‹ Le cardinal WisemanChapitre 58 sur 106 · Amherst · texte numérisé non relu

Amherst

dans la vie publique. La première communication officielle qu'on leur fit, au contraire, à ce sujet, fut pour les prémunir contre l'esprit du monde. Rien ne caractérise mieux Tétat d'esprit des catholiques les plus pieux que la lettre pastorale adressée le i^^ janvier 1830 à ses diocésains par l'évêque Bramston. Voici ce document :

Quiconque ne demeure point dans la doctrine de Jésus-Christ^ mais s^en éloigne^ ne possède point Dieu (II( Joan., 9).

« L'ère présente est nouvelle et très importante pour les catholiques de cette île. Puisque la sagesse et la bienveillance du législateur les placent sur le même niveau civil et politique que leurs concitoyens, ils sont susceptibles d'être jetés dans des situations où plus qu'auparavant les maximes du monde peuvent mettre en péril leur régulière pratique de la sainte religion. Il nous a donc paru opportun de les exhorter fortement et suavement à veiller attentivement et religieusement à ce que les avantages temporels dont ils jouissent désormais ne les conduisent pas à l'oubli de leurs intérêts éternels, et à méditer, dans les circonstances présentes plus encore qu'autrefois, la divine interrogation : Que sert à V homme de gagner V univers, s'il vient à perdre son âme?

« Ceux que leur naissance a placés dans un rang social plus élevé désireront naturellement profiter de l'abolition de leurs précédentes incapacités pour consacrer leurs talents au bien de leur pays. Ils peuvent donc aspirer aux places et aux offices les plus élevés, en toute justice et aussi en toute piété, si le but principal qu'ils poursuivent est le service de leur patrie. Mais il en serait tout autrement s'ils n'étaient poussés vers les honneurs que par l'ambition ou la soif d'un profit mondain. Si de tels motifs-

-venaient à prévaloir dans un cœur, le monde et ses honneurs vains et vides l'empliraient entièrement pour la Tuine, la destruction et Toubli de ses aspirations et de ses -sentiments religieux. Mais si, en toute conscience, vous croyez devoir accepter les offices, les places, les charges •et dignités auxquels semblent vous donner droit vos rtalents, nous vous exhortons vivement à vous souvenir, plus encore que jadis, que votre plus grande gloire et Tolre avantage le plus précieux est d'appartenir au troupeau de Vunique Pasteur^ Notre-Seigneur Jésus- Christ, et à exprimer par vos sentiments, vos paroles, votre conduite, votre reconnaissance au ciel de vous avoir appelés à faire profession de Tunique et sainte Eglise catholique et apostolique instituée par notre «divin Sauveur. En un mot, nous vous exhortons instamiment à vous souvenir que, par la grâce de Dieu, vous 'êtes catholiques romains, et que votre plus grande ambition doit être de donner, dans votre vie et votre manière d'agir, l'exemple de toutes les vertus ; car votre sainte religion vous prêche et vous prescrit absolument la ,pra tique de toutes les vertus.

« Les incapacités dont vous venez d'être relevés -affranchissent non seulement ceux de notre communion qui appartiennent aux classes élevées de la société, mais aussi tous ceux qui professent la religion catholique romaine dans les plus humbles conditions de la vie . A ceux-là aussi deviennent accessibles des situations variées, où ils seront en butte à de nombreuses et dangereuses tentations. Dans ces situations, ils peuvent être -exposés à se laisser corrompre par la vénalité, à prêter ^ux-mêmes et à laisser les autres prêter des serments dnensongers, défendus et vains, entraînés qu'ils seraient

