Roman Question, (Gilbert, 49, Paternoster Row ), p
2. C'est ce qu'affirmait M. Gladstone dans son discours sur le ,ï)i\\ des titres ecclésiastiques. Vide infra, chap. xix, ad finem.
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Apostolicum ministerium^ datée de 1753, il y a un siècle. Aujourd'hui cette Constitution se trouve surannée, par l'effet naturel du temps et plus encore par suite de rheureux changement survenu dans les circonstances. Elle s'appuyait sur les considérations suivantes : 1** Que les catholiques gémissaient encore sous le poids de lourdes lois pénales et ne jouissaient point de la liberté de conscience; 2*> Que tous leurs collèges d'éducation ecclésiastique se trouvaient à l'étranger; 3*^ Que les ordres religieux ne possédaient aucune maison en Angleterre; 4** Que rien n'existait qui se rapprochât d'une organisation paroissiale, attendu que la plupart des lieux de culte étaient des chapelles privées, desservies par les chapelains des nobles et des gentilshommes.»
Il y a dans ce document d'autres suppositions du même genre; et, heureusement de nos jours, ce sont là de purs anachronismes. On en concluait donc que la seule grande Constitution existant pour l'Angleterre catholique. Constitution d'ailleurs erî partie formellement abrogée par le dernier Pape, était plutôt un embarras et une entrave qu'une direction...
« Les évoques, ajoutait- on, se trouvaient eux-mêmes embarrassés et leur situation était pleine de difficultés ; ils désiraient vivement échapper par des règles précises à des décisions arbitraires, et cependant il n'en existait pas une pour eux.
« ... Ou bien le Saint-Siège devra promulguer une autre Constitution complète, répondant à tous les besoins; mais elle serait nécessairement compliquée et volumineuse, et cette réglementation, étant spéciale, serait nécessairement temporaire. Ou bien on étendra une fois pour toutes le code complet de l'Église à l'Église catholique
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488 LE CARDINAL WISEMAIS
d'Angleterre, et cette réglementation serait définitive.
« Mais, pour adopter cette seconde et plus naturelle mesure, une condition était indispensable, et cette condition était celle-ci : Les Catholiques doivent posséder une hiérarchie. Le droit canon est inapplicable sous les vicaires apostoliques. De plus, plusieurs points auraient besoin d'être arrêtés en synode; or, sans un métropolitain et des suffragants, il ne saurait être question de synode. Tels étaient les sérieux et solides motifs qui faisaient humblement solliciter du Saint-Siège par les catholiques le rétablissement d'une hiérarchie. »
Beaucoup de catholiques anglais se montraient hostiles au projet de Wiseman, et leurs objections trouvèrent un organe influent dans la voix du cardinal Acton, le seul cardinal Anglais du temps, en résidence à Rome.
Avant que l'on pût discuter à fond ces objections, Wiseman se vit impliqué dans les tumultueux événements de la crise romaine.
Il se plaisait, au témoignage de son ami, M. Charles Kent, à raconter, en termes très expressifs et très dramatiques, quelques-uns des incidents de cette époque et, entre autres, l'iiistoire bien connue à Rome de la découverte, immédiatement après son arrivée, de la grande conspiration dont il a déjà été parlé. Voici, d'après M. Kent, cette anecdote, telle que la lui raconta le cardinal :
« Une liasse de lettres, en cryptographie, était entre les mains du cardinal Antonelli, président du conseil des Ministres , et de Monsignore Berardi.
« Ces deux habiles diplomates et hommes d'Etat se trouvaient fort déconcertés de ne point posséder la clé de cette correspondance. Et les jours se passaient, — la
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veille du dernier jour touchait à sa fin ; — Berardi seul, dans sa chambre, les lettres sur une table devant lui, les examine et les examine encore, mais absolument en vain !
« Minuit sonne et Berardi se lève pour retourner encore une fois, en désespoir de cause, consulter le cardinal Antonelli. A peine arrive-t-il à la porte de sa propre chambre qu'il se surprend à répéter mentalement un vers du Dante! Déjà il a la main sur le loquet de la porte, quand il s'arrête tout à coup, se demandant ce qui pouvait bien lui avoir rappelé ce vers. Berardi revient tranquillement à son bureau, écrit le vers, reprend les lettres et, ô merveille! il a entre les mains la clé du cryptogramme !
« En possession de ce chiffre, le Monsignore se précipite dans le cabinet du cardinal Antonelli. Les secrets de la conspiration se déroulent devant eux et, avec ces secrets, les noms et les adresses des conspirateurs !
