Cf. W.'G, Ward and Ihe Caiholic Revival, p
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un jour aux élèves de théologie au cours d'une de ses conférences, les professeurs de ce collège n'auront plus à prouver la transsubstantiation, mais Texistence de Dieu. »
La controverse, en elle-même transitoire et éphémère, répugnait à son esprit naturellement aimable et bon. Mais la liturgie était un des éléments de cette vie de l'Église, bien plus rapproché de la source même de sa puissance sur les âmes que toute la dialectique changeante des Écoles. Les croyances et les sentiments profonds des premiers chrétiens, la poésie de leur foi et son intense réalité intérieure s'étaient comme incarnées dans la liturgie qu'ils nous ont transmise. Nous y retrouvons le reflet du vivant idéal qui inspirait les chrétiens, bien avant qu'ils connussent la dialectique du moyen âge; idéal qui devrait animer du même esprit les chrétiens de nos jours et qui survivrait à nos propres discussions, comme il a survécu à celles d'Abélard et de Luther. Les méditations suggérées par les cérémonies traditionnelles formaient l'héritage permanent et invariable de l'Eglise qui, "elle, ne passera point, tandis que chaque phase des conceptions intellectuelles n'était que transitoire de sa nature.
Rien ne semblait moins exact au cardinal Wiseman que les expressions consacrées parfois au caractère théâtral ei à lajîompede la liturgie catholique, comme si elle pouvait convenir seulement à des esprits inférieurs. Sans doute, on pouvait s'en servir s'il ne s'agissait que de somptueux ornements ou de splendides processions, mais de telles expressions n'ont plus de sens, quand on ne sépare point la splendeur de la liturgie chrétienne des grands mystères chrétiens qu'elle est destinée à rap-
peler : la Passion, le Crucifiement, la Résurrection, le Jugement dernier. Les sceptiques peuvent qualifier de mise en scène tous les rites extérieurs, mais non ceux qui croient en ce qu'ils symbolisent. Les cérémonies elles-mêmes ont été combinées pour rappeler aux âmes les puissantes forces qui ont gouverné le monde : l'histoire de la vie et de la mort de Notre- Seigneur, les hauts faits des héros du christianisme, le jugement que devra subir chaque chrétien après sa mort. Les plus sceptiques ne peuvent méconnaître l'importance de l'action des cérémonies sur les croyants, et peut-être faut-il attribuer en partie à cette sorte d'aveu l'impression laissée par les cérémonies de Rome dans Tâme d'un homme tel que Macaulay. Mais dans la bouche de ceux qui croient que véritablement un vaste monde surnaturel a agi par ces moyens sur les esprits des hommes, ces expressions méprisantes sont vraiment absurdes. « Les cérémonies symboliques de l'Église, disait un jour Wiseman, me rappellent l'Apocalypse de saint Jean. »
Tandis, donc, que Pugin consacrait son inimitable génie à perfectionner l'ornementation architecturale de la chapelle d'Oscott, Wiseman apportait le plus grand soin aux détails de la liturgie. Les cérémonies et la musique, exécutées avec une parfaite correction, impressionnaient profondément ceux qui assistaient aux offices. Les anciens élèves d'Oscott se rappellent l'intérêt que prenait Wiseman à tous les détails de leur préparation, au choix des morceaux de musique, à l'organisation des parties symboliques de la cérémonie. Un des symboles les plus goûtés de la liturgie était la transformation qui s'opérait pendantlacérémonie du samedi saint pourrepré-
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senter le passage de Notre-Seigaeur du tombeau à sa vie nouvelle. Pendant trois jours, suivant la rubrique, on n'avait entendu ni Torgue, ni les cloches, silence mystérieux qui symbolise le deuil de la Passion et de la mort du Christ. L'office du troisième jour représentantlanuit de la Résurrection commence dans la tristesse. A la messe, la Résurrection elle-même est symbolisée. Le prêtre quitte les ornements violets et prend la chasuble blanche. On place des fleurs sur Tautel. Les cloches sonnent et l'orgue accompagne le Gloria in excelsis, A Oscolt, cette transformation symbolique se faisait instantanément. A peine le Gloria était-il entonné que les tentures violettes tombaient des fenêtres et que la chapelle assombrie resplendissait d'une lumière soudaine ; les statues et les tableaux jusque-là voilés étaient découverts, tandis que l'orgue jetait ses notes les plus sonores et que toutes les cloches de la maison retentissaient. Et le récit de la Résurrection était chanté avec toute la pompe des grandes fêtes, les paroles de l'Évangile étant entrecoupées de fréquents Alléluias,
Les rares survivants de cette époque se rappellent le bonheur de Wiseman alors qu'il accomplissait les fonctions sacrées, l'expression de son visage où se reflétait le vif intérêt que lui inspiraient chaque note de la musique, la poésie de la cérémonie et des paroles. C'était l'Église en action. Ces anciens rites liturgiques étaient la représentation des grands faits de l'histoire chrétienne, tels qu'ils étaient apparu aux Pères et aux Docteurs des premiers siècles ; c'était l'héritage non seulement de leurs paroles, mais de leurs rêves sacrés, qu'ils nous avaient transmis. Wiseman, dès ses plus jeunes années, s'élait habitué à en goûter les charmes, et tou-
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jours il aimait à chercher dans ces saints mystères la joie et le repos ^
1. V. appendice G, une Lecture de Wiseman sur la Semaine Sainte. M. Ward la donne en texte; nous avons préféré, pour ne pas ralentir davantage le récit, la détacher en appendice à la fin «du volume.
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