GooqIc

^ ces fautes par des sentiments d'avarice ou par l'excuse 4e la coutume'. Mais qu'ils sachent bien qu'aucune coutume ne prévaut contre la foi et la justice. Ces principes sont éternels et doivent être suivis par quiconque aspire à la gloire des cieux. Tels sont les enseignements de notre sainte religion, et faillir à ces principes, tout en reven- <liquant le titre de catholiques, ce serait en réalité renier la foi dont vous faites profession. A quelque rang social que vous apparteniez, nous vous avertissons -en outre que vous allez être exposés à des genres de relations et d'association différentes de celles auxquelles TOUS êtes accoutumés, et que, de ce chef, vous serez forcés de subir le contact de personnes malheureusement imbues de la fausse philosophie, ou plutôt de l'irréligion et de l'incrédulité dont le monde est de nos jours si lamentablement infecté. Vous n'êtes point appelés au rôle de prédicateurs ni d'ardents controversistes, mais vous êtes tous appelés et chaleureusement exhortés à exprimer des sentiments et à manifester des actes en entière opposition avec le mauvais esprit du dehors. Habitués jusqu'ici à vivre dans une séparation et une exclusion relatives des pompes et des vanités du monde, vous pouvez aujourd'hui être entraînés plus immédiatement dans le tourbillon de ce monde malheureux. Et alors, que ferez-vous ? Laisserez-vous vos esprits et vos cœurs, sollicités par le mauvais exemple, suivre les desttructives maximes du monde et abandonner, suivant une {pente fatale, les vertueuses et pieuses pratiques de votre religion ? Ou bien plutôt, pour résister au torrent de l'erreur et de la corruption, ne devrez-vous pas redoubler d'attention et de régularité dans l'accomplissement de vos devoirs de prière, de pieuses lectures, de sérieuses

Googk

méditations sur les vérités salutaires et les saintes maximes de T Évangile ? Ne devrez- vous pas fréquenter avec plus de dévotion et de diligence les saints sacrements de Pénitence et d'Eucharistie? Et, vous souvenant de l'avertissement divin que les fréquentations mauvaises corrompent la vertu, ne devrez-vous pas veiller avec plus de soin que jamais sur vos pensées, vos paroles, vos actions et vos sentiments? Est-il une conviction plus douce que de penser que vos talents, votre science, votre intégrité, vos efforts, après vous avoir non seulement rendus éligibles, mais fait réellement élire aux charges de confiance, aux honneurs, aux dignités, aux profits dont ils sont la source, à toutes les fonctions en un mot qui vous sont accessibles désormais, peuvent contribuer à convaincre vos concitoyens que vous étiez dignes de leur choix et qu'un catholique vraiment croyant et pratiquant mérite mieux que personne leur confiance ? Daignent la miséricorde et la bonté de Dieu accumuler sur vous toutes les bénédictions temporelles ; et puissent ces bénédictions temporelles devenir, par votre vertu et votre piété, le moyen pour vous d'atteindre la gloire et le bonheur pour toute l'éternité ! »

De telles instructions, émanant de l'autorité ecclésiastique, confirmaient singulièrement l'apathie de ceux qui, par tradition et par vieille habitude, préféraient se tenir à l'écart plutôt que de se laisser tenter par les attraits d'une carrière publique.

De plus, trop de choses dans l'état de l'opinion populaire rappelaient encore aux catholiques la proscription qu'un esprit nouveau, commençant à peine à se faire jour dans la loi, avait fait cesser. Le protestant anglais ordinaire frémissait encore à la vue d'une chapelle