« 11 reste juste à Antonelli et à Berardi, « dans la solitude morne et le milieu de la nuit, » assez de temps pour faire arrêter, avant le lever du jour, les principaux conjurés, surpris, /fa^ran^e delicto ^ idmàis que Rome dort encore î »
La conjuration avait été découverte le 16 juillet. Le lendemain, huit cents Autrichiens franchissaient le Pô et entraient à Ferràre pour soutenir, prétendaient-ils, l'autorité du Pape. Mais la voix du peuple ayant déjà associé l'Autriche et la conjuration, ce mouvement militaire eut un effet déplorable et désastreux. Le cardinal Ferretti pressa les Autrichiens d'évacuer Ferrare, mais ils refusèrent. L'émotion était grande à Rome. La récente conspiration et le danger public de l'intervention autrichienne cimentèrent pour le moment plus étroitement que jamais
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Talliance entre le Pape et le parti populaire. « L'armée (romaine) fut augmentée et reçut Tordre de se porter vers le Nord ; le Pape bénit solennellement les drapeaux de la garde civique; les municipalités, les plus riches citoyens, les évêques et les divers corps ecclésiastiques des États souscrivirent et recueillirent de l'argent pour les frais d'armement. Partout retentissait le cri de : « Guerre à l'Autriche ! »
C'est dans ces conjonctures que Pie IX chercha dan& les nations étrangères un appui contre les Autrichiens. Il est à remarquer qu'il était depuis le commencement préparé à l'opposition de l'Autriche. C'était l'Autriche qui s'était résolument prononcée contre l'adoption par le gouvernement pontifical des réformes stipulées dans le Mémorandum des puissances, après la répression de la révolution de 1831. Grégoire XVI avait adopté la politique « de s'attacher aux pans des habits des Autrichiens, » et il s'était plié aux ordres de Metternich. L'Autriche savait que le cardinal Mastaï avait une autre manière de voir, et elle avait envoyé deux délégués au conclave pour opposer son veto à son élection. Un retard accidentel dans leur voyage fit échouer cette tentative ; le nouveau Pape et le gouvernement autrichien se tinrent donc dès le principe en garde l'un contre l'autre. L'occupation de Ferrare n'était que l'aveu public d'une attitude depuis longtemps comprise de part et d'autre. Pie IX, en face de la loyauté du parti révolutionnaire à son endroit pendant cette crise, pensait que, s'il parvenait seulement à tenir l'Autriche en échec et à éviter la guerre avec elle, il lui serait facile de satisfaire le parti nationaliste, en octroyant quelques mesures constitutionnelles et en élaborant un projet de fédération.
Dans celte situation critique, le Pape se tournait, poury trouver appui, vers la puissance qui avait le plus^ insisté pour engager la Papauté dans la voie des réformes politiques «que lui-même s'efforçait de réaliser. . Mais l'Angleterre lui était d'un accès quelque peu difficile, en raison de la loi interdisant toutes relations diplomatiques entre le successeur d'Elisabeth et le successeur de Pie V. En présence de cette difficulté, le souverain pontife exprima le désir de voir retourner ens Angleterre le D"* Wisemân qui, plus d'une fois, avait eu des pourparlers avec le gouvernement anglais pour des affaires ecclesiastiques.il y exposerait à Lord Palmerston l'état des affaires, dans le but de s'assurer du concours que TAngleterre apporterait à la Papauté pour l'aider à poursuivre sa politique libérale.
Wiseman arriva à Londres le 11 septembre. Il se rendit au Foreign Office ; mais Lord Palmerston était absent de Londres. Sur l'invitation de M. Addington,. l'évêque rédigea, sous forme de lettre adressée à Lordl Palmerston, un mémorandum exposant la situation. Ce document donne un aperçu de Tétat des choses à Rome. M«' Wiseman y énumère les principales réformes inaugurées par le Pape et y décrit les difficultés qui résultent pour le Souverain pontife de la présence à Rome de deux partis opposés, dont aucun n'est satisfait, a D'un côté , dit- il, le parti libéral , dont l'impatiente ardeur n'admet pas même les délais les plus nécessaires et dont les exigences seront peut-être difficiles à satisfaire; et de l'autre, les agents et partisans de l'ancien ordre de choses, dont la disparition a ruiné toute la puissance et toute l'influence, exigent de la part du gouvernement pontifical une vigilance attentive et.
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\me grande fermeté de main. » Les libéraux s'étaient, toutefois, si bien laissé gagner par Tinfluence morale <lu pontife <• qu'on pouvait douter à cette heure de Texistence même, dans les États du Pape, de ce parti, naguère décidé à bouleverser tout Tordre civil pour assurer Tin- -dépendance nationale de l'Italie, même au prix d'une révolution et de l'effusion du sang. » Mais l'autre obstacle demeurait, à savoir l'opposition de l'Autriche et des autres États italiens , qui voyaient encore dans la protection de Metternich leur seule garantie solide contre la révolution.
