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Bunsen's Life, I

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le roi de Naples, mourut en automne, et Pie VIII le suivit dans la tombe, le 1*^ décembre.

Il fut remplacé sur le trône pontifical par un ami de Wisemah, le cardinal Capellari, religieux et, depuis 1805, abbé d'un monaslère de Camaldules, bon théologien et d'une vie ascétique. « Il vous faudra désormais revoir seul vos épreuves, car je crains de n'avoir plus beaucoup de temps pour les corriger », dit-il, en manière d'aimable accueil, la première fois qu'il reçut Wiseman après son élection.

Ce choix du conclave avait paru d'abord peu probable, et, de fait, le cardinal Giustiniani, à demi anglais et ex-nonce à Madrid, avait obtenu le nombre nécessaire de voix ; mais la Cour d'Espagne lui avait opposé son veto.

Capellari fut élu le 2 février 1831 et prit le nom de Grégoire XVI. Le jour même de sa consécration, des rumeurs se répandirent de la première insurrection sérieuse soulevée dans les Etats Pontificaux pour substituer une république au gouvernement du Pape.

Wiseman raconte ainsi les faits :

« A la fête de la Purification, le 2 février 1831, le conclave fut terminé par l'élection du cardinal Capellari au souverain Pontificat. Le nouveau Pape prit le nom de Grégoire. La cérémonie de son couronnement, qui eut lieu le 6, au maître-aulel de Saint-Pierre, fut relevée par celle de son sacre. Cette dernière cérémonie servit clairement à faire voir, dans la personne du Pape, la réunion de deux ordres distincts^ de la puissance ecclé-

1. Dans une circonstance antérieure, lorsque Clément XIV fut nommé Pape, sa consécration épiscopale fut distincte de son couronnement. Grégoire réunit les deux cérémonies; mais, d'après un précédent encore plus ancien, il s'écarta des formes ordinaires. Les

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siastique. Depuis le moment de son acceptation de la dignité papale, Grégoire était le chef suprême de l'Église : il pouvait donner des lois, gouverner, nommer des évéques ou les déposer, et exercer toutes les charges de la juridiction pontificale. Mais il n'avait pas le pouvoir de conférer les saints ordres, ni de faire aucune consécration épiscopale, avant d'avoir reçu lui-même Timposilion des mains d'autres évoques, ses inférieurs, qui tenaient de lui et sous lui leur siège et leur juridiction. « La matinée fut brillante et pleine de joie ; le soir arriva sombre et chargé de sinistres présages. Ce fut sur la place du Vatican même, tandis que nous recevions la première bénédiction du nouveau pontife, que nous apprîmes la nouvelle d'une insurrection dans les provinces. C'était un de ces bruits vagues dont on ne peut découvrir ni l'origine ni la marche. Car Bologne ne s'était soulevé que le 4. On avait entendu une canonnade dans la direction de Modène ; elle fut prise pour le signal d'une révolution prématurée. C'était une attaque dirigée par le Grand-Duc contre la maison de Ciro Menotti, que ce monarque n'avait cessé de traiter avec tous les égards d'nin ami intime, tandis qu'il était le chef même de la conspiration générale. On découvrit sa trahison, et ses projets furent déjoués par la vigilance et l'intrépidité du Duc, qui le fit lui-même prisonnier et le mit en lieu de

cérémonies du sacre d'un évêque .prescrites dans le Pontifical romain sont mêlées à celle de la messe, pendant laquelle le nouvel évêque occupe une place très inférieure jusqu'à la fin; alors il est intronisé, et il donne sa première bénédiction pontificale. Dans le cas présent, la cérémonie entière précéda la messe, qui fut chantée dans les formes ordinaires par le nouveau Pape. Comme tout autre évêque, il récita à genoux devant l'autel et en présence de son clergé la profession de foi qui unissait ici la tête au corps, au lieu d'être, comme de coutume, le lien qui attache un membre à la tête.

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sûreté. Bientôt Tinsurrection s'étendit de tous côtés; -après avoir occupé les Légations, elle franchit ses premières limites et envoya ses forces sur la capitale ; mais le mouvement qu'on y tenta n'eut aucun sucés réel.