Googte

WISEMAN EN ANGLETERRE 24t

catholique, d'une Mass-house, Wiseman raconte comment un prêtre, qui désirait en ce temps-là figurer une croix sur la façade d'une chapelle, fut prévenu par la police que la conséquence probable d'un acte si audacieux serait la démolition de l'édifice par la populace. On se souvenait toujours d'avoir vu appliquer aux catholiques les pires lois pénales. Des hommes vivaient encore, en 1835, qui avaient vu dans leur enfance M. Molony condamné à la prison à vie pour le seul fait d'avoir dit la messe * . Lord Shrewsbury put raconter au D'^ Wiseman, lorsqu'il vint le voir à Alton Towers, que son propre grand-oncle, l'évêque Talbot, fut accusé du même crime et traîné devant les tribunaux. Des amis personnels du saint évêque Challoner vivaient encore et pouvaient raconter ses derniers jours et sa mort survenue peu après une nuit de terreur, passée à se cacher des émeutiers de Gordon. Le vieux D*" Archer, mort seulement en 1835, aurait pu décrire les jours où Challoner, empêché de prêcher en public, bien qu'il fût autorisé à dire la messe, sous la protection de l'ambassade de Sardaigne, donnait ses sermons dans une arène pour les combats de coqs, louée pour la circonstance. Quelquefois il réunissait un petit groupe de fidèles à l'auberge du Moulin-à-Vent. Chacun demandait un pot de bière, puis, quand les garçons étaient sortis, l'évêque prêchait avec une sécurité relative. Pour plus de précaution, on se faisait apporter des pipes en terre, lorsqu'il s'agissait de tenir une réunion d'ecclésiastiques plus dangereuse^. Le

1. La sentence fut, je crois, commuée en un arrêt de bannissement.

2.Milner's life, p. 13. Quelques-uns de ces détails sont aussi empruntés à TAlmanach catholique.

Googk

D*" Archer raconte un semblable stratagème, quand luianême prêcha à Tauberge du Vaisseau à Turnstile. On gardait encore comme des reliques quelques tables où se voyait la marque des pots à couvercles d'étain. Les 'Chapelles catholiques ne furent pas autorisées légalement avant 1791. Une chambre retirée dans une arrière- ^our de Warwick- Street, Téglise napolitaine située -dans une cour d'écurie, une autre chambre, à Moorfields, •avec un guichet pour reconnaître amis ou ennemis, ^vant d'ouvrir, avaient été les principales Mass-houses^ ^u temps de l'apostolat d'Archer et de Challoner. Les hommes simplement d'âge mûr, en 1835, pouvaient se souvenir des avertissements du Catholic Dlrectory aux voyageurs revenant de l'étranger, les prévenant que, malgré l'Acte d'Allégeance de 1791, « les importateurs ou receleurs d'objets, tels que croix, tableaux, eucologes, rosaires, bréviaires, etc., s'exposaient aux pénalités du Prxmunire ». L'évêque Bramston décrivait l'office des Ténèbres auquel il s'aventura dans sa jeunesse, à Holborn, au second ou troisième étage de la quatrième .maison à main droite de Castle Street. Le groupe de ces téméraires se composait du Rev. M. Lindow, de l'évêque Douglas, de Charles Butler et de Bramston, alors avocat. Après l'office, « ils se séparaient pour rendre grâces à Dieu d'avoir pu faire au moins cela, et avec l'espoir de meilleurs jours ». On gardait précieusement, dans Ja résidence des catholiques à la campagne, de glorieux et anciens souvenirs. Dans plusieurs, notamment à Ingatestone Hall appartenant à la famille Petre, ou à Little Malvern Court, appartenant aux Berington, on .montrait encore les cachettes des prêtres. Dans une autre, iies missels et les bréviaires étaient déguisés en Horatii

OU Virgilii Opéra* M. Constable Maxwell payait toii-^ jours, en qualité de catholique, double impôt foncier.. Lord Arundell racontait volontiers aux visiteurs de Wardour Castle comment, dans son enfance, il vit son père contraint par un voisin protestant de vendre les quatre chevaux de son carrosse au prix de cinq livres. Tun, car telle était la loi jusqu'à 1778.

Des documents, tels que celui que nous allons transcrire sur les vieux manuscrits d'Everingham, maintenaient toujours vivant le souvenir des chasseurs de prêtres, encore à l'œuvre soixante ans auparavant.

