‹ Le cardinal WisemanChapitre 88 sur 106 · L'original est en italien. V. eh. viii, p · texte numérisé non relu

L'original est en italien. V. eh. viii, p

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Je prends, de plus, la résolution de tout faire pour son amour, pour sa plus grande gloire, en union avec les actions de Jésus-Christ et en conformité avec sa sainte volonté. Et si, pour un motif quelconque, de maladie ou d'autre chose, je venais à oublier le matin d'offrir et de consacrer mes actions à ces saintes intentions, j'eùtends que la présente résolution y supplée chaque fois. Et si ma faiblesse ou l'ennemi des âmes me suggérait d'autres motifs ou troublait mon esprit en me les présentant, je prends dès maintenant la résolution de les repousser, de les détester et de protester contre eux.

Je m'efforcerai de renouveler cette intention de temps en temps, pendant le jour, en dirigeant vers Dieu mon cœur et mon esprit. Pour en arriver à quelque pratique plus particulière, je prends la résolution d'être très lidèle à ma méditation chaque matin, et pour cela je me lèverai, comme j'ai l'habitude de le faire, assez tôt avant l'heure désignée, pour pouvoir réciter auparavant mon office du jour et n'être pas tenté de le réciter pendant le temps de la méditation.

Ayant appris par mon expérience que la difficulté que j'éprouve à méditer provient surtout de l'aridité des sujets proposés, je suivrai une méthode plus conforme à celle des exercices, que j'ai trouvée plus apte à procurer de la nourriture à mon âme.

Je dirai dévotement la sainte messe tous les jours ; je visiterai deux fois par jour le saint Sacrement dans la chapelle de la maison et, quand je le pourrai, aussi dans quelque église pendant ma promenade.

Deux fois par jour, je ferai un examen particulier et un examen général de ma conscience.

Je n'ajouterai aucune prière vocale à celles que j'ai l'habitude de réciter tous les jours, dans la crainte, fondée sur l'expérience, d'en venir parfois à les négliger. Je m'appliquerai plutôt à réciter ces dernières avec plus de ferveur et de régularité.

Une fois par mois, je relirai ces résolutions, à genoux devant le Crucifix, et je m'examinerai sévèrement sur ma fidélité à les observer pendant le mois écoulé; je les signerai de nouveau, j'y ajouterai la date, et noterai la façon dont je les aurai observées, en désignant en particulier les plus

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importantes omissions et tout symptôme de négligence^ Enfin, je proteste devant Dieu que je désire éviter, noa seulement tout péché mortel, avec plus d'attention que je ne voudrais éviter Tenfer, mais encore tout péché véniel, meproposant toujours pour règle la vie de Jésus-Christ, mon bon Seigneur, et pour motif et encouragement l'amour qu'il m'a témoigné sur la Croix.

Envers le prochain

Fit d'abord envers les saints. Je m'efforcerai de tout mom pouvoir de pénétrer leur esprit, de les imiter et d'éprouver une grande dévotion pour eux.

Mais j'aurai pour la Mère de Dieu plus de respect, plus d'amour, plus de tendresse que je ne lui en ai jamais témoigné dans le passé. Sous sa garde et sa protection, je place ces^ résolutions, et je la considère comme y prenant part, non seulement comme un témoin, mais surtout comme un intercesseur capable de m'obtenir de son divin Fils la grâce nécessaire pour y être fidèle.

Envers mes supérieurs ecclésiastiques, je me comporterai avec le plus profond respect et la plus grande déférence, leur obéissant avec une docilité parfaite pour l'amour de Dieu.

Envers les étudiants, je me montrerai autant qu'il sera en moi, en même temps leur frère et leur père, les aimant tous tendrement et également, m'efforçant de les diriger dans les voies de la vertu par la douceur et l'affection plutôt que par la sévérité.

Je me considérerai aussi, ainsi queje le suis en réalité, comme inférieur à tous en vertu et en piété ; je rechercherai et ferai naître les occasions de leur rendre service de toutes manières,, toujours sauf les droits de mon autorité et de ma charge. Je m'efforcerai d'être toujours le premier dans l'observance des devoirs de chaque jour et de marcher devant eux dans la pratique de toutes les vertus.

Envers les serviteurs, je serai bon et charitable en leur donnant mes ordres, ou plutôt en leur demandant leurs services ; je prendrai d'eux tout le soin possible autant pour le bien de leurs âmes que pour celui de leurs corps.

