‹ Le cardinal WisemanChapitre 85 sur 106 · V. Revue des Deux Mondes, 1" mai 1867, p. 189. (N. d. T · texte numérisé non relu

V. Revue des Deux Mondes, 1" mai 1867, p. 189. (N. d. T

Googk

M. Hope, aujourd'hui M. Hope Scott d'Abbotsford, pour examiner la conduite à tenir en cette occurrence. Parmi les membres présents, outre M. Hope, se trouvaient les archidiacres Manning et Robert Wilberforce, et*M. Badeley. On vota une série de résolutions constituant une protestation contre la sentence du Conseil privé, et finalement les quatre personnes ci-dessus nommées se réunirent à TÉglise catholique, suivies de plusieurs autres.

Le 17 mars, Wiseman, prêchant à la cathédrale Saint- Georges, visa directement Tagitation causée par cette décision, rappelant à ses auditeurs les protestations élevées autrefois par les saints et les ministres de Dieu, contre les empiétements du pouvoir civil en matière de foi. Après avoir retracé les relations des deux puissances, dans les deux empires d'Orient et d'Occident, et au moyen âge jusqu'au règne d'Elisabeth, il affirmait bien haut que ceux à qui l'Église devait sa vie et sa puissance « avaient souffert l'exil et même la mort, lorsque cela avait été nécessaire, plutôt que de se soumettre à l'usurpation et aux prétentions illégitimes de l'État contre rÉglise. » Et il citait pour l'Angleterre, Lanfranc, saint Anselme, saint Thomas de Cantorbéry et saint Edmond.

Entrant ensuite dans les détails du cas Gorham, il faisait remarquer qu'il ne fallait pas seulement voir dans Tacte du Conseil privé le fait de la cassation d'une décision de la Cour des Arches, mais tenir compte que cette sentence elle-même ne venait pas des chefs spirituels, les évêques, mais d'un corps composé de laïques et d'avocats. Les deux appels contre la décision des évêques avaient donc été des appels au pouvoir séculier pour définir des matières de foi.

Googk

Où est le remède, disait-il, à un état de choses si en désaccord avec les meilleures traditions de Thistoire ecclésiastique ? Et il insistait une fois de plua sur l'impossibilité absolue où Ton était de trancher les controverses contemporaines sur les points les plus essentiels de la foi, sans faire appel à la décision de rÉglise universelle, — non point celle du passé incapable de répondre à la question, mais à TEglise universelle aujourd'hui vivante. « N'y a-t-il donc, disait-il, aucun appel ? N'y en a-t-il jamais eu d'autres que ceux-ci (les appels à la Cour ecclésiastique et au Conseil privé) ? Je vous ai montré, mes frères, qu'il y avait autrefois des appels à une autre puissance, à une puissance spirituelle et supérieure, reconnue par l'Église entière. Mais à celle-là, les Anglicans ne peuvent s'y adresser ; et leur grande erreur fut de se séparer si complètement de cette autorité, de ce tribunal, seul qualifié pour recevoir les appels en matière de foi, qu'ils sont forcés de considérer leur appel d'aujourd'hui comme étant en dernier ressort, puisqu'il ne leur reste aucun échappatoire. Oui, mes frères, si dans les temps primitifs, un cas semblable à celui-ci s'était présenté dans une Église particulière, on ne Faurait point laissé seule soutenir la lutte, réduite à ses ressources limitées

« Mais comment se fait-il que l'Angleterre, ou plutôt ce qui s'intitule son Eglise, soit maintenant privée à ce point des sympathies du reste du monde ? Osera-t-elle en appeler à l'Eglise universelle à laquelle appartient en dernier ressort l'appel en matière de foi, ainsi que tant de ses docteurs le déclarent? Eh bien ! je les prends au mot. C'est à l'Église universelle que l'appel final est réservé, qu'elle soit représentée par son chef, ou par un

Googk

concile général, ou par Tensemble de toutes les Églises mirant dans Tunité catholique, séparées sans doute par les lieux, mais parlant toutes d'une voix unanime. C'est, Je le confesse, devant cette autorité, de quelque manière qu'elle soit représentée, que Tappel doit avoir lieu. Eh bien ! que cette Église, puissante à tant de titres, élève donc la voix et invite TÉglise catholique du monde •entier à prendre parti pour elle et à soutenir avec elle la lutte qu'elle désire engager. Qu'elle demande à toutes lies autres de joindre leurs suffrages au sien en faveur -de la doctrine attaquée, dit-on, aujourd'hui pour la première fois. Pourquoi ne le fait-elle pas? Ou si elle le iait, répondront-elles, n'y a-t-il donc plus aucune union iintime, aucun lien d'amour et de charité qui la relie au Teste du monde chrétien, afin qu'à son cri de détresse il •se lève pour la secourir, ou si cela ne se peut, pour la consoler du moins et lui donner courage? La Gaule enverra-t-elle une fois de plus un saint Germain ou un •saint Loup, comme elle le fit quand l'erreur pélagienne .menaçait la foi de cette île, pour instruire les hommes •dans la vérité et réfuter les propagateurs de l'hérésie. » Environ six semaines plus tard, au milieu de la tension et de l'attente causées par la grave opposition faite à la décision du Conseil privé, quand les espérances de Wiseman au sujet des progrès du catholicisme au sein des classes pauvres et des hommes zélés dont les regards se tournaient vers Rome, atteignaient leur point culminant, une lettre du cardinal Antonelli lui annonça la gracieuse intention du Pape de lui conférer le chapeau. 'Cela signifiait naturellement qu'il lui faudrait résider à Rome à la cour pontificale et quitter pour toujours ii'Angleterre.

