VoirDoway Diary, p
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-ce témoignage de la foi el de la piété des catholiques, <ians les années qui suivent immédiatement :
« Pendant les frimas de Thiver, écrit-il dans la dédi- ■cace de son livre, alors que la lumière s'affaiblit, la -chaleur disparaît, les Heuves se congèlent, et un froid manteau de glace revêt la terre, puis soudain les brises vivifiantes du printemps font jaillir des profondeurs les plus cachées des sources plus abondantes, des ondes plus chaudes, des ruisseaux plus rapides, une sève vilale plus riche. Il en va de même pour vous, mes -chers amis, c'est ce qui se produit parmi vous ; tandis que la lumière de la vraie foi et de la religion s'est -éclipsée sur TAngleterre, que le feu de la charité en est banni, que les flots de l'aumône et de l'hospitalité, si abondants jadis dans leur cours, sont pour ainsi dire congelés par la terreur des lois injustes et les glaces de l'erreur; tandis que toutes les églises sont blanches de frimas par l'absence des saintes images, des cierges, des autels, des prêtres, du sacrifice, de la dévotion et de la ferveur, votre foi éclate plus brillante, voire espérance apparaît plus ferme, votre charité jette une flamme plus ^active. »
L'exaltation de la piété adoucissait et sanctifiait alors parmi les catholiques leur sentiment de l'iniquité et de l'injustice auxquelles ils se trouvaient en butte; pieux -enthousiasme bien naturel dans une société à laquelle on ne pouvait adhérer sans se soumettre d'avance à la perpétuelle menace du martyre. Les catholiques toutefois ne cessaient d'espérer en des jours meilleurs, et, à la mort d'Elisabeth, la Conversion de V Angleterre était en- -core l'objet d'un espoir toujours vif, s'il n'était plus aussi assuré. L'image du cardinal Pôle recevant la soumis-
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sion des Chambres du Parlement ne s'était pas encore effacée du souvenir des catholiques. Leurs prêtres espéraient toujours replacer un jour les autels dans les églises anglicanes et reprendre possession des leurs. « O vous, Dieu des armées, lisons-nous dans une prière composée par John d'Heigham et usitée à Douai vers cette époque, ô vous, Dieu des armées, défendez-vous vous-même dans cette sainte hostie contre vos ennemis... Rétablissez la sainte messe dans notre île, malgré la malice de vos ennemis ; et accordez-nous qu'après les quarante années que vous avez été contristé par cette génération perverse nous puissions enfin célébrer publiquement cet auguste sacrifice pour votre gloire éternelle et sans fin. »
Le protestantisme s'était développé rapidement. Pendant les vingt premières années du règne d'Elisabeth, les chaires avaient été muettes ; pendant les vingt dernières, à mesure que les anciens prêtres étaient remplacés par les protestants, on y exposait les doctrines de Luther ou de Calvin. Toutefois, les hommes n'oublient pas les traditions de leur jeunesse et l'on gardait un respect profond pour les usages catholiques. Macaulay a très justement prétendu que le théâtre, à toutes les époques, est un excellent reflet des idées dommantcô dans une société. Quelles qile puissent être ses opinions particulières, un auteur dramatique ne s'aventurerait pas à mettre sur la scène des spectacles antipathiques au public. Or on constate chez les dramaturges de l'époque un véritable respect, une réelle sympathie pour tout ce qui est catholique. On a souvent remarqué que Shakespeare ne représente jamais un moine ou un religieux que comme un personnage digne de vénération. Le célibat
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religieux pour les auteurs dramatiques, ses contemporains, est toujours un sujet dé respect et même de religieuse révérence. On rencontre dans le théâtre de ce temps des allusions à la doctrine du purgatoire et au sacrement d'Extrême-Onction, et Ton constate, dans une pièce de Massinger, non seulement des traits indiquant la survivance des anciens sentiments catholiques, mais des marques de la vénération publique pour Théroïsme des jésuites martyrs. Les prêtres catholiques y sont généralement traités avec honneur. La scène qui termine le Chevalier de Malle en est un exemple très frappant. En un mot, la sourde irritation causée par la politique pontificale n'avait pas encore détruit les sentiments catholiques, ni le respect de ce qui est la clef de voûte de tout le système catholique, le sacerdoce romain. John Selden affirme que, même à la fin du siècle dernier, les prêtres catholiques étaient plus respectés que les ministres de l'Église établie *.
C'est sur ce sentiment survivant dans les âmes, — le parfum de Rome, suivant l'expression d'un écrivain contemporain, — que s'appuyaient et les efforts des théologiens, sous Jacques I" et Charles I®"", pour catholiciser jusqu'à un certain point l'Église nationale, et l'espérance toujours vivace, parmi les catholiques eux-mêmes, qu'un souverain catholique énergique pourrait leur obtenir une tolérance qui, peu à peu, ramènerait l'Angleterre à l'obédience de Rome. Tout 'peut se rétablir^ tel était encore le sentiment des catholiques. Le grand obstacle, on l'a vu, était la Cour de Rome, et cela provenait surtout de la ligne politique suivie par le Pape, que