A l'égard des gens du monde je serai poli et discret, évi-

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tant toute amitié inutile et de nature à m'écarter de mes devoirs.

Et comme j'ai constaté que je me laissais aller facilement, dans mes entretiens avec le prochain, à des conversations peu charitables, je me tiendrai fermement sur mes gardes et, quand il me viendra à Tesprit de dire quelque chose contre la réputation de quelqu'un, je dirai, au contraire, quelque chose à son avantage. Et si, par faiblesse, je m'aperçois que j'ai failli sur ce point, je prends la résolution d'appliquer l'intention de la sainte Messe, le lendemain, à la personne à qui j'aurais ainsi causé quelque dommage.

Envers les pauvres, je ferai tout ce que je pourrai pour les aider, et en particulier je rechercherai toutes les occasions de les servir et de les assister personnellement, soit dans les hôpitaux, soit d'autre façon.

Envers moi-même

Toujours humilier l'orgueil, surtout lorsqu'il s'élève sous la forme du bien accompli et qu'il me tente par la pensée que je fais quelque chose pour la cause de Dieu.

Réprimer la vaine gloire, surtout quand elle se fait jour dans la pratique des bonnes œuvres et l'exercice de mon ministère M'efforcer non seulement de supporter, mais d'aimer '6 3 humiliations et de m'en réjouir.

En outre, mon soin principal sera de veiller sur mes sens et de mortifier ma chair.

Pour ce qui est des sens, je veillerai sévèrement sur mes regards pour ne pas les laisser dominer par des impressions vives et, en même temps, je surveillerai mon imagination, de peur qu'elle ne conduise mes sens à une curiosité inutile, fût-elle même innocente.

Quant à la mortification, si chaque jour il ne s'en est pas présenté naturellement quelqu'une, je m'en imposerai une moi-même en me privant de quelque satisfaction ou en affligeant ma chair. En plus, je prends la résolution de m'abstenir de toute nourriture en dehors des repas, sauf les circonstances où la politesse oblige à accepter quelque chose. Je m'abstiendrai également d'aller dans les cafés ou* autres Jieux de ce genre.

Pour ce qui est de mon avenir, je m'abandonne entière-

ment aux sages conseils de Dieu plein de miséricorde. Je ne désirerai ni ne rechercherai les honneurs, mais je désirerai vivre pour Dieu seul dans la condition qu'il m'a destinée, et mon seul but sera de faire sa très sainte volonté et de procurer sa gloire.

Pour conclure, je rends grâces à Dieu de ne pas ressentir, à la fin de cette sainte retraite, une ferveur sensible qui m'a déçu en d'autres circonstances, mais plutôt d'éprouver un profond sentiment de ma faiblesse et de mon néant, et un désir plus ferme et plus vif d'avancer pas à pas dans la conquête de mes passions et de mes inclinations, et de me donner entièrement à Lui.

DeuSj Deus meus, nihil sum, sed tuus sum,

N. WlSEMAN.

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NOT^ DU D' WISEMAN SUR SES MÉDITATIONS (voir p. 286.)

Il a plu à la divine bonté de m'accorder la plus riche et la plus heureuse méditation dont j'ai été favorisé pendant ces exercices, cette infinie bonté m'ayant préservé, de toute distraction durant l'heure entière, sans aucun mérite de ma part, et sauf peut-être une fois ou deux pour un instant, de sorte que j'ai pu parcourir chaque point complètement, et bien au-delà de ce que je méritais. Et en particulier cha-* cun des points de la contemplation se présenta devant mon esprit ou mon imagination d'une façon si vive que, bien que considéré seulement en esprit, il semblait passer devant moi comme dans une vision. Afin de pouvoir plus tard profiter de ces lumières qui me furent accordées, je noterai brièvement ici, suivant la recommandation de saint Ignace, les choses principales.

Dans ces méditations, j'ai éprouvé le grand avantage de se conformer littéralement aux instructions de saint Ignace : 1° se placer en la divine présence, en se tenant à un pas ou deux de la scène que l'on va méditer; 2° se représenter à l'esprit notre bienheureux Sauveur dans son humilité, et ainsi s'approcher de lui comme pour se prosterner à ses pieds avant de méditer ; 3<* après avoir trouvé une situation convenable, n'en plus changer. J'ai constaté que, agenouillé et les yeux fermés, dans une position à la fois commode et immobile, c'est ce qu'il y a de mieux pour moi. Je pense que c'est à l'observation de ces points et à la fidélité à. suivre littéralement l'ordre prescrit pour la méditation que je dois la grande consolation que j'ai éprouvée dans cette méditation et dans d'autres...