GooqIc

Les lettres de Wiseman montrent que rarement peut- ^.tre un tel honneur fut reçu avec des sentiments plus mélangés.

11 écrivait le 4 juillet au D'' Russel : « Un pénible secret m'a été confié au commencement de mai par le cardinal Secrétaire d'État; c'est aujourd'hui seulement que j'apprends que la nouvelle a été portée à Londres comme un ^ruit^ et une lettre de Rome récemment reçue me prouve •que l'affaire a transpiré et sera bientôt publique. Je me -crois donc autorisé à vous en aviser confidentiellement, jusqu'à ce que la chose soit publiée avec certitude.

« La vérité est que je quitte l'Angleterre, et pour toujours, le mois prochain. Le consistoire de septembre va me lier pour la vie avec des chaînes dorées et trancher toutes mes espérances, toutes mes aspirations, le désir de toute ma vie de travailler à la conversion de l'Angleterre, ici en Angleterre, au milieu de la lutte avec l'hérésie et des triomphes de notre foi. J'ai écrit avec autant de netteté et de force qu'on peut le faire en parlant de soi, mais on a répondu péremptoirement qu'on a besoin de moi à Rome et qu'on me donnera un successeur.

« Dans cet ordre, j'entends la voix de Dieu et j'ai au moins une consolation ; c'est qu'en acceptant par obéissance cette dignité inattendue, je sacrifie tout ce qui m'est cher et détruis peut être mon propre ouvrage, dans lequel trop d'égoïste ou terrestre complaisance a pu se mêler. C'est seulement en février 1849, à la mort du bon D' Walsh que je suis devenu en réalité maître de mes actes, agissant sous ma propre responsabilité, et en mai 1850,. me voilà de nouveau jeté dans une situation vague et mal définie. Il y a même de quoi humilier;

Googk

car j'avoue qu'à consulter les sentiments humains, tenir la barre du navire dans la capitale de ce royaume, au milieu d'une telle crise, quand l'Église voit s'ouvrir devant elle toutes les perspectives, est une situation plus haute que celle d'être une unité dans une Congrégation^ où l'on peut donner un vote en faveur de ce qu'on croit juste.

« Mais toutefois ceci me console : l'événement m'accable, me brise, je dirai m enterre à jamais pour cette vie; donc cela doit m'étre bon. N'est-ce pas pour moi comme quand un fermier voit les champs dont il s'enorgueillissait, sur lesquels il répandait tout son labeur, bouleversés par une inondation qui anéantit tout son ouvrage? Et si cela est, n'est-ce pas un jugement et un châtiment que l'on doit accepter comme tels ? Aussi pendant que je m'incline devant cet ordre, expression de la volonté divine, je ne puis pas ne pas y voir un reproche que mon œuvre a été mal faite et doit être retirée de mes mains pour passer dans d'autres. »

Une lettre au P. Faber du i3 juillet retrace ses sentiments d'une manière plus touchante encore : « Jamais je n'ai mieux senti qu'en ce moment, lui dit-il, combien j'ai besoin de prières. J'ai eu à traverser une rude épreuve, et bien que le plus pénible soit passé, je sens bien que ce n'est pas fini. J'ai trouvé dur d'avoir à me séparer de l'œuvre glorieuse qui s'accomplit autour de nous, et qui nous ouvre de si brillantes perspectives. Ma seule consolation a été et est encore que, selon les maximes de saint Philippe, on ne peut s'écarter du bon chemin, quand on suit l'obéissance, et que, dans ce qui arrive, il n'y a eu qu'opposition complet^ à l'esprit pro|HPe et renoncement à tout ce qui est cher.

« Mais bien que je me résigne à ce qui m'advient par la volonté d'en Haut, je ne puis pas ne pas éprouver^ ou bien que c'est une visite du jugement de Dieu bien méritée, parce qu'ayant fait l'œuvre divine avec trop de négligence et trop peu de fruit, j'en suis écarté, (avec honneur, sans doute, pour éviter le scandale), afin de faire place à un meilleur économe ; ou bien que ce surcroît d'élévation et de dignité est une récompense accordée ici-bas pour des services trop mal rendus, et trop gâtés par la vaine gloire, pour en mériter une autre meilleure. Cette dernière pensée, qui m'a poursuivi durant des années, est revenue plus accablante en cesderniers temps, et il me semble parfois entendre ces paroles résonner à mes oreilles : Accepisti mereedem tuam,

a S'il en était ainsi, j'espère que Dieu m'accordera encore quelque temps ici-bas pour réparer le passé. Priez à cette intention et saint Philippe veillera sur vous.

