‹ Le cardinal WisemanChapitre 87 sur 106 · irf., vol. 85, p · texte numérisé non relu

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lettre du premier ministre, on parle des actes du Pape comme d'actes réels et devant être suivis d'effets légaux. Le Pape, y est-il dit, s'est attribué un droit; il a partagé !e pays; il a nommé des évêques et des archevêques. Si conformément au serment prêté par les Anglais qui ne sont pas catholiques, le Pape, non seulement ne doit pas avoir, mais n'a pas réellement de pouvoir ou de juridiction spirituelle et ecclésiastique dans ces royaumes, il s'ensuit que, selon eux, les actes ecclésiastiques du Pape relativement à l'Angleterre sont nuls et comme non avenus. C'est comme si le Pape n'avait rien dit et n'avait publié aucune bulle. En agissant autrement, on reconnaît la validité d'un acte de juridiction émanant de son autorité.

« L'explication donnée par Lord Russell du serment protestant me confirme dans ces idées. « Les serments « que l'on prête aujourd'hui, dit-il, ne sont pas altérés, « Nous continuerons de jurer que le Pape n'a pas, etc.. « et pourtant il est indubitable, en même temps, qu'il <i exerce, de fait, une autorité spirituelle dans ces « royaumes. J'ai toujours interprété ce serment de cetto « façon que, dans l'esprit des personnes qui le pronon- « cent, le Pape n'a ou ne doit avoir aucune juridictiot» « que la loi appuie de son autorité, »

« On me répondra que le document du Pape ne trace aucune limitation de juridiction, aucune restriction indiquant qu'elle s'exerce à l'égard des seuls catholiques; d'où Lord John Russell et d'autres concluent qu'il y a dans ce bref des prétentions à la suprématie sur le royaume d'Angleterre et à une autorité absolue et indivise. — Tout document officiel a ses formes particulières, et si ceux qui blâment la teneur de celui-ci avaient pris la peine

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l'agression papale 581

d'examiner la forme des documents émanés du Saint- Siège, ils n'auraient trouvé, dans cet acte, rien de nouveau ni d'inusité. Soit que le Pape nomme un vicaire apostolique ou un évéque, il leur assigne, à Tun comme à Tautre, une juridiction ecclésiastique territoriale et ne leur assigne aucune détermination de personnes. Telle est la manière d'agir de toute Église qui croit en sa propre vérité. »

Wiseman rappelle les précédents et fait observer que» dans les colonies anglaises, il a été pris des mesures analogues et qu'à Malte et à Jérusalem les anglicans ont fait précisément ce que vient de faire le Pape pour l'Angleterre, à savoir établi des évêchés en dehors du domaine temporel de la reine. Comment dès lors justifier les épithètes d' « insolente et d'insidieuse », appliquées par Lord John Russell à une mesure dont le calque exact a été proposé et accepté ailleurs par le gouvernement ^ ?

1. « Il était de notoriété publique que non seulement la hiérarchie catholique avait été reconnue en Irlande et même honorée par la .couronne ; mais que cette même forme de gouvernement ecclésiastique s'était graduellement étendue sur la plus grande partie de nos colonies. L'Australie fut la première qui obtint cet avantage, par l'érection du siège archiépiscopal de Sydney avec des suffragants à Mayland, à Hobart-Town, à Adélaïde, à Perth, à Melbourne et à Port- Victoria. Ces sièges furent fondés, au vu et su «le tout le monde, et personne n'éleva jamais la moindre réclamation. Les prélats de ces sièges, dans tous leurs documents, prennent leurs titres respectifs ; ils sont reconnus et salariés par l'État comme archevêques ou évoques ; et cela a été fait, non pa» ' par un seul gouvernement, mais par tous ceux qui se sont succédés.