L'inquiétude à Rome, la découverte du complot réactionnaire contre le gouvernement papal, l'occupation de Ferrare par les Autrichiens et les indices que tous ces faits résultaient d'une systématique et très dangereuse opposition à la politique libérale du Pape, telles étaient les raisons qu'invoquait Wiseman pour décider l'Angleterre à appuyer Pie IX, dont l'isolement n'était dû qu'à ses efforts pour répondre aux désirs de réformes exprimés par l'Angleterre, quinze ans auparavant. Si l'on ne . peut rien faire de plus, insinuait Wiseman, l'Angleterre pourrait, du moins, apporter au Pape l'appui moral <jui résulterait de l'epvoi à Rome d'une mission diplomatique. Le Pape, ajoutait-il, a brûlé ses vaisseaux, la rupture avec l'Autriche est si complète que l'Italie ne pourra jamais redevenir l'humble servante de Metternich, sinon après une guerre malheureuse qui la réduirait à la condition de nation conquise. Le seul espoir <jui lui reste de devenir un jour une grande nation, c'est qu'on empêche l'Autriche d'intervenir, et qu'on laisse le Pape libre de suivre une politique propre à opérer stfns révolution l'unité de l'Italie.
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Lord Palmerston agit promptement. Le 16 septembre, Lord Minto était choisi en qualité de ministre plénipotentiaire auprès des États italiens. Le ministre lui prescrivait de se rendre à Rome et de s'y conformer pendant son séjour aux instructions suivantes qui précisaient sa situation : « Dans Tétat présent de la législation anglaise, lui disait-on, on ne peut conseiller à Sa Majesté de vous accréditer à titre officiel auprès de la Cour de Rome. A Rome donc, vous ne serez pas ministre plénipotentiaire, mais membre du gouvernement britannique, pleinement informé des vues, des sentiments et des opinions de ce gouvernement, et en possession entière de la confiance de votre Souveraine et de vos collègues.
« La nature de votre situation à Rome vous guidera sur le caractère de vos rapports avec le gouvernement romain.
« Vous ne serez pas à Rome en qualité de ministre accrédité auprès du Pape, mais comme organe authentique du gouvernement britannique, autorisé à déclarer ses intentions, à expliquer ses sentiments au sujet des événements qui se passent en Italie, et qu*en raison de leur importance locale et de leur retentissement sur les intérêts généraux de l'Europe, le gouvernement de Sa Majesté suit avec autant d'intérêt que d'anxiété ^ »
Mais Talliance entre le Pontife et les libéraux, fort étroite au moment où Wiseman quitta Rome, car la conspiration et l'agression de l'Autriche avaient contraint les deux partis à combiner leur action, commen- 'Çait à se relâcher quand Lord Minto arriva au mois d'octobre. L'Autriche, cédant à l'énergique manifesta-
1. V. Correspondence respecting the A/fairsof Italy, t846-1847, p. 129, présentée aux deux Chambres du Parlement, juillet 1849.
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tion du sentiment national, avait signé une convention qui réduisait Toccupation de Ferrare aux strictes limitesarrêtées par le traité de Vienne. Les troupes pontificalesen gardaient toujours les portes et aucune patrouille de soldats autrichiens ne circulait dans les rues. Le gouvernement pontifical obtenait ainsi satisfaction. Mais Textrême parti libéral n'était pas aussi facile à calmer; à tout prix il voulait la guerre avec TAutriche. On considéra l'arrivée de Lord Minto surtout comme un encouragement à ce parti, pour lequel on connaissait les sympathies de Lord Palmerston. L'envoyé anglais parut à Topera en compagnie de Ciceruacchio ; il fréquentait le plus ordinairement des libéraux notoires comme Sterbini et le Prince de Canino. L'espoir que l'alliance entre le Pape et les libéraux contribuerait à l'apaisement fit bientôt place à la conviction que Pie IX se trouvait emporté par un courant auquel il ne pouvait résister, et la présence de Lord Minto, au lieu d'être pour lui un secours, devint plutôt un obstacle.