La méditation sur le prodigue... fut si troublée et si interompue (Dieu sait de quelle manière), qu'autant vaut dire

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qu'elle n'a pas été faite du tout. Mais de cette épreuve même, il a plu à la divine bonté de faire sortir pour moi paix et consolation.

Deuxième semaine

De regno Christi, Le bon Dieu a daigné me favoriser de ses consolations en me permettant de contempler, presque sans distraction, le sujet de la façon suivante :

Dans la préparation, je me suis représenté Notre-Seigneur debout devant moi, plein de mansuétude, tenant sa croix de la main droite, appuyant la gauche sur la colonne, et je me suis agenouillé avec respect devant lui.

Dans le premier prélude, je l'ai contemplé prêchant sur l'Eucharistie, dans une synagogue à Gapharnaiim, au moment où un homme s'étant présenté devant lui, la main desséchée, se trouva sur son ordre complètement guéri. Puis Jésus toucha les yeux d'un aveugle et ils s'ouvrirent à la lumière. Puis il sortit et une grande multitude se rassembla autour de lui; il opéra plusieurs guérisons, caressa des enfants, et comme il s'en allait, tous le suivirent.

' Dans le second prélude, je lui demandai que de même qu'étant aveugle et boiteux il m'avait guéri, que lépreux il m'avait purifié, il m'accordât aussi le privilège de le suivre comme cette foule partout où il irait.

Abordant alors la contemplation, je me représentai une vaste et noble salle, avec de riches vitraux en couleur; à une des extrémités, un trône élevé de plusieurs marches et sur ce trône un roi que j'imaginai être saint Louis; autour de lui, sur les marches du trône, ses grands officiers, ses ministres d'État, et tout près. Blanche, sa sainte mère. Au bas du trône, une foule de chevaliers en armes, des nobles richement vêtus et, derrière eux, une multitude de gens du peuple remplissant la salle. Alors le roi se levant, discourut suivant le texte de la contemplation, principalement sur le sépulcre de Jésus-Christ. Et comme il déclarait qu'il voulait ressembler dans son armure et dans ses vêtements au plus humble d'entre eux, il arracha son manteau et le jeta par terre, se montrant comme un simple homme d'armes, avecla croix ; il jeta de même son diadème et tirant son épée, il s'écria : « Qui de vous veut me suivre?» Tous alors

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s'écrièrent d'une seule voix : « Tous, tous ». Et les chevaliers tirant aussi leurs épées s'offrirent à raccompagner. Alors Tun d'entre eux s'avança et, s'agenouillant sur les marches du trône, il dit au roi : « Sire, il ne convient pas que vous renonciez ainsi au trône, à votre condition, au luxe, aux honneurs, et que nous conservions ces avantages. Pour moi je n'y saurais consentir et, si vous voulez combattre comme un pauvre soldat, j'en serai un, moi aussi; ainsi je dépose ma couronne de comte et je vous offre tout ce que je possède pour contribuer à soutenir votre cause, car je veux ressembler à mon Seigneur le Roi en toutes choses. » Et tous s'écrièrent à haute voix qu'ils voulaient faire de même et s'agenouillèrent pour rendre hommage. Alors le roi s'écria plein de joie : « Suivez-moi donc à la victoire, à la victoire. » Puis il descendit du trône et quittant la salle, suivi de toute la foule qui poussait des acclamations de joie, il sortit et les portes furent fermées.