« Je suppose que vous avez appris que j'ai reçu (le Rév.j M. Cavendish et le capitaine Packenham^ puisque ce n'est plus un secret. »

Le D' Whitty qui, en sa qualité de vicaire général y jouissait fréquemment de sa société, nous décrit dans les termes suivants son attitude à propos de son prochain changement de vie.

« Ses sentiments relativement à son élévation au cardinalat étaient bien mélangés. Il m'en parlait souvent à la maison de campagne de Walthamstow. Envisagée comme le plus haut honneur que le Pape pouvait lui faire et comme une marque de sa confiance, sa promotion lui inspirait une joie profonde. Mais la résidence à Rome, avec toutes les restrictions que l'étiquette allait

Googk

r«30 LE CARDINAL WISEMAN

apporter à sa liberté, était bien loin de le charmer. En

• outre, cela Texilait d* Angleterre et brisait la carrière pleine de travaux utiles et féconds qu'il envisageait depuis sa venue à Londres. Un jour, il me dit : « Je ne sais de quel œil regarder Tavenir. Je vous assure qu'en ce moment la chose qui m'est le plus agréable, c'est la pensée de notre voyage à Rome dans le petit carrosse ouvert que M. Searle a acheté, dans lequel nous pourrons jouir à loisir du paysage et où je pourrai caser un gros ; paquet de livres, etc. » Tout le temps cela me fit penser aux joies escomptées d'avance par un enfant, quand il songe à son voyage de retour chez ses parents, aux vacances. Je crois le lui avoir dit sans façon sur le moment même, et nous plaisantâmes ensemble sur l'état

• embrouillé de son esprit et de son cœur. Sous maint •rapport, il conserva toute sa vie quelque chose de

l'enfant. Comme la pensée de revenir en Angleterre en •qualité de cardinal archevêque ne lui vint jamais alors à l'esprit, il me parla de son dessein de bâtir ou d'acheter ■une villa près de Monte Porzio, où il se retirerait de t temps à autre pour y jouir de la liberté à l'anglaise d'aller et venir comme il lui plairait. »

Quand, dans le courant de juillet, la nouvelle commença à être connue de tous, les principaux catholiques d'Angleterre furent grandement effrayés à la perspective de voir leur pays privé des services de Wiseman. Comme il ne devait partir qu'au milieu du mois d'août, on eut le temps de faire parvenir de tous côtés au Vatican, avant son arrivée., des représentations sur les désastreux effets qu'aurait son éloignement définitif de l'An- :gleterre. Déjà, en 1847, au moment du premier projet de trétablissement de la hiérarchie, des laïques éminents

GooqIc

LE CAKDINAL ARCHEVÊQUE DE WESTMINSTER 53iî

avaient signé une pétition pour le faire nommer à Westminster. « M^»" Wiseman est le seul homme de la situa-tion », écrivait Lord Shrewsbury, Tun des signataires. On renouvela, en 1850, les efforts dans le même sens. Une fois à Rome, Wiseman vit clairement l'effet produit par ce&représentations ; mais jusqu'à son départ, il crut à un adieu définitif : « Quand vous aurez fini de gouverner les différents quartiers de la terie, disait-il à son cousin, Sir Charles Mac-Carthy, vous viendrez me visiter dans mon* palais de Rome. »

La question des relations diplomatiques entre le gouvernement britannique et le Saint-Siège était alors sur le tapis, et Wiseman eut une entrevue avec Lord John Russell, avant de quitter l'Angleterre. La nouvelle que la hiérarchie allait être rétablie était de notoriété* publique; et que le vicaire apostolique eût ou non^ directement consulté le premier ministre sur ce point,, il semble en tout cas avoir remporté de son entrevue la conviction que le gouvernement n*y ferait aucune opposition. « Il parla toujours de cette entrevue, disait feu Lord Houghton, comme lui fournissant une justification^ de sa conduite postérieure. » Il est sûr, du moins, qu'ils donna à entendre à Lord Russell qu'il quittait définitivement l'Angleterre, pour résider à Rome à Tavenir.

Parti le 16 août, Wiseman prit sa route par Arras,. Paris, Dôle, Martigny et Brieg. Il franchit le Simplon,. passa par Domo d'Ossola et Milan, où il s'arrêta deux jours. 11 passa deux jours aussi à Fano chez sa sœur, la comtesse Gabrielli, et se rendit de là à Rome par Foligno et Civita Castellana. Arrivé le 5 septembre, il fut reçu le jour même parle Pape en audience privée, et, le lendemain, par le cardinal An tonelli.