Le Pape ne tarda pas, en effet, à se rendre compte qu'il ne lui serait pas plus possible de contenter le parti libéral qu'il ne fut possible à Lacordaire, un an plus tard,, de fraterniser avec l'extrême gauche de l'Assemblée française. Dans les premiers jours de 1848, une procession démocratique s'organisa vers le Quirinal. Des démonstrations semblables se produisirent le jour suivant,, et, bien que le Pape fût acclamé avec enthousiasme sur son passage, l'effervescence de la foule ne laissait pas de causer des alarmes. Une fois Ciceruacchio, s'élançant sur le marchepied du carrosse pontifical, brandit un drapeau tricolore au-dessus de la tête du Pape en criant : « Coraggio, Santo Padre ! »
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Le bruit que des troubles révolutionnaires s*étaient produits à Milan était parvenu à Rome, et le 12 janvier éclata rinsurrection de Palerme. Le peuple réclamait la Constitution de 1812. Partout retentissait le cri de : <c Guerre à T Au triche ! », tandis que se répandait le bruit 4'une invasion prochaine des États pontiKcaux par les troupes autrichiennes. Dès lors et jusqu'à la catastrophe finale. Pie IX se vit entraîné parle parti libéral, résistant ^vec toute son habileté, mais accordant des concessions auxquelles il n'avait jamais songé au début. Le 10 février, il promit de réorganiser Tarmée et de donner dans son ministère une part plus prépondérante à l'élément laïque, et il protesta en même temps contre les rumeurs belliqueuses répandues par les libéraux. Sur ces entrefaites, les nouvelles de la révolution de février en France achevèrent de mettre en feu l'Italie. Le 10 mars, un nouveau ministère, sous la présidence du cardinal Antonelli, accorda aux États pontificaux un système complet de représentation nationale.
La même semaine, l'empereur Ferdinand proclama une nouvelle Constitution à Vienne, et Milan se souleva ■contre les Autrichiens. Le général autrichien Radetzky agit sans délai, mais la nouvelle que Charles Albert de Savoie marchait au secours des Milanais l'obligea à se retirer. La guerre révolutionnaire contre l'Autriche -éclata alors. Pie IX refusa son concours et continua à -espérer contre toute espérance. A la fin d'avril, Antonelli 'donna sa démission ; le nouveau ministère fut en majorité composé de laïques, sous la présidence de Mamiani. Dans le courant d'août, le Pape essaya pour la dernière fois de constituer un gouvernement vraiment stable avec l'aide du comte de Rossi, ancien am-
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bassadeup de Louis-Philippe à Rome. Le comte de Rossi, de concert avec Tabbé Rosmini (fondateur de l'Ordre de la Charité), arrivé a Rome en qualité d'envoyé du Roi de Sardaigne, esquissa le projet d'une fédération italienne sous la présidence du Pape. Le projet n'aboutit point, par suite d'un changement de ministère en Piémont, mais il demeura comme l'expression la plus complète des efforts tentés par le gouvernement papal pour réaliser le programme de Gioberti.
Wiseman, après sa mission auprès de Lord Palmerston, avait été nommé Provicaire apostolique du district de Londres. 11 semblait donc que le projet de rétablissement de la hiérarchie était désormais oublié ; mais il n'en était rien. Les négociations furent reprises en 1848 par M»" Ullathorne, plus tard l'ami distingué du cardinal Newman. Le D^ Ullathorne, dont l'intelligence, la piété et le bon sens s'étaient révélés d'abord par l'extraordinaire influence qu'il avait su prendre sur les criminels endurcis de l'île Norfolk, venait d'être nommé vicaire apostolique. Il ne tarda pas en cette qualité à gagner la confiance de ses collègues qui le déléguèrent à Rome, au printemps de 1848, pour prendre en main l'affaire de la hiérarchie. « Je ne perdis point de temps, raconte-t-il dans ses mémoires rétrospectifs, je traversai les scènes révolutionnaires qui agitaient Paris et le reste de la France, et j'arrivai à Rome le 25 mai 1848. »
Les acclamations de Viva Pio Nono ! y retentissaient à ses oreilles en même temps que le cri sinistre d'Âbctsso i preôi !
Le prélat anglais fut particulièrement frappé du soin el de la minutie apportés, en pleine période de révolution et de désordre, à l'examen du projet des vicaires apos-
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loliques d'Angleterre. Le D"" Ullathorne décrit ainsi ses impressions :