« A M. Watkinson à Middleton. — Comme je suis informé, de source certaine, que vous avez assumé l'office ou les fonctions de prêtre papiste, je vous préviens que,, si vous ne quittez immédiatement ce pays, vous serez, poursuivi suivant la loi. — EUis Cunliffe, 18 octobre J 770. »

Tels étaient les faits ou les traditions dont Nicolas Wiseman entendait, souvent pour la première fois, lerécit, quand il recevait l'hospitalité de vieilles familles catholiques. Et quand il revint à Ushaw voir son cher ami, le D"" Newsham, le souvenir encore vivant du vieux prêtre de Waterhouses, M. Ashmall, semblait rapprocher de lui un passé déjà lointain. M. Ashmall était né avant que Guillaume d'Orange eût promulgué ses lois pénales, et il vécut non seulement jusqu'à l'acte d'Allégeance de 1791, mais jusqu'après l'organisation du nouvel état de choses en Angleterre, jusqu'à l'établissement des collèges d'Ushaw, d'Oscott et de Stonyhurst, et au rapatriement des ordres religieux anglais revenant de Gand, Cambrai, Bruxelles et Dunkerque. M. Ashmali était presque un vieillard, lors du soulèvement de J745» Les amis de son enfance avaient grandi au récit des

244 LE CARDINAL WISBMAN

persécutions d'Elisabeth, dont leurs parents avaient été les victimes, souvenirs sacrés, transmis et écoutés avec le saint enthousiasme et Télan du martyre qui soutenaient les catholiques, pendant ces jours mauvais. Cette chaîne de traditions jetait comme un pont sur rabîipe qui, séparant les hommes du passé, ôte, en face de l'ancienne histoire, l'impression du réel et change les vieux griefs en lettre morte. C'est ainsi que M. Ashmall apprit l'histoire de son prédécesseur, le P. Boste, qui fut pris à Waterhouses et exécuté à Durham avec le raffinement de barbarie alors en usage, et dont le courage convertit sur-le-champ un ministre et deux autres protestants. Le P. Boste fut martyrisé le 24 juillet 1594. M. Ashmall fut souvent lui-même obligé de se cacher dans les bois de Waterhouses pour échapper aux pourchasseurs de prêtres, et beaucoup d'élèves d'Ushaw avaient entendu de sa bouche le récit de ses aventures. Son costume ordinaire, destiné à écarter tout soupçon, était bien connu des catholiques du voisinage : vieilles guêtres de cuir et un seul éperon, chapeau rabattu, manteau à carreaux roulé et fixé derrière la selle d'un vieux bidet à longue crinière. « Hé ! je gage que vous allez à la foire », tel était le salut que cet équipage amenait inévitablement, dit-on, sur les lèvres des paysans qui passaient. Les catholiques étaient donc restés ce que leur histoire passée les avait faits, « un peuple qui fuyait la lumière », s'isolant volontiers de la société de leurs voisins. Les laïcs se mêlaient encore relativement peu à leurs concitoyens et formaient comme une société à part, que de fréquents mariages entre ses membres avaient transformée en une sorte de clan de parenté. Les prêtres, dans les villes, craignaient de vivre ensemble; chacun d'eux

Googk

WISEMAN EN ANGLIÇTERRE 2i5

avait son domicile séparé, comme au temps des chasseurs de prêtres. Ils ne portaient pas de costume distinctif, et il n'y avait guère que trente ou quarante ans qu'ils s'étaient aventurés à se vêtir en noir. Quand le vénéré M. Berington en tenta le premier l'expérience, on le blâma de risquer ainsi de soulever une nouvelle perséciltion. On n'allait plus à la messe, mais à \di prière. Nulle part on ne voyait dans les chapelles de statues de la Sainte Vierge. Dans quelques églises, l'habitude ne s'était pas encore perdue de garder la porte de la sacristie pendant que le prêtre revêtait les ornements, précaution prise primitivement contre les espions. 11 y avait encore des catholiques, qui, par coutume acquise, évitaient les voies trop fréquentées pour se rendre à la messe, soit à pied, soit à cheval, et qui en revenaient par un autre chemin qu'ils y étaient allés.

