‹ Le cardinal WisemanChapitre 63 sur 106 · Adam Millier · texte numérisé non relu

Adam Millier

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WISEMAN EiN ANGLETERRE 263

de fait, Texamen privé soit à peu près jamais la base de la croyance individuelle. Inconsciemment les hommes acceptent l'autorité de leurs parents, de la tradition nationale, de la première éducation, et la prétention qu'ils émettent d'avoir jugé par eux-mêmes provient d'une analyse erronée de leur propre esprit.

D'autre part, abstraction faite de la diversité admise des voies qui conduisent à reconnaître l'autorité de l'Eglise, cette autorité une fois acceptée devient le principe réel de l'adhésion aux doctrines particulières pour tout catholique dans le monde entier. Et cette autorité, elî-e a, à première vue, prima facie^ uq droit à faire valoir, celui d'être une base réellement existante de croyance religieuse, ce que n'est pas l'examen privé, soit dans sa forme ultra-protestante, soit dans sa forme anglicane.

Dans les discours suivants, Wiseman démontre comment ce fait, qui passe souvent inaperçu parmi les chrétiens de vieille souche, ressort avec une évidence indiscutable,, lorsque les deux principes rivaux de l'autorité et du libre examen se trouvent en présence pour l'instruction religieuse des païens. Le principe d'autorité, affîrmet-il, a toujours donné des résultats positifs là où le libre examen a échoué.

Partant du principe si avantageux de l'autorité dans l'Eglise, les autres conférences sont consacrées à l'explication des points de doctrine, qui, depuis Charles II, ont presque toujours été défigurés en Angleterre, à savoir, la pénitence, le purgatoire, les indulgences, l'invocation des saints, la vénération des images et la doctrine de la transsubstantiation.

Un des plus importants résultats de ces conférences

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fut d'amener Newman à publier un essai, qui parut dans le British Critic de décembre 1836. Le passage suivant en donne le ton général : « Nous entendons avec sérénité les rumeurs de l'impression faite par les conférences du D*^ Wiseman sur la multitude mélangée de Londres. Le romanisme renferme de grandes vérités que nous autres, de cette génération, avons presque oubliées, et que ses prédicateurs amèneront plus d'un dissident ou d'un ministre de l'Église à reconnaître. »

Newman considère dans leur ensemble les discours de Wiseman comme un triomphe sur les ecclésiastiques anglais à principes protestants, et il s'en réjouit : « Des défaites dans la discussion, écrit-il, les humilieront et les modéreront peut-être. » Que le résultat de ces discours soit d'entraîner vers Rome quelques protestants, quelques dissidents en particulier, il l'admet, et il s'en réjouit encore. « Le romanisme, dit-il, se répandra parmi les dissidents et les irréguliers. » A de telles âmes, il donnera du moins des convictions arrêtées et une participation aux grâces des sacrements. Quant à la majorité des ministres de l'Eglise établie, augure-t-il, l'effet de la victoire de Wiseman sur le protestantisme sera de réveiller les principes catholiques sommeillant dans l'Eglise anglicane, de favoriser dans son sein le mouvement catholique, plutôt que d'amener des défections.

En adoptant ce ton, Newman, alors sûr de son terrain et ferme dans son opposition à Rome, avait gravement blessé ses amis d'Oxford. Les critiques de quelques passages des conférences, émises un peu plus loin dans son article, n'atténuèrent pas l'effet de sa proclamation de la victoire du conférencier catholique sur ce qu'on était convenu de considérer dans ce temps-là

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comme les principes religieux de la grande majorité des membres de TÉglise d'Angleterre. S. F. Wood, oncle de Lord Halifax, fit part à Newman de Fennui qu'en éprouvait Téditeur du British Crilic, en lui écrivant ce qui suit, le 2 décembre \ 836 :

« Bourne est infiniment contrarié de votre article sur Wiseman et déclare que, s'il en recevait encore un du môme genre, il abandonnerait lu direction de la Revue. On dit que vous faites de Wiseman une cheville pour y suspendre vos propres attaques contre le protestantisme. Maintenant ceci est probablement une manière de montrer la colère qu'on éprouve plutôt que l'expression réelle de ce qu'on pense ; toujours est-il que c'est un indice de son état d'esprit et de la tournure que peuvent prendre les choses. »

L'année suivante ^ , le British Critic répara sa faute par une violente attaque contre Wiseman, en publiant, sous forme de revue, une acrimonieuse critique des conférences sur l'Eucharistie, sortie de la plume du D"^ Turton^. Mais les paroles de Newman n'en demeurèrent

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