« Des assassinats étaient commis dans le but d'intimider les autorités et de créer le désordre. Un prètro anglais fut grièvement blessé en défendant un prêtre italien contre quelques assassins. L'évêque de Natohez, presque dès son arrivée, se vit attaqué en plein jour sur le Corso par une bande de forcenés et n'échappa à la mort qu'en se réfugiant dans une boutique. La guerre entre la Savoie et l'Autriche était déclarée, et la jeunesse de Rome, sous le faux prétexte qu'on allait se battre pour le Pape, s'enrôlait et marchait vers le théâtre de la guerre. Les manifestations publiques étaient fréquentes. Les citoyens se transformaient en gardes nationaux et s'exhibaient un peu partout. On avait même formé des bataillons d'enfants, revêtus d'uniformes et exercés militairement. Les clubs révolutionnaires tenaient le peuple dans un continuel état d'excitation et d'émoi. En de telles circonstances, il était impossible de n'être pas impressionné par le calme et la sérénité du Saint-Siège qui, au milieu de tous ces troubles et de ces émeutes, trouvait le loisir de s'occuper des affaires de TEglise universelle et de se consacrer à l'étude de questions d'un caractère aussi extraordinaire que celle de notre hiérarchie, comme si la cité des Papes eût été dans son état de tranquillité habituelle. »
Les deux ecclésiastiques plus spécialement chargés d'étudier l'affaire étaient M»'' Barnabo, secrétaire de la Propagande, et M»*" Palma, sous-secrétaire spécial pour les nations de langue anglaise. Par eux il transpira que les arguments de M^^*" Wiseman en faveur de la hiérarchie avaient prévalu contre les objections du cardinal
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Acton et qu'il ne restait plus à régler que des questions de détail. Comment les divisions territoriales furent d'abord tracées, puis modifiées, ce sont là des détails qui intéresseraient peu nos lecteurs ; mais la procédure ellemême de la Congrégation, demeurée immuable dans sa méticuleuse méthode au milieu des troubles du moment, offre un intérêt spécial. Voici comment la décrit le D-^ Ullathorne :
« Après que les matériaux de l'affaire ont été produits par écrit et qu'on a fait les recherches destinées à mettre en lumière les documents, un sous-secrétaire ou un clerc fait un résumé de la question. C'est ce qu'on appelle la ponenza. On en distribue des exemplaires imprimés aux cardinaux, huit ou dix jours avant la réunion de la Congrégation. Si la question soulève quelques points délicats de droit canon ou de théologie, la Congrégation prend l'avis de savants consulteurs. L'un et quelquefois deux d'entre eux sont priés d'écrire sur le point en question une dissertation, appelée volum, qui est imprimée avec le résumé. Chacun des cardinaux étudie la question en son particulier, assisté de ses consulteurs, auxquels il fournit un exemplaire des documents. Un jour ou deux avant la séance de la Congrégation, il réunit ses conseillers officiels et tient ce que l'on appelle un Congresso^ ou consultation privée, sur le sujet en question. S'étant ainsi entouré de leurs lumières pour éclairer son propre jugement, chaque cardinal se trouve prêt pour la Congrégation. Celle-ci s'ouvre par une invocation au Saint-Esprit, et l'un des cardinaux qui en a été chargé expose la question en qualité de relator ou ponente. 11 explique l'affaire et dirige la discussion. La conclusion résulte de la réponse donnée à chaque point
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laquelle, après la discussion, est exprimée par un vole public. Mais s'il arrive que des faits essentiels à Taffairé ne se présentent point d'une façon claire et satisfaisante, il y a répétition, et le secrétaire est prié de solliciter de plus amples informations.
« De la sorte, quoique la Congrégation ne se compose que de huit ou dix cardinaux, les causes portées devant «lie sont soumises à l'étude consciencieuse d'un bien plus grand nombre d'hommes intelligents et instruits, qui sont aux cardinaux ce que les avoués sont aux juges ; mais la décision est laissée à un petit nombre des esprits les plus sages et des capacités judiciaires les plus émifientes que l'Église possède. Lorsque la cause est terminée dans la Congrégation, le secrétaire la soumet au Saint-Père avec la décision prise. Si Sa Sainteté l'approuve et la confirme, elle prend la forme d'un décret, d'un bref, d'un document définitif sous la forme qui lui est appropriée. Si, au contraire, au jugement du Pape, la cause n est point suffisamment mûrie, elle peut être remise à l'étude de la manière que prescrira Sa Sainteté. »
On examina avec le plus grand soin si la mesure proposée pouvait donner offense au gouvernement britannique et, à cet égard, les paroles employées trois ans auparavant par le premier ministre. Lord John Russel, semblèrent décisives. En juillet i845, il avait déclaré à la Chambre des Communes, à propos de la loi interdisant aux évêques catholiques de s'approprier les titres des sièges protestants « qu'à son avis on pouvait abroger les clauses restrictives de la loi par laquelle il était défendu à un évêque catholique de prendre un titre déjà possédé par un évêque de l'Église établie. » Ces clauses
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légales, il les avait qualifiées, quelques mois plus tard, d'absurdes et de puériles. Et Ton avait conclu qu'^^ fortiori des titres territoriaux différents des sièges épiscopaux anglicans ne pouvaient donner aucune offense.