Googk

L'audience officielle eut lieu le 13, et, par une lettre en date de ce jour, il fait pressentir à M. Bagshawe la grande nouvelle du rétablissement immédiat de la hiérarchie et celle de son propre retour.

« Mon cher Bagshawe, — Je suis sûr que vous serez heureux d'apprendre qu'il est plus que probable que la hiérarchie sera reconstituée avant le consistoire et qu'au printemps je retournerai à Londres, où nous tiendrons le premier synode (provincial) depuis la Réformation. Vous comprendrez combien il importe de garder ce secret jusqu'à ce que le Pape ait parlé, et surtout d'éviter qu'il en soit question dans les feuilles publiques. A mon arrivée je trouvai le Pape, tous les cardinaux et la Propagande du même avis, à savoir que je devais rentrer eïi Angleterre, si la chose est possible et compatible avec la dignité cardinalice. Les suppliques et lettres envoyées ici ont produit beaucoup d'effet, le bon M. Talbot * encore plus, et le Pape a dit qu'il s'en faisait un cas de conscience. Si je retourne là-bas, ce qui est certain, mais ce qu'il ne faut pas dire, bien des dépenses me seront épargnées ici... Je me contenterai de louer des voitures etc., et je vivrai au Collège (anglais), évitant ainsi des dépenses de loyer, de mobilier, etc. Toutefois les charges sont encore lourdes. Les droits montent à 500 livres ; et il y a quatre jours de réception, habits de gala, domestiques, etc.. Vous pouvez laisser entendre aux amis qu'il n'est pas impossible que je retourne, etc.

« Le consistoire aura probablement lieu le 30. Encore une fois, de la discrétion, ou tout sera gâté. »

1. Plus tard Monsignor Georges Talbot, alors en résidence à Rome. Il eut aussi, en 1865, beaucoup de part à la nomination du second archevêque de Westminster, Ms' Manning.

Googk

Le 16 et le 17, Wiseman visitait Monte Porzio et Âlbano, en souvenir de ses années de jeunesse. Le 21, il y eut une assemblée générale de la Propagande pour discuter la question de la hiérarchie, et le 24, Wiseman avait une nouvelle audience du Pape, la dernière avant le consistoire du 30 septembre. Ce jour -là, il fut nommé cardinal prêtre de la sainte Eglise romaine, du titre de Sainte-Pudentienne, église bâtie, selon d'anciennes traditions, sur remplacement de la maison dans laquelle le sénateur Pudens avait reçu saint Pierre. Le public anglais sembla prendre un intérêt inaccoutumé et bienveillant à ce consistoire et à l'élévation de Wiseman au cardinalat. Le correspondant romain du Times envoya, le matin du 30, du cérémonial usité dans la circonstance, un long compte rendu qu'on lira peut-être encore avec plaisir.

« Aussitôt que le D*" Wiseman eut reçu notification de son élévation, il se plaça, selon l'usage, sur le seuil d'un des salons du palais de la Consulta, où sa réception avait lieu, pour recevoir les félicitations des cardinaux et des ambassadeurs qui avaient envoyé leurs représentants à cet effet.

« La visite connue sous le nom de Visita di Calore à cause de l'empressement et de la hâte avec laquelle elle se fait, dura deux ou trois heures. Cette après-midi, les nouveaux cardinaux se rendront, stores baissés, au Vatican, où le Saint-Père leur remettra la barrette rouge, après quoi le cardinal Wiseman, au nom de tous, exprimera ses remerciements pour l'honneur conféré à ses collègues et à lui-même. A leur sortie des appartements du Pape, ils recevront d'un personnage de service la calotte rouge [ZuccheUo), Ils retournent ensuite chez

Googk

î)34 LE CARDINAL WISEMAK

eux, les stores toujours baissés, et pendant trois jours; ils ne doivent point quitter leur demeure. Ce soir, lescardinaux, les ambassadeurs, la noblesse, romaine ou étrangère, apportent en personne leurs félicitations à chacun des nouveaux cardinaux. M. Martinez de la Rosa, ambassadeur d'Espagne, doit avoir une grande réception au pal'ais de Tambassade. Les évéques d'Andria et de Gubbio, résidant chez les Théatins, à Saint- Andrea-della-Valle, les dames ne pourront assister à leur réception ; mais les cardinaux qui habitent en ville prient d'ordinaire une personne de leur famille ou une dame de haut rang de recevoir les princesses et autresdames qui désirent être présentées à cette occasion. La princesse Doria, notre compatriote, fera les honneurspour le cardinal Wiseman, et la princesse Massimopour le cardinal Roberti. En ces occasions, les familles, nobles de Rome aiment à faire grand étalage de leursdiamants, et la curiosité est attirée par les magnifiques bijoux des Torlonia, et les splendides ameublements de famille des Doria, des Borghèse, des Rospigliosi et des autres.