« Je me rappelle parfaitement la nuit du 12 février. C'était le temps du carnaval des bons vieux jours lorsqu'on n'avait pas encore songé aux récentes restrictions ; tout le monde s'occupait d'un plaisir cordial et inoffensif. Dans Taprès-dîner, au moment même où les jeux allaient •commencer, un édit les suspendit d'une manière absolue ; des patrouilles parcoururent le Corso et d'autres places publiques, et avis fut donné aux citoyens de se tenir chez eux, parce que des personnes mal intentionnées cherchaient à nuire. Trois jours auparavant, une conspiration avait été formée dans le but de surprendre le Château Saint-Ange et de s'en emparer ; mais la vigilance du gouvernement l'avait découverte. Dans la soirée du 12, quelques détonations d'armes à feu frappèrent nos ■oreilles et nous révélèrent au moins un essai d'exciter une violente révolution. En effet une bande armée venait d'attaquer la garde de la poste aux lettres, dans l'intention de lui enlever ses armes et ses munitions. Mais les soldats étaient sur le qni-vive; ils répondirent par une fusillade. Plusieurs assaillants furent blessés, d'autres faits prisonniers, et tout rentra dans le calme. Une balle, qui traversa la porte du palais Piombino, tua, si je ne me trompe, le paisible portier qui se trouvait à l'intérieur.

« Quant à nous, ne connaissant pas ce qui pouvait arriver ou quelle direction pouvait prendre l'aveugle fureur d'une révolte couronnée de succès ; ignorant aussi le nombre et les ressources des agresseurs, nous prîmes

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toutes les précautions possibles pour nous défendre contre une attaque nocturne. Nos portes étaient solides, nos fenêtres bien barrées, nos murailles inexpugnables. Après une inspection des lieux faite avec soin, nous découvrîmes un point faible qui n'était pas à couvert du génie improvisé d'assaillants tumultueux ; et je doute que Todleben lui-même eût pu suggérer un moyen plus scientifique et plus efficace que celui que nous employâmes pour rassurer, par des travaux élevés à la hâte, contre une agression nocturne. Nous mîmes sur pied une bonne garde qui veilla jusqu'au moment où le jour vint éclairer nos défenses, qui n'avaient pas été mises à l'épreuve, et nos sentinelles assoupies.

« Quels qu'aient pu être les sentiments des provinces, Rome ne montra aucune sympathie pour la révolution; mais elle manifesta plutôt un dévouement enthousiaste pour son nouveau souverain. La garde civique ayant été augmentée dans le but de faciliter la marche des troupes régulières vers le Nord, un grand nombre de citoyens se présentèrent pour se faire enrôler. Il y avait parmi eux des personnages du rang le plus élevé qui voulaient prendre eux-mêmes la défense de la personne sacrée du Pape. Le prince Altieri reçut le commandement de ce corps. L'attachement des pauvres au souverain devint presque alarmant. Ils entourèrent la voiture papale en si grand nombre qu'il lui fut à peu près impossible d'avancer ; leur fidélité et leur désir de combattre se manifestèrent par une démonstration si chaleureuse que tout essai de les éloigner eût été dangereux.

« Le Pape montra le plus grand calme, beaucoup de courage et de prudence. Le coup était sans doute cruel

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et déconcertant. 11 servit mieux que toutes les cérémonies symboliques à lui faire voir, le jour de son couronnement, avec quelle rapidité s'évanouit la gloire terrestre * . »

Ces événements n'étaient que le prélude d'une formidable révolution 2. L'insurrection s'étendit dans toutes les Romagnes. Les républicains établirent un gouvernement provisoire à Bologne. La révolte se répandit dans tous les États Pontificaux et éclata dans TOmbrie et dans les Marches. Louis-Napoléon embrassa la cause des rebelles en Ombrie et prit part à l'attaque de Civita Castellana. A Naples,les Carbonarine purent rien faire, et Rieti, sous la vaillante direction de Monsignor Ferreti, repoussa le général républicain Sercognani. Mais la Giunta constituée à Bologne reçut l'adhésion de Modène, de Parme, des Romagnes , d'une partie de rOmbrie et des Marches. Avant la fin de février, toutefois, les Autrichiens avaient mis en déroute les républicains à Parme, et en mars ils occupaient Bologne.

L'archevêque, cardinal Opizzoni, reprit le gouvernement au nom du Pape. Le général républicain Zucchi, défait par les Autrichiens à Rimini, se replia sur Ancône, qui capitula et se rendit au commandant autrichien et au cardinal Benvenuti. Au même moment, Sercognani se soumettait dans l'Ombrie à l'archevêque de Spolète, Mastaï, le futur Pie IX, et la révolution cessa.

Peu après, Wiseman, au cours d'un voyage entrepris

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