Christianisme. De Maistre avait imprimé à ce mouvement une impulsion franchement ultramontaine dans son livre du Pape^ et le
Googk
sentiment se fortifiait chaque jour que de nouveau la cause de la religion triompherait sous l'étendard de la Papauté. La seule des antiques institutions demeurée debout parmi les désastres de la Révolution et des invasions napoléoniennes s'affirmait comme un principe et une base d'union pour la civilisation nouvelle. Quelquesuns des talents les plus riches en promesses de la jeune France s'étaient déjà enrôlés pour la cause catholique ; l'impulsion était donnée d'un important mouvement religieux. Cette renaissance catholique, pour tant d'autres un anachronisme, préoccupe les esprits des hommes de pensées les plus diverses, tels que M. Mozley et le cardinal Newman, Heine et Frédéric Schlegel, Macaulay et Mathieu Arnold. G'est qu'elle était véritablement signi-^ ficative ; les événements subséquents le prouvèrent incontestablement. Sa portée allait-elle aussi loin que le pensaient alors d'ardents catholiques, c'est une autre question dont nous dirons plus loin quelque chosc Toujours est-il que chaque année ajoutait à sa force et aux espoirs de ses promoteurs. En France même, ce réveil religieux s'accentua presque sans interruption jusqu'aux premiers jours du second Empire, alors que Newman déclarait que ce pays n'avait jamais été aussi catholique depuis le règne de Louis XIV ^
A l'époque de son voyage à Rome, Lamennais, alors la figure la plus en vue dans le monde catholique, avait commencé dans le journal V Avenir son audacieuse tentative d'union entre l'ultramontanisme et la démocratie. Reniant son primitif royalisme, le Credo de De Maistre, il préconisait un ralliement pur et simple à l'ordre nou-^