‹ Le cardinal WisemanChapitre 26 sur 106 · Souvenws^ etc., 11" part., ch. vu, p · texte numérisé non relu

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108 LE CÂRDIKAL WISEMÂN

chrétienne, affermie dans Tunité par les liens qui la rattachent au Siège apostolique? Les abjurations, ainsi qu on nommait les conversions des protestants anglais, de séjour à Rome, étaient assez fréquentes et, dans certains cas, vraiment importantes et influentes. L'idée se (it jour dans son esprit, comme un rêve d*abord, et grandit ensuite comme une vive espérance que la piété catholique pourrait bien devenir en Angleterre, ainsi qu'ailleurs, le principe d'une restauration si nécessaire du zèle religieux, après l'apathie et l'incrédulité du xviii® siècle; qu'il pourrait lui aussi travailler à cette grande œuvre avec les Lamennais, les Montalembert, les De Maistre; avec Schlegel, Gôrres et Mcelher. Une influence qui encouragea cet espoir fut celle du célèbre P. Ignace Spencer, frère de feu Lord Spencer, qui entra au Collège anglais, en 1830, et y fut ordonné. Ce saint homme, dont la vie est une des merveilles de la piété religieuse en ce siècle, avait eu la jeunesse mondaine des jeunes gens de son temps. Après ses études à Cambridge, il se mêla d'abord à la société de Londres, s'abandonnant aux entraînements ordinaires de la jeunesse ; puis, chose étrange, il reçut la première touche de la grâce en écoutant l'opéra de Don Juan^ qu'il vit jouer à Paris en 1820. « La dernière scène, raconte-t-il, représente Don Juan saisi, au milieu de sa vie de désordre, par une troupe de démons qui le traînent en enfer. Je fus terrifié sur mon propre état. Je reconnus que le Dieu qui lit au fond des âmes devait nécessairement me ranger dans la catégorie des Don Juan, et la crainte des jugements de Dieu me sauvai).

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