Sydney Smith's, Works, édition de 1850, p
2. Hislory of England in the Eighteenth Centiiry, I" vol., p. 272.
3. Voir l'admirable analyse de cette question dans Simpson, Life of Campion^ pp. 99 et suiv.
prêtres ne débarquèrent en Angleterre que pour y subvenir aux besoins spirituels des catholiques, pour affermir dans la foi les convertis ou réconcilier les apostats. La religion catholique et la reconnaissance de la suprématie du Pape, prétendaient-ils, constituaient l'ancien ordre de choses en Angleterre. Les catholiques se défendaient, ils n'attaquaient point. Eussent-ils même adopté le point de vue papal que Henri VIII et Elisabeth étaient des révoltés contre la plus grande partie de Tempire du Christ, ils auraient pu prétendre encore à leur décharge qu'ils étaient les défenseurs de Tordre établi et que le dévouement pour la chrétienté était le premier de leurs devoirs. Mais, en réalité, et dans la majorité des cas, ils demeurèrent fidèles à leur patrie et à leur roi. On les accusait de trahison, et cependant, martyr après martyr, ils priaient sur Téchafaud pour la reine, et jusqu'au dernier soupir ils protestaient de leur innocence de tout complot politique. Martyr après martyr, ils reconnaissaient en Elisabeth leur reine aussi légitime que Marie Tudor, déniant ainsi toute efficacité à la bulle de déposition lancée contre elle par le Pape ^ . Mais tout cela ne suffisait pas; on les sommait d'avoir à souscrire une proposition abstraite refusant au Pape le droit de déposer ' les princes, proposition contredisant la croyance acceptée jusque-là dans toute l'Église d'Occident et nécessitant évidemment, pour une conscience catholique, des explications qui avaient besoin de temps pour être formulées
i. Rome avait permis aux catholiques, malgré la bulle, le serment de fidélité à Elisabeth, i^ebus sic stantibus. Ces derniers mots supposaient de la part de Rome qu'à l'avenir on pourrait essayer de nouveau de déposer la reine. Mais il n'y a aucune raison de contester la franchise des protestations de fidélité des martyrs mourants^
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exactement. Mais ce temps, on ne l'accordait pas, et le refus était considéré comme la preuve des intentions factieuses.
Le procès du B. Edmond Campion en est une preuve indéniable. « Sauf sa foi religieuse, dit M. Beesly, on ne put prouver contre lui ni une parole ni un acte de trahison. Il reconnaissait Elisabeth pour sa souveraine légitime... mais refusait d'émettre aucune opinion sur le droit du Pape à déposer les princes. C'en fut assez pour que le juge et le jury le déclarassent coupable. Sur le lieu de Texécution. on lui offrit de nouveau sa grâce, s'il voulait refuser au Pape le droit de déposition ou même simplement écouter un sermon protestant. 11 se borna à souhaiter à la reine un règne long, tranquille et prospère, mais ne voulut rien dire autre chose ^ » En conséquence, il fut pendu, traîné sur la claie et écartelé; dans une épreuve précédente, on lui avait arraché les ongles 2.
Cet état de choses continua évidemment aussi longtemps que les prêtres catholiques obéirent à leur conscience. S'ils croyaient à la vérité du catholicisme, ils ne pouvaient qu'accueillir ceux qui désiraient revenir à l'ancienne foi; mais précisément réconcilier quelqu'un avec l'Eglise catholique était un acte de trahison puni de mort^. Si les prêtres croyaientà l'efficacité des sacrements et de la messe, ils ne pouvaient refuser à leurs compatriotes leur ministère spirituel ; mais le séjour en