Après des délibérations qui durèrent presque dix semaines, la nouvelle mesure fut décidée, et M»"" UUathorne s'éloigna de Rome, à la veille de la révolution et de l'assassinat de M*"^ Palma qui avait pris une part si considérable à l'adoption de ce projet. Le Pape fut obligé de fuir à Gaëte. « Ces événements, écrit M»'' Ullathorne, firent différer deux ans la promulgation du rétablissement de notre hiérarchie. Cependant, à mon arrivée en Angleterre, l'impression générale était que c'était un fait accompli. La nouvelle en fut donnée dans les papiers publics, sans que personne en prît offense, et ma ferme conviction est que si la promulgation avait eu lieu à ce moment, tout se serait passé dans le plus grand calme. On savait si bien ce qui se préparait, que le 17 août de la même année 1848, dans un débat sur le bill des relations diplomatiques avec Rome, Sir Robert Inglis, après avoir déclaré n'avoir pas d'objection à faire sur le titre d'évêque porté par le D*" Wiseman, bien qu'il en eût à lui voir prendre le titre d'archevêque de Westminster, adressa une question au premier ministre au sujet de la nomination d'archevêques et d'évêques dans ce pays sans le consentement du souverain, et Lord John Russel, répliqua en ces termes :
« J'ignore si le Pape a autorisé, en quelque manière que ce soit, en vertu d'une autorité quelconque qu'il puisse avoir, la création d'archevêchés et d'évêchés avec des diocèses en Angleterre, mais certainement je n'ai pas donné mon consentement, ni ne l'aurais donné si oa
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me Feût demandé pour une pareille création quelconque de diocèses. En ce qui concerne Tautorité spirituelle, rhonorable gentleman doit voir, quand il fait allusion aux États de TEurope, que tout contrôle de Tautorité spirituelle du Pape ne peut être obtenu qu'en vertu d'un accord spécial à cette fin. Il faut, ou bien que vous donniez certains avantages à la religion catholique romaine, pour obtenir du Pape certains autres avantages en retour, au nombre desquels vous pouvez stipuler que le Pape ne créera aucun diocèse en Angleterre sans le consentement de la reine, ou bien vous devez dire que vous ne voulez entrer dans aucun arrangement de cette nature, que vous ne voulez consentir en aucune façon à donner une autorité à la religion catholique romaine en Angleterre. Mais en ce cas il vous faut laisser Tautorité spirituelle du Pape absolument libre de toute chaîne légale. Vous ne pouvez resserrer son influence spirituelle sans faire un agrément d'une ou d'autre forte... Mais bien qu'il vous soit loisible d'interdire au Pape, par une loi, d'exercer toute autorité spirituelle, cependant il n'y a ni moyens, ni lois, même celles que pourrait proposer mon honorable ami, capables de dépouiller le Pape de cette influence qui s'exerce purement sur les esprits. Il tombe sous le sens que vous ne pouvez, par aucun expédient, par aucun emploi de l'autorité, empêcher le Pape de communiquer avec les catholiques de ce pays. Il nous est possible d'essayer de prévenir les communications ouvertes et publiques, mais il m'est avis qii'il serait insensé d'employer dans ce but des moyens de rigueur. Si les communications ne sont point publiques, elles seront secrètes. »
« Après un pareil discours du premier ministre,
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conliniie M^*" TJllathorne, et quand on savait, d'ailleurs, Heu que non officiellement, qu'à ce moment même, des négociations étaient au moins pendantes pour le rétablissement de la hiérarchie, si elles n'étaient pas même terminées, le Pape avait de justes raisons de conclure qu'il n'y aurait pas d'opposition à la création d'archevêques et d'évéques catholiques titulaires en Angleterre. »
Le projet était donc regardé comme assuré, bien que l'exécution en fût différée. Pie IX, en effet, prisonnier depuis quelque temps, de la révolution, dans son palais du Quirinal, s'était décidé à quitter Rome. Le plan de son évasion fut formé par une dame anglaise, la comtesse de Spaur, mariée à l'ambassadeur de Bavière et veuve e« premières noces d'un M. Dodswell. Un voyage à Naples de son mari en fournit l'occasion. Le comte d'Harcourt, ambassadeur de France, se rendit au Quirinal en carrosse de gala, sous prétexte d'une entrevue pour affaires urgentes. Deux heures durant, les gardes du service entendirent du dehors la voix de M. d'Harcourt parlant longuement et sur un ton élevé. Quand il sortit, il annonça que le Pape fatigué s'était retiré pour dormir. Les gardes furent longtemps avant de se douter que le pî^être en soutane noire qui avait quitté la chambre à l'arrivée de l'ambassadeur de France était Pie IX. Il avait traversé les corridors sans être remarqué, accompagné de Filipani, le fourrier de la cour, et, sorti par une porte de service, il s'était rendu à l'église de Saint- Pierre et Saint-Marcellin où le comte de Spaur l'attendait. Il tnouva ensuite, comme on sait, un asile à Gaëte, sur le territoire de Naples. Sa force d'âme en ces circonstances, et l'ingratitude de ses sujets, au service desquels il s'était tant dévoué, lui attirèrent les sympathies
universelles. Son appel à Tépiscopat catholique susctta une réponse qui fut un magnifique témoignage d'un attachement unanime dont amis et ennemis furent également frappés. Il excommunia ceux qui s'étaient emparés des Etats Pontificaux et en appela aux puissance^ européennes. Elles répondirent aussitôt et leurs pléôipôtentiaires arrivèrent à Gaëte, dès la fin de mars 1849. La France se chargea de le rétablir dans sa souvôiraineté.