Et il me sembla que je restais seul et que, assis sur les marches du trône, réfléchissant à cette étrange vision, je vis le Seigneur Jésus debout, dans l'attitude que lui prêtent les peintres après sa résurrection, vêtu d'une robe qui laissait voir la blessure de son côté sacré et celle de ses pieds et de ses mains adorables, tenant à la main, à ce qu'il me semblait, la bannière de la résurrection. Et je me prosternai devant lui ; mais il monta les degrés et s'assit sur le trône. De chaque côté se tenaient des anges, l'un portant la couronne d'épines, l'autre les quatre clous et d'autres les instruments de la Passion du Seigneur. Par côté et un peu plus bas, était sa bienheureuse Mère, vêtue d'un voile et d'une robe d'azur, accompagnée de ses suivantes auxquelles je fis peu attention. Et seul, j'étais à genoux, en face du trône. Alors Notre-Seigneur se levant, s'adressa à moi doucement et me dit: « Moi aussi, je vais entreprendre une guerre; mais je ne fais point appel aux multitudes ; je* m'adresse à chacun en particulier. Les ennemis que je vais combattre sont tes ennemis ; regarde-les : (et du geste, il m'indiqua la paroi à ma droite, sur laquelle je vis un tableau où passaient des figures représentant les principaux vices : ainsi l'intempérance ressemblait à Silène, l'envie et la haine à Caïn, l'orgueil à un homme hautain pareil à Lucifer, etcj

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Ces ennemis, il nous faut les combattre ensemble ; ta lance ne les transpercera et ne les tuera que si elle les frappe en même temps que la mienne. Mais vois comme tu dois être. Je me suis dépouillé pour me rendre semblable à toi, veux-tu m'imiter et me suivre? /> 11 me montra demême en dehors de Tenceinte de la salle l'hérésie, le schismeet rincrédulité comme d'horribles hydres, de décevants séducteurs, des ennemis dont il fallait également triompher. A cette aimable invitation, il me semble que je me levai vivement et que, debout devant le Seigneur, sans une parole, je pris dans la main de l'ange les clous qu'il tenait et que sans hésitation je les enfonçai aisément dans mes mains et . dans mes pieds, sans aucune douleur sensible; je pris ensuite de la main de l'autre ange la couronne d'épines et la plaçai sur ma tête. Puis les bras tendus vers lui pour lui exprimerma résolution de le suivre, je lui dis dans mon cœur : « Proi, sequor, >. Je le priai de m'apprendre à marcher avec de telles blessures et une lourde croix sur mes épaules. Et lui, avec une infinie douceur, descendit avec sa croix et sa couronne, et, comme s'il eût fléchi sous le faix, rampa presque sur ses genoux jusqu'au bout de la salle, et je le suivis d'aussi près et en l'imitant du mieux que je pouvais, tandis que lesanges de chaque côté nous faisaient escorte. Me retournant alors, je vis à la place du trône un autel, et sur cet autel un cnicifix et. un livre ouvert, avec les seules lettres A et Û, une sur chaque page. Ici mon imagination devint un moment confuse, mais je ne tardai pas à retrouver une lumineuse suite à la contemplation, car un trône s'élevait du côté del'Évangile, en face duquel se tenait la très sainte Mère de Dieu, tandis que Notre-Seigneur était assis sur le trône. Et moi je me prosternai jusqu'à terre, m'entretenant avec beaucoup de ferveur et d'amour avec lui, en m'offrant tout entier à lui pour être guidé et possédé par lui en touteschoses et pour toujours. « Bien plus , m'écriai-je, pour vaincre ces ennemis, il faut davantage encore, à l'intempérance, il faut opposer l'abstinence , dis-je en regardant letableau (et il me sembla saisir un morceau de pain et un verre d'eau) ; à la sensualité, la mortification (et je me vis^ entre les mains des instruments de pénitence), et ainsi du reste (je crois que j'en énumérai d'autres encore), et ces^

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Tertus je veux désormais les cultiver. Je ressentis alors une ^ande consolation, car il me sembla que la bonne et bieniieureuse Vierge s*avançant vers Tautel, du côté opposé à -celui où était son Fils, plaça la main sur Tautel et le livre, en élisant d'une voix distincte : « Je serai sa caution, car il est un de mes enfants, et bien que jusqu'à présent, il m'ait •causé bien de la peine et ait été bien infidèle au devoir, j'ai la confiance qu'il sera désormais plus fidèle à ses promesses. » Je me jetai alors à ses pieds que je baisai avec une -affectueuse reconnaissance, et je renouvelai mon offrande, aux pieds de son divin Fils.

