‹ Le cardinal WisemanChapitre 40 sur 106 · Stapleton, Counterblast to 3/' Horn's Blast, pp · texte numérisé non relu

Stapleton, Counterblast to 3/' Horn's Blast, pp

2. « Vous imaginez, dit-il, qu'en assumant le titre de chef suprême de l'Église d'Angleterre, il a l'intention de séparer TÉglise d'Angleterre de l'unité de tout le corps de la chrétienté..., mais en cela, certainement, vous vous trompez, etc. », cité par le R. P. Bridgett : Queen Elisabeth and the Catholic hiemrchy^ p. 53.

d'Edouard convainquirent bien des esprits, qu'étant données les circonstances la suprématie royale entraînait une rupture définitive avec Rome, et conduisait rapidement et inévitablement à l'établissement du protestantisme. Le nouveau roi faisant profession de la foi réformée, une foule de réfugiés étrangers en profitèrent pour répandre les idées protestantes.

Le désordre religieux sous ce règne était extraordinaire. « L'ordre ecclésiastique était presque détruit, écrit M. Green. Les prêtres rejettent le surplis comme superstitieux. Les patrons des bénéfices y présentent leurs veneurs ou leurs gardes-chasse et se réservent les revenus. Tout enseignement de la théologie est suspendu dans les Universités. » Quelques prêtres disaient encore la messe latine, d'autres célébraient le service anglais de la communion, d'autres combinaient les deux offices. Quelques-uns consacraient l'hostie, d'autres annonçaient aux fidèles qu'ils allaient bénir une gaufre. « Et ce méli-mélo, dit un auteur contemporain, faisait que chacun en prenait à son aise, s'efforçant de complaire le plus possible à son peuple. »

Un pareil état de choses, on s'en doute bien, ne laissait pas que de déplaire à l'ensemble des populations et ne contribuait pas peu à identifier la cause de la théologie catholique avec celle de la suprématie papale, et à augmenter le nombre de ceux que l'on qualifiait de papistes. C'était certes une vieille habitude de l'Église nationale de protester contre les empiétements particuliers du Pape; mais le danger d'une rupture définitive avec la Papauté était une tout autre affaire ; il y avait, entre ces protestations et la rupture, la même différence qu'entre une agitation constitutionnelle et la révolte. Gardiner,

qui avait accepté la suprématie royale sous le règne précédent, reconnaissait désormais la justesse des vues de More et d'Érasme et se rendait enfin compte du danger que courait Tunité de TEglise. « Il voyait, pour employer les termes de M. Green, comment inévitablement la séparation d'avec Rome entraînait Tunion avec les églises protestantes et la répudiation de la foi catholique. » Il se déclarait pour le Pape et représentait probablement l'opinion publique de l'Angleterre de son temps*. Le papiste devint comme le représentant officiel de la cause catholique.

« Le retour à la communion avec l'Église catholique et la reconnaissance du Pape comme chef de cette Église, écrit le professeur Beesly ^, donna satisfaction aux trois quarts, peut-être aux cinq sixièmes de la population, et surtout à une partie plus grande encore de la classe très influente des grands propriétaires fonciers.» Les pieux catholiques, qui avaient si ardemment prié pour la conversion de l'Angleterre, au milieu de la confusion jetée dans le pays par les efforts multipliés des protestants pour imposer au peuple une nouvelle religion, ne pouvaient s'empêcher de voir comme une réponse du ciel à leurs prières, dans la mort prématurée d'Edouard et les événements i|ui la suivirent. « Tout le système développé pendant le règne d'Edouard s'écri)u]a subitement o à l'avènement de Marie. Une réaction catholique se manifestait dans tout le royaume, et. Tannée même de l'avènement de la reine Marie, il se passa une scène longtemps citée par les catholiques exaltés comme

1. Cf. Green, History of the Engiish People, édition de 1896, vol. V, p. 87.

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