« Nos possessions de l'Amérique du Nord furent ensuite l'objet de la même faveur, Kingston, Toronto, Bytown, Halifax, ont été érigés en diocèses par le Saint-Siège. Ces titres sont reconnus par les gouvernements locaux. Dans une loi, sanctionnée par l'excellente Majesté de la Reine, avec l'avis et le consentement de

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V Appel s'adressait moins à une élite d'hommes instruits qu*à une masse populaire ayant ses sympathies et ses préjugés. Ce peuple, dans la pensée de Wiseman^ s'était laissé égarer surtout par les fausses interprétations que les gens éclairés lui avaient données de la signification de l'acte pontifical. On avait traité de

l'assemblée législative du Canada (12* Vict., chap. 136), le très Révérend J.-E. Guignes est appelé évêque catholique romain de Bytown, et son évêché est inscrit sous le titre de Corporation ^piscopale catholique romaine de Bytown.

« Dans une loi adoptée le 21 mars 1849 (12* Vict., chap. 31), le très Révérend D' Walsh est appelé évêque catholique romain du ■diocèse d'Halifax, Nouvelle-Ecosse, et dans l'acte, il est appelé « le Révérend évêque catholique dudit diocèse ».

« En 1842, on conseilla à Sa Majesté d'ériger un évêché de Jéni- •salem, dont l'érection eut lieu en conséquence (5* Vict, chap. 6). On assigna au nouvel évêque un diocèse dans lequel étaient •Compris les trois grands patriarcats d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie, réunis en un seul siège, ayant juridiction épiscopale -sur la Syrie, l'Egypte et l'Abyssinie, pouvant recevoir des délimitations et des altérations ultérieures, conformément à la volonté royale. 11 ne viendra dans l'esprit de personne que, pour agir tiinsi, on ait demandé le consentement du roi d'Abyssinie, dans les États duquel il n'y a pas une seule congrégation protestante. M. Boywer montre aussi que l'évêque Alexandre ne fut pas envoyé uniquement pour les sujets anglais, mais pour d'autres qui ne "doivent aucune allégeance à la couronne d'Angleterre.

« Supposez que Sa Majesté abyssinienne ou l'émir Béchir eussent déclaré que c'était là un empiétement incompatible avec les droits des évêques et du clergé, aussi bien qu'avec l'indépendance spirituelle de la nation, l'Angleterre aurait-elle écouté une pareille réclamation ?

« Par le même statut, on nomma un évêque de Gibraltar. Son siège était sur le territoire anglais, mais sa juridiction s'étendait -sur Malte (où il y avait un archevêque catholique formellement reconnu par notre gouvernement comme évêque de Malte) et sur 3'ltalie. C'est en cette qualité que le D' Tomlinson officia à Rome, ■et fit, je crois, porter devant lui une croix, emblème de la juridiction archiépiscopale, comme pour ignorer, dans son diocèse même, l'évoque reconnu de Rome. 11 confirma et prêcha dans <ette ville, sans la permission de l'évêque légitime, et cependant

tentative d'usurpation, de la part des prélats catholiques, «ur la puissance et la situation dévolues par la loi à l'Église anglicane, une mesure qui ne concernait en réalité qu'une infime minorité de catholiques anglais sans influence, sans ressources, composée en très grande partie de très pauvres Irlandais. Wiseman ne pouvait oublier ni l'injustice d'une telle imputation, ni le fait qu'elle était due en grande partie à la violence de langage des évêques anglicans eux-mêmes. Aussi s'attache-t-il, dans le dernier paragraphe de V Appela à faire ressortir le contraste entre le droit de propriété «ur Westminster auquel on l'accusait de prétendre et les •devoirs que sa charge lui imposait en réalité ; entre ses prétendues revendications des richesses et de la puissance dont Tantique abbaye évoquait Tidée et l'acceptation par lui de la charge spirituelle des Irlandais catholiques, habitants pauvres et délaissés de ce quartier !

« Le chapitre de Westminster a été le premier à protester contre le nouveau titre archiépiscopal, comme si, •en le prenant, on avait voulu s'attribuer une juridiction «ur l'abbaye.

