‹ Le cardinal WisemanChapitre 30 sur 106 · Souvenirs^ etc., IV' partie, ch. r, pp. 396 et suiv · texte numérisé non relu

Souvenirs^ etc., IV' partie, ch. r, pp. 396 et suiv

2. Il faut ajouter que quelques-uns ont pensé que le Grand-Euc était en réalité acquis à la conspiration de Menotti. Quelle est la vérité sur ce point? Personne ne peut le savoir. « Le secret, dit Farini, en est enseveli dans deux tombes. »

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pour sa santé, eut roccasion de se rendre compte du véritable état des esprits sur le théâtre même des récents troubles, et il paraît en avoir été complètement rassuré. « Si vous jetez les yeux sur une carte d'Italie, écrit-il au D'Husenbeth, vous pouvez me suivre en traçant une ligne de Rome à Civita Vecchia , Corneto, Bolsena^ Orvieto, Citta délia Pieve, Pérouse, Spolète, Terni^ Rieti, et enfin de nouveau ma chère Rome. Jusqu'à Orvieto, je fus sur un territoire loyalement soumis ; lespopulations se montraient enthousiastes dans leur dévouement au Saint-Siège et manifestaient la plus ferme résolution de résister à lous les efforts leptés pour les séduire ou les intimider. Partout les citoyens se tenaient sur leur garde.

« Orvieto, située dans une position presque inexpugnable et fîère d'avoir, défendu dans ses murs trente-deux pap i ) n seulement a résisté à toutes les tentatives faites pour amener une révolution dans son enceinte, mais encore elle a repoussé de son territoire les bandes venues pour intimider ses vaillants citoyens... Quand j'arrivai dans les provinces où s'étaient produits des troubles, je fus ravi de constater que partout la révolution avait été l'œuvre de quelques esprits audacieux, secondés par la faiblesse des gouverneurs, qui nulle part n'opposèrent une sérieuse résistance. Partout les sentiments du peuple sont franchement soumis et opposés à la révolte. Mais j'ai le regret de le constater, cela n'est pas vrai en ce qui concerne les Légations, et particulièrement les villes, car les paysans sont soumis jusqu'au dernier.

« Rieii a fait une vaillante défense avec peu de moyens contre un assaut de trois heures, dans lequel les fusils étaient pourtant appuyés par du canon, et a ainsi sauvé

Rome. Cette belle résistance fut inspirée par la conduite énergique et résolue de Tévêque, Monsignor Ferreti, chez qui je suis descendu. Si la place ne me manquait pas pour vous raconter les détails de cette défense, vous vous joindriez à nous pour en attribuer le succès à la merveilleuse intervention du Dieu des armées *. »

Le pape Grégoire XVI était convaincu des dangers de l'esprit révolutionnaire, aussi mérita-t-il d'être accusé de nourrir des sentiments réactionnaires par les ardents fidèles du Credo libéral. Il fit appel une seconde fois aux armes de l'Autriche en 1832, alors qu'on redoutait un nouveau soulèvement, et rétablit ainsi la tranquillité <lans ses états. Le Pontife dévoila ses sentiments au monde catholique par TEncyclique du 15 août 1832, dans laquelle il protestait contre le « faux et dangereux esprit d'innovation » et déclarait son intention de conserver et de maintenir les anciennes traditions apostoliques. Le reste de son pontificat, consacré à corriger les abus et à encourager les réformes municipales, à améliorer le système d'éducation, n'atténua point aux yeux des libéraux ce qu'ils considéraient comme une tentative rétrograde. Les récents progrès du libéralisme ont amené notre génération à formuler un jugement plus équitable.

1. Extrait d'une Lettre de Wiseman au D' Husenbeth, plus tard rhistorien de M»' Mîlner, qui l'avait chargé d'offrir au Pape de sa part un exemplaire du Bréviaire romain qu'il venait d'éditer.

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