Puis revenant à la première position que j'avais avant de commencer la contemplation, je m'imaginai aux pieds de I»îotre-Seigneur, tel que je me le représentais dans ma préparation et je fis mon colloque, avec une émotion et «ne gratitude profondes pour les consolations et les encouragements que m'avait apportés cette méditation, sans aucun mérite de ma part, ou plutôt malgré mon indignité; car, bien que tout se fût passé uniquement dans mon «sprit et mon imagination, cependant tout se déroula avec tme aisance si naturelle et si spontanée que cela ressemijlait à une succession de scènes préparées pour moi, et que l'impression laissée dans mon esprit fut telle que mon souvenir semble les revoir très nettes et très vives comme dans «n tableau ou une succession de tableaux. Dans aucune des parties de cette contemplation, je ne prévis ni ne m'inquiétai de ce qui allait suivre, et cependant la suite montra que chaque image s'était présentée dans l'ordre qui convenait pour ménager et préparer celle qui devait lui succéder.

Contemplation sur Vlncarnation de Notre-Seigneur

Dans cette méditation j'ai suivi exactement (peut-être pour pour la première fois) la méthode prescrite par saint Ignace, de considérer d'abord entièrement toutes les personnes, puis leurs paroles et enfin leurs actions. Et j'ai trouvé ce plan beaucoup plus facile, pratique et fructueux que tout ■autre.

Pour la préparation, je me suis représenté devant Notre- Seigneur à rinslant même de sa naissance et j'ai fait les préludes indiqués.

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Premier point. Les personnes. — Ma pensée a parcouru le inonde . A Rome je vis un philosophe dans un pauvre appartement, méditant sur la condition de Thomme et s'étonnant que lui qui était vertueux fût pauvre, tandis que son voisin querelleur, débauché, nageait dans la richesse, et concluant que la fortune et le destin gouvernaient le monde. Et je contemplais ce riche voisin se livrant aux jouissances et aux fêtes avec ses amis corrompus. Dans la maison voisine, je vis un général prêt à partiren guerre, ses pensées hautaines, son air martial, la foule de ses clients ambitieux et avares. Dans le Forum, un orateur égarait le peuple ; toute la ville était remplie de personnes appliquées aux affaires du monde; les temples étaient pleins d'adorateurs des idoles. Dans la Grèce, des savants discutaient et enseignaient une science orgueilleuse et suffisante ; et je vis représentée vivement à mon esprit un épisode de la guerre des Parlhes. Revenant en Palestine, je considérai tout ce pays rempli de prévarications, d'hypocrisie, de vaines espérances. Mais à Nazareth, mon regard s'arrêta sur la chaumière où s'abritait la sainte . Vierge, ne soupçonnant rien de sa grande destinée et de sa vertu, méditant dans le silence sur la rédemption attendue et fixant sa pensée sur ces paroles : « Voici qu'une vierge concevra, etc.», se demandant avec étonnément quelle serait cette bienheureuse créature, priant pour obtenir le bonheur de la contempler, et, si possible, de devenir sa servante. Mais tout en haut, je vis les trois personnes de la Sainte Trinité contempler avec compassion les scènes de la terre et méditant dans leur pensée éternelle sur les moyens de remédiera ces maux terribles.

Deuxième point. Les paroles, — Le silence est rompu par ces paroles éternelles : Ecce Venio. C'est la conclusion du Conseil divin, et Gabriel est invité à se rendre, ambassadeur céleste, à Nazareth et à porter à Marie l'important message. Combien sont étonnés les anges à cette nouvelle l Quels hosannas retentissent dans les cieux à ce nouveau prodige de la bonté divine ! Écoutons la salutation de Gabriel et les réponses de la Vierge bénie. Quelles leçons ressortent pour nous de tout <ïela ! Du ciel, nous apprenons que le seul sentiment que doit nous inspirer avant tout autre la vue du monde... avec sa corruption, son impiété, son incrédulité, est un sentiment de

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pitié. Et combien plus abominables et horribles durent paraître aux regards de la très Sainte Trinité qu'à nos. propres regards les vices et les erreurs de la terre ! Et pourtant, ils n'excitèrent en elle que des sentiments de tendre compassion. En second lieu, ce sentiment n*amena-t-il pas la Trinité Sainte à prendre les moyens actifs et efficaces de remédier complètement au mal. De même je ne dois pasm'asseoir et me lamenter sur la dépravation du monde, mais me mettre à Tœuvre et me dévouer à la tâche d'y remédier»

Les paroles de Gabriel m'enseignent, outre un grand respect pour la Mère de Dieu, la manière de la saluer dignement. Marie elle-même m'apprend d'abord une grande humilité et elle m'enseigne que la retraite est le meilleur moyen d'attirer d'en haut la bénédiction de Dieu, et en conséquence que,, lorsque Dieu nous appelle à quelque chose au-dessus de nos forces, l'humilité ne doit pas nous faire refuser 1» Quomodo fiet istud ? 2^ Ecce ancilla Domini, fiât mihi, etc.