Les hommages du monde entier vinrent trouver le vénéré Pontife sur son rocher d'exil. Contentons-noas d*en donner ici un écho par ce passage caractéristique du Times : « C'est un fait d'histoire, écrivait-il, quekfue singulière et inattendue qu'une telle assertion puîsde paraître, qu'à l'heure môme de sa fuite et de sa chute, Pie IX fut et qu'il est maintenant plus complètement Pape et chef de l'église latine que des centaines de ses prédécesseurs ne l'ont été au milieu des splendeurs du palais de Latran. Personnellement, le Pontife détrôné a montré au monde un ensemble peu commun de vertiis évangéliques, et lors même que, par suite de l'indignité de ses sujets et du malheur des temps, ses capacités politiques se sont trouvées insuffisantes pour l'exécutio» des réformes modérées qu'il avait entreprises, néai^ moins l'apparition sur le trône papal, au milieu deis agitations européennes, d'un homme doué d'une si ha«*e bonté et d'une conscience si droite, a fortement fraq)(>é l'imagination et gagné l'affectioii de tous les catholiques romains de l'Europe. »
Le cardinal Manning, alors archidiacre de Chichester, s'était trouvé à Rome pendant les événements qui amenèrent la fuite du Pape à Gaëte, et son esprit impr^s-
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sionné reconnut à la situation plus de sens et de portée que n'en voyait le Times.
« Je ne connais rien, écrivait-il plus tard, de plus majestueux, de plus royal, de plus pontifical dans Thistoire de la Papauté que le Saint-Père sur le rocher de Gaéte, lançant au monde ses trois grands appels: le premier, la sentence d'excommunication contre les spoliateurs du patrimoine de TÉglise ; le second, sa protestation à tous les princes chrétiens contre l'injustice qu'il avait suhie ; le troisième, sa lettre à tous ses enfanls, à l'épiscopat du monde entier. Et ces trois actes du Ponlife ont puissamment atteint leur but. Une force surnaturelle en émanait. Le premier consomma la ruine des spoliateurs qui avaient envahi l'Église de Dieu ; le second réunit tous les princes dans un hommage solennel au Vicaire de Jésus- Christ ; le troisième excita dans les cœurs de tous les évêques catholiques un sentiment si unanime, que les annales de l'Eglise n'offrent rien de comparable aux manifestations de filial amour et de dévouement qui jetèrent l'épiscopat catholique tout entier aux pieris sacrés du Pontife ^ »
John Henri Nev^man lui aussi était à Rome en 1847, et ses écrits ont gardé un reflet des impressions gravées profondément dans son âme par ces événements critiques. Pie IX avait dû accentuer sur tous les points son dissen liment avec le programme politique et religieux d'hommes qui voulaient surprendre son approbation. 11 avait refusé de laisser marcher ses soldats contre l'Autriche, au-delà des frontières des États pontificaux ; il avait refusé de bénir le drapeau tricolore que lui avaient
1. Y. Manning, Sermons, cité par M. White, dans Pius /X, p. 94.
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présenté les troupes avant de partir; le chef du parti populaire Tavait pressé de fulminer contre les Autrichiens les censures de TÉglise ; il avait désavoué les mesures révolutionnaires promises en son nom, en 1848, par son ministre Mamiani. De même qu'au début il s'était refusé à tout compromis en faveur de l'Autriche, ainsi maintenant il se séparait de ceux qui prétendaient se faire ses défenseurs. Fidèle ,à lui-même et à son devoir, il ne tenait aucun compte des maximes de la sagesse politique et se retranchait dans un apparent isolement. « Le public protestant, écrivait Newman, se raille et se moque de lui comme d'un homme dont la carrière est finie... et pourtant il n'a fait que donner un nouvel xîxemple de l'héroïque abnégation des Papes et continue, au siècle des chemins de fer et des journaux, la tradition de saint Pierre. »
Dans quelques pages remarquables, Newman a retracé, peu de temps après qu'ils se furent accomplis, un résumé des événements, tels qu'ils avaient frappé son imagination. 11 y voyait un contraste entre la puissance séculière et les forces spirituelles de l'Eglise, entre leurs méthodes et leurs programmes respectifs. « Une révolution éclate en Europe, dit-il, et un dessein approfondi se trame pour mêler le Pape à une politique séculière d'un caractère contradictoire. On veut qu'il devienne le chel* de l'Italie, qu'il se déclare contre les souverains de l'Europe et qu'il fasse tout cela au nom de la religion. Il s'empresse de rejeter cette insidieuse proposition, et à la fin, il se voit traîné hors de ses Etals, parce que tout en voulant améliorer leur condition, il entend le faire en père et en prince, et non comme l'instrument d'une conspiration. Cependant peu de mois se sont