« Mardi et mercredi matin, les princes romains visiteront les récents cardinaux en grand apparat, la règle étant que jamais deux princes ne se trouvent présents à la fois, afin que le rang et la préséance que l'étiquette les oblige à respecter soient dûment observés. Les généraux des ordres religieux viennent également offrir leurs hommages. Mais les grandes cérémonies sont réservées au mardi matin. De bonne heure, les nouveaux cardinaux viennent prêter serment à la chapelle Sixtine, pendant que les autres se rassemblent dans la salle ducale, ou salle des Consistoires, à côté de la

Googk

chapelle. Les nouveaux cardinaux sont introduits et reçoivent agenouillés le chapeau rouge des mains du Pape qui les avertit que la couleur rouge est pour leur rappeler qu'ils doivent être prêts, si cela est nécessaire^ à verser leur sang pour TÉglise. Ils reçoivent ensuite le baiser de paix de leurs collègues et ils prennent place parmi eux. On chante le Te Beum^ pendant qu'ils sont prosternés sur le pavé. A ce consistoire public, tout le monde peut être présent, mais il se tient ensuite un consistoire secret, où le Pape ferme la bouche desnouveaux cardinaux, en signe qu'ils sont incapables devoter sur les questions soumises au jugement de leurscollègues, jusqu'à ce qu'il leur ait ouvert la bouche, par un second acte, à la fin du consistoire. Il peut quelque-^ fois s'écouler un long temps entre le moment où le pape ferme et ouvre la bouche des cardinaux, et, pen-dant cet intervalle, ils n'ont d'autre droit que de voter en conclave pour l'élection d'un nouveau Pape. A ce consistoire secret, chaque cardinal reçoit un anneau de saphir, pour lequel il paie une somme de 500 couronnes (2.725 francs), au bénéfice des missions d'Asie, de Chine et d'ailleurs, et enfin un titre ou une église lui est assignée. Je crois que le cardinal Wiseman recevra le titre de sainte Pudentienne, petite fille, selon les anciens auteurs, du fameux chef breton Caractacus,, et dont l'église contient, dit-on, des souvenirs des^ premiers jours de la prédication du christianisme à Rome.

« Dans l'après-midi du même jour, les nouveaux cardinaux visiteront Saint-Pierre en grand apparat, suivis par les carrosses de leurs collègues et d'autres personnages. Le soir, une curieuse cérémonie termine les-

Googk

solennités de leur promotion. Le chef de la garde-robe du Saint-Père apporte à chaque cardinal le chapeau qui avait été placé le matin sur sa tête ; ceux-ci le reçoivent, habillés en grand costume, et en se tenant à côté du trône dressé pour le Pape dans la demeure de tous les cardinaux. Le chef de la garde-robe et le cardinal s'adressent mutuellement des compliments, puis ce dernier se retire, revêt des habits plus simples et revient s'occuper de ses visiteurs. Des rafraîchissements circulent, puis à Theure où il convient de prendre congé, on s'en va et tout est fini. »

Le bref du Pape rétablissant la hiérarchie fut datée du 29 septembre, et Wiseman annonça officiellement l'événement aux catholiques anglais, le 7 octobre, dans sa célèbre lettre pastorale, datée Hors la porte Flaminienne de Rome, dont nous parlerons bientôt. Reparti de Rome le 12 octobre, Wiseman était, le 15, à Florence. Il y fut pendant quelques jours l'hôte d'un vieil ami de collège, M. Joseph Sloane. Accompagné de M»' Massoni, internonce du Pape, il alla, le 16, par chemin de fer à Sienne où résidait l'archiduc de Toscane avec sa cour. Il fut reçu en grand gala au palais par l'Archiduc, puis successivement par les autres membres de la famille, et, après une visite à la cathédrale, il revint assister au dîner du prince.

Le lendemain, M. Sloane donna une soirée où se rencontrèrent la plupart des ministres d'État, le comte Baldasseroni, président du conseil, les ministres de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice, des Cultes et de l'Instruction publique; les ministres de France, d'Autriche et de Naples, le prince Lichtenstein, commandant des forces autrichiennes et un certain

Googk

nombre de résidents anglais. Le 22, il allait à Bologne et il recevait, le jour suivant, les dépulations officielles des chapitres dé la cathédrale et de San Petronio, de l'Université, de TAcadémie des Beaux-Arts, des divers tribunaux et États-majors des troupes autrichiennes et papales. Le cardinal Baruzzi, président de T Académie des Beaux-Arts, lui fit don de deux souvenirs artistiques de Pie IX, un large médaillon en marbre, fait d'après le vif, et un buste. Le dimanche, il était à Venise chez le Patriarche, et s'embarquait assez tard dans la nuit pour Trieste.