Troisième point. Les actions, — Dans le ciel, merveilleuse opération de la divinité. Spiritus sanctus superveniet in te; virtus altissimi obumbrabittibi. Le Verbe uni à l'humanité, etc» Sur la terre, l'incarnation, etc.

Colloque: Gratitude. Amour. Imitation.

Sur la Nativité, application des sens

Ce fut le premier essai de cette importante méthode ; je l'ai trouvé très doux et très profitable, de sorte que je dus prolonger d'un quart d'heure la contemplation.

Préludes, comme dans les méditations précédentes.

La vue : demeuré dans une douce contemplation de la scène de la Nativité, en regardant tantôt une personne, tantôt une autre, en entrant autant que possible dans leurs sentiments.

L'ouïe : écouté en esprit la silencieuse prière et la conversation de l'Enfant avec son Père céleste; puis l'entretien de Marie et de Joseph, regardant leur Enfant; puis les exhortalions qu'il semblait m'adresser par ses vagissements, par son sourire, etc.

Vodorat : il m'a semblé respirer la douce odeur de la crèche, les lis de sa pureté, les roses de sa beauté, le baume de sa consolation et le délicieux parfum des esprits célestes

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<jui remplissaient la grotte. Considéré, au contraire, la corruption fétide du péché et comparé mon âme avec cette •étable. Prié que le Christ vînt en moi comme un parfum de -vie, que je puisse courir après lui, curremm in odorem unguentorum tuorum ». Je lui ai rappelé que les pécheurs eux-mêmes, comme Madeleine, peuvent ajouter de la dou- Kîeur à la vertu qui, sortant de son humanité sainte, guérit tout ce qui respire sa céleste atmosphère : en oignant ses pieds avec le nard du repentir, etc.

Le goût : essayé de goûter Tineffable <louceur de son Saint ^om, in ore meo, et celle de sa Sainte Mère.

Le toucher: L'enfant divin seftiblait en souriant diriger ma main avec la sienne pour me faire toucher la paille de -son berceau et sentir combien elle était rude et dure sous lui. Puis il me fit toucher les langes grossiers dont il était •enveloppé, me tendant sa petite main, comme pour me reprocher aimablement, en les touchant, les vêtements que Je portais. Il m'a semblé le comprendre, j'ai répondu affectueusement à son appel et lui ai promis de moins rechercher le confort, mes commodités, mes aises. Puis l'ayant pris dans mes bras, je me suis abandonné aux doux embrassements <ie mon Sauveur enfant, et, dans un colloque d'amour, aussi tendrement que le pouvait mon pauvre cœur, je lui ai exprimé mes sentiments d'amour et mon désir de souffrir ^îomme lui et avec lui.

Sur r agonie de notre Sauveur au jardin des Oliviers,

Le Dieu tout-puissant a été assez bon pour me redonner ici la plénitude de ses consolations et m'a rendu capable de faire cette méditation avec grand fruit.

Je me représentai Notre-Seigneur debout devant moi, tenant dans sa main son calice d'amertume. Je lui demandai de pouvoir entrer pleinement dans la considération de «es souffrances, d'y compatir et de voir comment sa divinité sacrée lui retira sa puissance et sa consolation et le laissa, pour ainsi dire, seulement Fils de l'Homme (ceci plus particulièrement dans le troisième prélude).

Pour la composition du lieu, j'imaginai une grotte dans le jardin et Notre-Seigneur accablé dans sa sueur de sang.