Quelque chose restait encore de ce gallicanisme qui avait caractérisé le Club cisalpin ; et même ceux qui étaient sincèrement attachés au Saint-Siège n'avaient guère d'autre ambition que de jouir de la tranquillité qu'ils venaient enfin d'obtenir de leurs persécuteurs. Parler à de tels esprits d'agir sur l'opinion de leur pays en se mêlant à sa vie publique ; leur proposer d'inspirer à des esprits travaillés par le doute le désir de comprendre l'intérêt et la beauté des doctrines catholiques ; les entretenir des promesses que faisait entrevoir une école de savants théologiens anglicans, lentement amenés par leurs propres principes à Tobédience romaine, c'était leur parler un langage inconnu. Laisser aller les choses, soupirer après la paix et la laisser aux autres, telles étaient les leçons qu'une dure expérience avait profondément inculquées aux âmes.

Googk

Cet état de choses n'était pas fait pour encourager les espérances de Wiseman, et le souvenir lui revenait sans doute de la parole de Lamennais, qu'en Angleterre comme en France, il fallait former ceux qui deviendraient les instruments de quelque grand mouvement religieux. Les circonstances, toutefois, lui permirent, dès le début de son séjour en Angleterre, d'attirer l'attention d'un public plus considérable. Les Lectures de i 835, destinées primitivement aux seuls assistants de la chapelle de l'Ambassade Sarde et aux rares auditeurs que la curiosité pourrait y conduire, devinrent, toutes proportions gardées, comme les conférences de Lacordaire à Paris à la même époque, un moyen d'atteindre une foule d'esprits incrédules ou appartenant à toutes sortes de confessions. Jamais, il faut bien le dire, pour un homme d'initiative, quelles que fussent ses opinions, et même jusqu'à un certain point pour un catholique, moment ne se présenta plus favorable de se faire écouter. Plus d'un indice rendait évidente la disposition des Anglais à rendre justice au catholicisme, qui, s'il ne se répandait pas encore largement au dehors, n'en commençait pas moins à sortir de la retraite où il s'était caché pendant deux cents ans. Depuis trente ans, Sydney Smith ne se lassait point de protester contre le préjugé protestant. Macaulay décrivait déjà, sur le ton du respect et même d'une enthousiaste admiration, le type du catholique vraiment digne de ce nom et l'organisation de l'Église. Et il n'y eut plus à se méprendre sur la réalité de ce sentiment, lorsque, trois ans plus tard, il publia son Essai sur Y Histoire des Papes, de Ranke. Tous deux plaidaient avec chaleur la cause de la tolérance et de la justice envers les catholiques, et les extravagantes tirades

Googk

de Cobbett contre les traditionnelles conceptions de la Bonne Reine Bess et de Marie la Sanguinaire ne lais-^ saient pas d'agir sur Topinion, malgré leur exagération. De 1838 à 1840, le penseur éclairé se vantait de son impartialité et de sa tolérance pour tous les partis, et le moment semblait venu de solliciter l'attention et deréclamer justice. L'esprit de tolérance déjà manifeste dans les discours de Burke, de Fox et de Canning, était devenu comme le programme d'un parti qui prétendait reprendre la direction de la pensée et de la vie nationales dans l'avenir.

Alors aussi, dans certains cercles, l'histoire des catholiques anglais dans le passé excitait un nouvel élan de réel enthousiasme, sentiment souvent d'ordre purement imaginatif ou esthétique, parfois d'un caractère plusprofond. Walter Scott, depuis plusieurs années, jetait autour du nom catholique un reflet de chevalerie, de romanesque et de loyalisme fidèle jusqu'à la mort. Toujours le papiste avait été regardé comme un personnage d'antique race, mais il en était de même du juif. Désormais il devenait inséparable des passionnants récits inspirés par la reine Marie d'Ecosse et par l'héroïsme des cavaliers. Une telle association finissait par lui faire partager les honneurs de l'opinion populaire avec Guy Fawkes et la Saint-Barthélémy.

Le mouvement d'Oxford contribuait à faire pénétrer, mais, plus avant et plus sérieusement, dans le domaine de l'histoire ecclésiastique, ce sentiment de justice et d'admiration, qui déjà avait converti au catholicisme un Kenelm Digbyetun Ambroise Philipps \ à Cambridge;

Page 1