« Je vais tâcher de dissiper toute crainte à cet égard.

a Le diocèse de Westminster embrasse un vaste district; mais Westminster proprement dit se divise en deux

les journaux ne dirent rien de ces faits et on ne les dénonça pas en chaire. Mais en réalité, le statut en vertu duquel tout cela eut lieu «st d'une telle latitude quMl confère à l'archevêque de Cantorbéry ^u d'York le pouvoir de consacrer, non seulement des sujets britanniques, mais des citoyens de tout autre État, comme évêques d'un pays quelconque. On ne demanda point, pour agir ainsi, le consentement des divers gouvernements, et ces évêques furent envoyés, non seulen^ent aux sujets britanniques, mais à toutes les autres communautés protestantes qui désirèrent se placer sous leur autorité. » (Wiseman, Appel au peuple anglais,)

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parties très différentes. L'une comprend la magnifique abbaye, avec ses palais adjacents et ses parcs royaux. Les devoirs et les travaux du doyen et du chapitre se renferment presque exclusivement dans cette partie ; ils continueront à y circuler sans être inquiétés. J'irai revoir peut-être la vieille et vénérable église, comme j'ai eu l'habitude de le faire ; mais le doyen et le chapitre ne savent peut-être pas que, si je réclamais un autre droit que celui de fouler le pavé catholique de ce noble édifice et d'en respirer l'air autrefois consacré, il y a un prétendant qui pourrait me disputer la priorité. Durant la suite des générations successives, l'Ordre de .Saint-Benoît a toujours eu un abbé de Westminster, qui était, par sa dignité religieuse, le représentant de ceux qui bâtirent, qui embellirent, qui gouvernèrent cette église et son couvent. Ont-ils jamais été inquiétés par ce titulaire ? Ils n'ont à craindre aujourd'hui aucune agression plus sérieuse. Comme lui, je pourrai visiter, ainsi que je l'ai dit, la vieille abbaye ; je dirai mes prières à l'autel du bon saint Edouard ; je méditerai sur les anciens temps où l'église était pleine de fidèles, sans qu'il y eût de couronnement, et où la foule y venait sans cesse adorer, même quand il n'y avait pas de service divin.

« Mais les dignitaires anglicans de l'abbaye n'auront rien à souffrir dans leurs droits temporels ni dans la tranquille possession de leurs titres et de leurs dignités. Toutes les fois que j'entrerai dans le temple, je paierai mon obole, comme tout sujet ; je m'abandonnerai docilement à la direction du bedeau, et je l'écouterai, sans impatience ni rebuffade, signaler à mon admiration des monuments détestables, et me montrer un trou dans le mur, en le faisant passer pour un confessionnal.

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« Mais ce splendide bâtiment, ses trésors artistiques et ses riches revenus ne sont pas la partie de Westminster ([ui doit m'occuper. La partie qui m'intéresse forme un effrayant contraste avec toute cette magnificence qu'elle touche cependant de très près. Anciennement l'existence d'une abbaye avec un nombreux clergé et des rentes considérables suffisait, dans une localité, pour créer tout à l'entour, un petit paradis de bien-être, de contentement, de bonheur. Mais aujourd'hui, il n'en est point ainsi. Autour de l'abbaye de Westminster s'étendent des labyrinthes de ruelles, de cours, d'allées, de bouges, hideux repaires de l'ignorance, du vice, de la dépravation et du crime, en même temps que de la malpropreté, de la misère noire et de la maladie. L'atmosphère de ces lieux est le typhus; leur ventilation est le choléra. Une population presque innombrable, qui est en grande partie catholique*(de nom du moins), y fourmille; ce sont des cloaques d'immondices qu'aucun comité d'assainissement ne peut purifier ; de ténébreuses cavernes qu'aucune compagnie d'éclairage ne peut illuminer. Voilà la seule partie de Westminster que je convoite, que je serai heureux de réclamer, de visiter comme un pâturage béni, où je garderai les brebis de la sainte Eglise ; car c'est là que l'évêque doit remplir son devoir sacré de consoler, de convertir et de préserver du mal. Et si, comme je Tespère humblement, avec la grâce de Dieu, la culture spéciale résultant de l'établissement de notre hiérarchie donne des fruits d'ordre et de tranquillité, de décence, de religion et de vertu, il se peut qu'on n'accuse plus le Saint-Siège d'avoir agi peu sagement, en rattachant l'âme et le salut du premier pasteur à l'âme et au salut d*une cité dont le nom sans doute est