Il semble alors avoir si peu prévu la possibilité d'une démonstration hostile à son retour qu'il paraissait surtout préoccupé des difficultés financières de sa nouvelle situation, car il savait qu'à Rome on tenait beaucoup à ce que les cardinaux eussent un train de maison en rapport avec leur haute dignité. Le Pape offrait 400 livres par an, pendant quelques années ; mais c'était tout-à-fait insuffisant. Il fait part de ses préoccupations à M. Bagshawe, dans une lettre datée de Florence. <( Je suis ici chez un vieil et bon ami, mon maître à Ushaw, devenu riche et vivant dans l'opulence, M. Sloane. Hier, je suis allé à Sienne dîner avec l'archiduc et sa famille. On m'a reçu avec les plus grands honneurs; la cour était au complet. A table, on me donna la place d'honneur entre le duc et la duchesse. Cette réception passe ici pour un événement, car il n'y a jamais de cardinal en Toscane, et l'on ne se souvient pas d'en avoir jamais vu dîner à la cour, à cause de la question disputée de préséance entre un duc régnant et un cardinal. La question est désormais tranchée, puisqu'on m'a donné la préséance; aujourd'hui le Grand-

Googk

Duc a écrit lui-même à ses ministres pour leur rendrecompte de ce qui s'est passé. (Je sais cela confidentiellement et je vous prie de ne rien communiquer de' cette lettre aux journaux.) Ce soir, tout le corps diplomatique, les membres du gouvernement et les principaux personnages de la noblesse, native ou étrangère, sont invités à une réception. Voici maintenant mes projets pour Tavenir. La grosse et urgente dépense est celle de la réparation de l'habitation. Quant aux frais de maison, l'allocation du Pape (10.000 francs) suffira pou^ mon carrosse et un serviteur, et il sera ainsi pourvu à l'apparat extérieur. Pour les dépenses du dedans, je puisles restreindre encore un peu plus, en cessant de recevoir et en abandonnant mes soirées... Il y a des dépenses qui ont un but général, comme le Synode, Tannée prochaine, et tous les évêques réunis auront à y faire face. D'autres sont propres au District, par exemple une croix archiépiscopale, qui restera à demeure à l'archevêché et qui sera portée processionnellement. Elle doit être digne du rétablissement de la Hiérarchie, et rappeler son histoire;... un trône avec le portrait du Pape, etc. Mais j'ai résolu maintenant de ne plus porter mes regards sur rien, d'humain, de m'appliquer généreusement à l'œuvre qui. m'est confiée et de fixer mes vues sur quelque chose demeilleur après cette vie... Je pars mardi prochain pour Venise et de là pour Cologne en chemin de fer, par Vî'onne. Je compte être en Angleterre au milieu de îmbre. »

B cardinal était à Vienne le 30 octobre. Il eut deux: evues avec l'empereur, qui le retint à dîner lenovembre. C'est deux jours après qu'il eut la pre- •e annonce de la tempête qui l'attendait à soni

Googk

LE CARDINAL ARCHEVÊQUE DE WESTMINSTER b39

retour en Angleterre : « Je me promenais dans la ville en voiture, dit-il à un ami, appuyé au fond de mon carrosse et lisant mon Times ^ lorsque j'éprouvai tout à coup wn rude choc de voir mon nom cité dans le premier article. »

Voici en effet ce qu'il lut :

« Nous n'avons pas été surpris que le D' Wiseman, •depuis longtemps remarqué dans ce pays comme l'un •des membres les plus savants et les plus capables du . clergé catholique romain, ait été élevé à la pourpre... •Ce n'est pas notre affaire si le D' Wiseman trouve préférable pour lui de prendre rang à Rome au milieu •des Monsignori de la capitale. Il est simplement à Rome dans la position d'un sujet anglais qui a jugé à propos d'entrer au service d'une puissance étrangère et •d'accepter ses fausses dignités. Mais sa nomination a ^té accompagnée d'une autre circonstance qui a un caractère tout différent et très particulier. La Gazette officielle de Rome nous informe qu'il a plu récemment au Pape d'ériger en archevêché la ville de Westminster •et de nommer le D"" Wiseman à ce siège : c'est donc à cet archevêque de Westminster de nouvelle mode, nommé dans les conditions ci-dessus que le cardinalat «st conféré de cette façon Il est possible que l'élévation du D' Wiseman n'ait ni plus de sens ni plus •d'importance que si, par exemple, en vertu de son bon plaisir, le Pape se permettait de conférer à l'éditeur du Tahlet le rang et le titre de duc de Smithfield. Mais si cette nomination est autre chose qu'une grossière et maladroite plaisanterie, nous avouons ne pouvoir la considérer autrement que comme l'un des plus grands actes de folie et d'impertinence que la Cour de Rome

Googk

se soit risquée à commettre, depuis que la couronne et le peuple d'Angleterre ont secoué son joug...