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Se6 LE CARDINAL WI8EMAN
écoulés^, et le parti du désordre succombe, et le Pape revient à Rome. Rome est sa place; mais peu lui importe qull soit à Rome ou ailleurs ; avant tout il doit être fidèle à la mission qui lui est confiée. »
Et plus Ibin : « I.e monde souriait d'apprendre qu'exilé à Gaëte et à Portici, Pie IX donnait son aitention aux bases théologiques de la doctrine de Tlmmaculée Conception ► Ayant peine à concevoir quelles affaires variées peuvent s'imposer en même temps aux préoccupations d^un Pape et exiger chacune à leur tour, et suivant les circonstances, une solution déterminée; s'imaginant à p^ine qu'il pût y avoir entre ces questions d'étroites relations, même quand elles semblent les plus étrangères les unes aux autres, et qu'en particulier un dogme relaftif à la sainte Vierge pût avoir quelque influence sur les^dfestinées du Saint-Siège, les sages de ce monde concluaient de l'encyclique sur ce dogme que le Pape, suivant leur expression, avait pris la politique en dégoût ei s'était lancé dans une dévotion inoffensive, et dans dlB' niaises discussions théologiques. Mais le monde ne tarda pas d'entendre parler d'autres actes du Saint- P^re;:de son intervention en Orient, de son succès en Espagne; de sa vigilance attentive sur la Sardaigne et sur la Suisse près de lui, et, au loin, dans l'autre hémisphère,. Sttr les Amériques du Nord et du Sud ; des prédicateurs envoyés par lui dans toute l'Allemagne ; de ses merveilleux triomphes en Autriche et en France; de ses enfants, sortant pour ainsi dire de terre en Angleterre, exerçant en Irlande une influence morale croissante, en proportion de leurs extraordinaires souffrances dans le passé ; de la hiérarchie catholique restaurée en Angleterre et en Hollande et de la lutle engagée sur le Rhin ;
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et au dédain succédèrent Fétonnement et Findignation. N'élait-il pas intolérable qu'un prince incapable de gérer ses propres affaires, dont les ressources matérielles n'étaient pas assurées pour un mois, fût assez aveugle sur ses intérêts pour s'occuper des destinées de la religion jusqu'aux extrémités de la terre ! »
Ailleurs, Tannée même de son retour de Rome, Newman décrivait en termes dramatiques la nature de la lutte, entre les soldats armés de Mazzini et la puissance spirituelle représentée par la Papauté, puissance dont la force particulière repose sur les armes invisibles qui la protègent et la défendent : « Ponctuel dans ses mouvements, précis dans ses opérations, imposant dans son équipement, la tête haute, la démarche assurée, accompagné de trompettes sonnantes et d'artillerie, voyez-le, le monde si puissant a fait une sortie guerrière. Contre quoi ? contre quelque chose d'inconnu qu'il sent, mais qu'il ne peut voir, qui voltige autour de lui, qui lui frappe les joues avec l'air et avec le vent. Il bat la charge, frappe d'estoc et de taille, fait feu de ses canons, fonce à la baïonnette, et son ennemi se rit de ses efforts; car il habite une autre sphère que n'atteignent ni la vigueur de son analyse ni la puissance de ses calculs. L'air se retire et il revient; il exerce une pression douce, mais constante de tous côtés ; de plus il est d'une nécessité indispensable à la puissance même qui l'attaque. Contre qui vous êtes-vous mis en campagne ? contre quelques vieillards qui portent des chapeaux et des bas rouges; contre une centaine d'étudiants pâlis par l'étude, qui baissent les yeux et portent des chapelets à la ceinture ; ils sont semblables à l'éteule des champs , détruisez-les ; d'autres vieillards, d'autres lévites prendront
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la place des premiers. Mais nous tournerons notre rage contre Tun d'eux ; il fuit et se dérobe ; que faire avec lui ? Pourchassez-le à travers le vaste monde ; mais rien ne peut marcher sans lui. Ramenez-le donc ! mais il ne nous donnera aucune garantie pour Tavenir... Alors laissez-le isolé ; sa puissance est finie ; il touche à sa fin, ou bien il adoptera, de son propre mouvement, une autre ligne de conduite : il prendra fait et cause pour rÉtat ou Le peuple. En attendant, la multitude des intérêts, exerçant leur active influence d'un bout à l'autre de l'univers catholique, se dresse, pour ainsi dire, tout autour des combattants, renferme la bataille en un cercle et cache aux yeux du monde l'issue de la journée ; on hasarde des jugements inexacts, des prédictions téméraires, jusqu'à ce que le brouillard se dissipe; et puis on aperçoit le vieillard à son poste comme autrefois, disant la messe sur le tombeau des apôtres * . »