glorieux, mais dont les entours sont infâmes; où la magnificence des édifices publics n'est, en quelque sorte, -qu'un manteau servant à dérober aux yeux les péchés •et les misères sans nombre dont elle est pleine. Si les richesses deTabbaye restent inactives et ne se répandent pas; si on ne les emploie pas à tirer la population environnante de Tabîmeoù elle est plongée, qu'on ne poHe pas envie à Fhomme, quel qu'il soit, qui, sous un nom •quelconque, n'ambitionne que cette dernière part, sans rien prétendre à celle des avantages temporels.

« Avant de terminer, il faut que je dise un mot du TÔle que le clergé anglican a joué dans le récent tumulte. Les catholiques ont été leurs principaux antagonistes théologiques, mais nous avons conduit la discussion avec modération et avec tous les égards personnels possibles. Nous n'avons pas eu recours aux moyens vulgaires pour les avilir; jamais même, quand la voix du peuple s'élevait contre eux, nous n'en avons pris avantage pour faire chorus avec la multitude. Ce ne sont pas les nôtres qui réclament tous les ans la restitution des sinécures et des revenus épiscopaux ; ce ne sont pas nos troupeaux qui fondent des associations -contre l'union de l'Église et de l'État; ce n'est pas notre presse qui publie les caricatures contre les dignitaires de l'Église officielle et qui ridiculise les passe-temps •des clergymen. Nous avons toujours regardé la cause •de la vérité et de la foi comme une cause sacrée et nous ne l'avons défendue que par des moyens honorables et religieux. Nous avons évité le tumulte des assemblées publiques. Mais, malgré cela, dès qu'une occasion s'est offerte d'exciter contre nous toutes les colères du peuple, les ministres de l'Église établie

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Toiit saisie avec empressement. Les chaires et les meetings, les églises et les hôtels de ville sont devenus indistinctement les théâtres de leurs exploits ; ils ont prononcé des discours, proféré des mensonges, répété des calomnies; ils- ont lancé des mots brûlants, de mépris, de colère, de haine, remplis de sentiments impies, indignes d'ecclésiastiques et de chrétiens, contre des gens qui avaient été presque les seuls à les traiter avec respect. »

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RÉSOLUTIONS PRISES PENDANT LES ExerciceS de NOVEMBRE J837*

En présence de la divine et éternelle Majesté de Dieu et de sa cour céleste, de la très sainte Vierge Marie, ma douce Mère, de saint Ignace et de saint Louis de Gonzague, les patrons et protecteurs de mes exercices, des saints, mes avocats, de saint Jean, apôtre, de saint Nicolas et aussi de mon ange gardien; en face de Timage de Jésus crucifié, mon unique espérance^ après avoir, avec Taide de Dieu, médité et pesé, autant que me le permettra ma faiblesse de corps et d'âme, jna destinée qui est de servir et d*aimer Dieu seul, et, en le servant, de me sauver moi-même; après avoir contemplé l'exemple de mon divin Rédempteur, en ce jour, 24 novembre 1847, je me propose et je forme la ferme volonté, avec le secours de Dieu, d'observer les règles et résolutions suivantes :

Et d'abord :

Envers Dieu .

Mon seul bien et ma seule fin. Je prends la résolution de l'aimer et de le servir de tout mon cœur et de toute mon âme; donc, à partir de ce moment, je me consacre de nouveau à lui pour être son serviteur en toutes choses et pour toutes choses, afin de procurer autant que je le pourrai sa gloire et son honneur par la parole et par les œuvres, spécialement dans mon ministère. Je renouvelle ma résolution déjà prise, et, par sa miséricorde, fidèlement gardée jusqu'à ce jour, d'éviter dans mes études et mes écrits tout ce qui ne tendrait pas directement ou indirectement au bien des âmes, et d'avoir toujours cet objet en vue dans mon travail.

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