« On a émis l'idée que le Pape s'était déterminé à cette ridicule et offensante démarche dans le dessein de rendre au gouvernement anglais l'hostilité qu'on lui attribue, et en particulier de contrecarrer les intrigues d'un agent consulaire que Lord Palmerston refuse d'éloigner de Rome. Il nous est difficile de supposer que la Cour papale ait été poussée par un mobile aussi pitoyable à l'un des plus audacieux empiétements de pouvoir qu'elle se soit permis en ce pays depuis trois siècles.

« Le Pape et ses conseillers ont pris à tort notre complète tolérance pour de l'indifférence à l'égard de leurs desseins ; ils ont pris à tort le renouveau du zèle dans l'Église comme un retour vers l'esclavage de Rome ; mais nous ne sommes point fâchés que leur conduite indiscrète les ait poussés à nous faire voir le pouvoir que Rome exercerait, si elle le pouvait, en osant faire un acte que les lois de ce pays ne reconnaîtront jamais, que l'opinion publique de ce pays désavouera et tournera en dérision, dès que Sa Grâce l'Archevêque titulaire de Westminster jugera à propos de faire son entrée dans son diocèse. »

Ecrit avant que l'arrivée en Angleterre de la lettre

pastorale de la Porte Flaminienne eût attisé le feu et

l'eût propagé partout, aussi vite que la flamme dans les

herbes sèches, cet article fut le premier indice de l'hos-

''"*"' — ''Viseman aurait à surmonter. Étant donné son

it sensible à l'excès, plusieurs pensaient que

publique serait trop forte pour qu'il pût lui

ia suite prouva néanmoins que son âme gran-

Googk

dit avec Toccasion et qu'il fut à la hauteur des circonstances, en dépassant les plus hardies espérances.

« Il est fait sur mesure pour le inonde, disait deux mois plus tard Newman à Sir George Bowyer, et il s'élève au niveau des événements. Si haut que j'estimasse les dons de sa nature, je ne m'attendais cependant pas à un déploiement de vigueur, de puissance, de jugement, d'énergie soutenue, pareil à celui dont les deux derniers mois ont fourni la preuve. J'avais entendu dire à un de ses plus intimes amis, avant qu'il eût remis le pied en Angleterre, que la nouvelle de l'opposition qui l'attendait le tuerait. Comme il s'est trompé ! C'est l'événement du moment. Pour autant que je me rappelle, je n'ai jamais rien vu de pareil. »

Le premier acte de Wiseman fut d'écrire, entre-temps, à Lord John Russel pour désavouer hautement la fausse interprétation populaire, relativement à ce qui venait de se passer. Il saisit pour prétexte à sa lettre la mission officieuse dont le premier ministre l'avait chargé, au sujet de relations diplomatiques entre la Grande-Bretagne et le Vatican.

Vienne, 3 novembre 1850.

« Cher Mylord, — J'avais l'intention avant de quitter Rome d'écrire à votre Seigneurie, selon ma promesse^ pour lui faire part des sentiments du Saint-Siège, à propos de l'envoi d'un ministre anglais avec une mission spéciale. J'en fus empêché principalement par ce fait que ma dernière entrevue avec le cardinal Antonelli à ce sujet n'eut lieu que la veille de mon départ. Il m'assura, comme il l'avait fait déjà, que si le Pape serait heureux de recevoir un envoyé du gouvernement britannique pour le

LE CARDINAL WISEiMAN. — 1. 31

but spécial indiqué par votre Seigneurie, il serait impossible à la cour de Rome d'accepter un ministre résident, tant que les lois réglant les rapports diplomatiques entre elle et l'Angleterre resteraient dans leur état présent.

« Je saisis cette occasion pour revenir, en outre, sur mon entrevue du mois d'août dernier avec votre Seigneurie^ parce qu'il me semble que je me dois à moi-même de me mettre en garde contre une imputation possible et un soupçon qui pourraient s'élever en conséquence de ce qui s'y est passé. Je parlai à votre Seigneurie comme un homme sur le point de quitter l'Angleterre, sans idée de retour, et peut-être pourrait-on insinuer que tel n'était pas le cas. Je prie donc votre Seigneurie de recevoir l'assurance que j'étais très sincère, quand je parlai de mon départ comme définitif, n'ayant aucune idée qu'il me faudrait revenir. Je tiens beaucoup à ce qu'il ne reste dans l'esprit de votre Seigneurie aucune impression que j'eusse la moindre intention de vous tromper.

« Je ne puis m'empêcher de regretter profondément la manière inexacte et même mensongère dont les journaux ont rendu compte des actes du Saint-Père, concernant le gouvernement spirituel des catholiques d'Angleterre. Je prends la liberté de vous dire que la mesure récemment adoptée a été non seulement arrêtée, mais même imprimée, il y a trois ans, et qu'une copie du bref fut montrée à Lord Minto par le Pape lui-même dans une audience que Sa Sainteté accorda au noble Lord. Je ne prétends pas importuner davantage votre Seigneurie avec cette affaire ; je ne puis que vous offrir toutes les explications que vous pouvez désirer, avec la parfaite confiance que je parviendrai à réfuter complètement l'interprétatioo

Googk

malveillante qu'on donne au dernier acte du Saint-Siège,, en cherchant à y surprendre des intentions politiques et des sentiments hostiles.

« Pour ce qui me concerne, j'ajouterai que je suis investi d'une autorité purement ecclésiastique, que je n'ai aucune délégation séculière ou temporelle quelconque ; que mes devoirs seront ce qu'ils ont toujoursété, de moraliser les âmes confiées à ma charge, surtout la multitude de nos pauvres, et d'entretenir ces sentiments de bienveillance et de bonne intelligence entre les catholiques et leurs compatriotes, sentiments que j'oseme flatter d'avoir quelque peu contribué à améliorer. J'espère que le temps monti'era, dans tout son jour, une vérité que l'esprit de parti peut cacher momentanément, à savoir qu'il résultera de grands avantages sociaux, et publics, d'une mesure qui fait sortir les catholiques del'état irrégulier et nécessairement provisoire où ils étaient placés sous le rapport spirituel, et qui leur accorde le bienfait de la forme ordinaire et naturelle à leur Église, qui a déjà été appliquée avec succès dans presque toutes les colonies de l'empire britannique.

« Que votre Seigneurie me pardonne de fatiguer son attention par de si longs détails, j'y ai été encouragé par la bonté et l'obligeance parfaites que m'ont toujours témoignées tous les membres du gouvernement de Sa Majesté, auxquels j'ai eu l'occasion de m'adresser, et que m'a témoignées votre Seigneurie en particulier. Je termine, enfin, en vous exprimant le sincère désir que ces relations amicales ne soient pas interrompues.

« J'ai l'honneur d'être, de votre Seigneurie, le très obéissant serviteur,

« N. card. Wiseman. »

Le cardinal partit de Vienne pour Cologne où il arriva le 7 novembre*. Son séjour y fut de courte durée; mais il y passa quelques instants avec le cardinal Geissel, archevêque de Cologne. Un journal de cette ville, le Deutsche Volkshalle rendit compte en ces termes de cette visite :

« Son Éminence le cardinal archevêque Wiseman, malgré son désir d'arriver à Londres au plus tôt, ne voulut pas quitter Cologne sans visiter les deux plus beaux ornements de la ville, notre archevêque et la cathédrale. Cet illustre prince de TÉglise d'Angleterre, si éminent par sa science, si versé en particulier dans la langue et la littérature allemandes, se rendit, de bonne heure, de «on hôtel à notre princière cathédrale qu'il n'avait pas visitée depuis plusieurs années. Ce qui l'intéressa le plus vivement fut le progrès de la construction, et en particulier l'avancement des voûtes, dus à la sage prévoyance de notre premier pasteur. Sans son zèle, jamais il ne nous aurait été donné de vivre assez pour contempler ce spectacle de vingt-cinq mille catholiques de Cologne • assemblés dans une église pour entendre la parole de Dieu tombant des lèvres des saints missionnaires. L'illustre visiteur anglais écouta avec beaucoup d'intérêt un sermon dans lequel le P. Klinkowstrœm développa la nature des luttes de la vie chrétienne. Après le sermon. Son Éminence retourna à son hôtel, fit ses préparatifs de départ, et vers dix heures se présenta chez Son Éminence l'archevêque Geissel. Cette entrevue fut un acte de mutuelle félicitation pour la haute dignité, en

1. Nous possédons le Journal où ces événements sont notés jour par jour, jusqu'au moment où le cardinal Wiseman prit connaissance de l'article du Times, A partir de là il cesse brusquement.

GooqIc

vert\i de laquelle ces deux archevêques du Nord, déjà auits personnels, se trouvaient fraternellement appelés, désormais, à soutenir de leurs conseils la Chaire apostolique dans la Cité éternelle. Jusqu'au départ du train pour Aix, à onze heures, les deux illustres prélats s'entretinrent, nous pauvons le supposer, des grandsintérêts de l'Église, avec des échanges de vues sur Rome et Vienne d'où venait notre hôte éminent, et sur Londres où il retournait. Nous croyons savoir que les nouvelles de Rome sont aussi satisfaisantes que les espérances conçues pour l'Angleterre. Le Saint-Père est en bonne santé, bien que ses nombreuses préoccupations aient laissé des traces sur sa physionomie. Ses cheveux sont devenus tout gris, mais son cœur est toujours saintement animé de joie et de confiance. Sa Sainteté voit dans le progrès constant de la vie catholique dans tous les pays, mais particulièrement dans le Nord, un signe manifeste d'un regain de vitalité dans les Églises ^ »

La première halte du cardinal fut Bruges où l'attendaient des lettres d'Angleterre. Mais leur importance ne ressortira bien que lorsque nous aurons raconté les événements qui s'étaient accomplis dans ce pays.

Page 1