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60Sr LE CARDINAL WISEMAN

Premier point. Les personnes. — Comme l'aspect de notre cher Sauveur semble me dire maintenant : Ego sum vermis et non home ; il n'est plus debout, mais étendu de son long sur la terre ; il n'est plus maintenant honoré et vénérable, mais méprisable et foulé aux pieds ; il n'est plus, comme à la dernière cène, animé et généreux, mais tordu par l'angoisse sous la fange du péché imputé que j'ai commis ! Oh I quelles sont les causes de cet accablement ? Il me semblait voir devant lui une énorme montagne, amoncellement de choses et de personnes représentant tout ce qu'il y a de plus horrible dans la nature et dans l'histoire, emblème de tous les genres d'iniquités, et cette montagne pesait tout entière sur lui, l'écrasant sous son poids, jusqu'à ce que, peu à peu, elle fût comme absorbée par lui, incorporée en lui, au point de faire éclater son cœur. Cette montagne n'était formée que des péchés commis jusque-là, car une autre s'amoncelait plus terrible encore, composée des péchés à venir, et c'est alors qu'il adressa au ciel cette prière : Pater, si possibile est, transeat a me calix iste. Mais ne trouvant point cette forme de méditation fructueuse, car elle ne fixait mon esprit que sur des objets extérieurs et m'empêchait de contempler l'agonie intérieure de mon bien-aimé Seigneur, je m'en détournai et fixai ma pensée sur lui seul, prosterné devant le calice débordant de tout ce qui existe de plus amer et de plus répugnant. C'était un mélange de trois éléments : 1<» les péchés des hommes ; 2° les souffrances de la nuit présente et du jour suivant, que, dans ma pensée, il contemplait comme dans une tierce personne, frémissant de compassion ou de crainte en face d'un tel supplice ; et 3° l'abandon de son Père. Rien autour de lui que des objets de désolation. Il lève les yeux, mais d'épaisses ténèbres, un nuage épais, s'interposent entre le ciel et lui. « Où est donc, oh ! où est donc votre sourire encourageant, ô mon Père bien-aimé, qui jamais ne mefitdéfaut, chaque fois que je portais mon regard en haut? Oh ! abaissez votre regard sur moi, en celte heure de suprême détresse et désolation ; et si c'est possible, éloignez de moi ce calice. » Mais, ô doux Jésus, en cette heure vous n'avez plus de Père : il ne vous entend pas. Soyez béni pour cette restriction : si possibile est, car sans elle le nuage se serait dissipé, les joies du

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ciel VOUS auraient été rendues, et, moi, que serais-je devenu, si je n'eusse été racheté? Mais vos propres paroles ont scellé le ciel contre vous, car la restriction, sipossibileest, impliquait votre mort pour moi !

Je l'ai contemplé alors se levant et s'avançant. Dieu entendra peut-être encore ses apôtres et il va solliciter leurs prières.

Deuxième point. Les paroles, — Les paroles aux apôtres, comme elles sont douces, comme elles sont bonnes, presque timides I Et quand il ne reçoit point de réponse, avec quelle patience il s'en retourne essayer de nouveau la force de la prière ! Qu'elles sont ardentes, qu'elles sont simples, qu'elles sont persévérantes, ses paroles dans la prière ! Quelle leçons pour nous en tout ceci ! •

Et vomme la paresse et le manque d'intelligence des apôtres sont pour nous un avertissement, un reproche ! Mais, enfin, voici un consolateur : son agonie a atteint toute son intensité ; il s'est laissé aller la face contre terre ; quand une lueur de lumière lointaine perce l'obscurité et, porté sur un rayon solitaire de splendeur céleste, un ange apparaît ! Où donc sont vos frères, ô bienheureux esprit ? Où donc la multitude de ceux qui chantaient auprès de la crèche du Seigneur ? Où donc sont les anges qui vinrent le servir dans k désert? (Vous voyez que quelques heures l'ontplus affaibli et accablé que ses quarante jours de jeûne.) Où sont les douze légions que son Père peut envoyer à tout instant pour le protéger? « Oh! ils considèrent ce spectacle dans l'étonnement et la crainte, et je suis venu seul lui apporter un peu de consolation !» — « Et quelle est cette consolation ? Est-ce de dire à mon Seigneur que le caKce n'est pas aussi amer qu'il le paraît, ou de l'assurer que nous, pour l'amour de qui il le faut boire, nous l'aimerons comme nous le devons? » — «Oh non ! c'est de lui rappeler son amour pour l'homme et la nécessité d'accomplir votre rédemption. Or cet amour, son amour pour vous et non votre amour pour lui, est le seul encouragement, la seule consolation que je puisse lui offrir. » 0 esprit bienheureux! Quel est votre nom dans le ciel, afin que je puisse un jour, si j'ai le bonheur de le gagner, vous remercier de vous être fait mon médiateur auprès du cœur de Jésus et de lui avoir porté à l'heure de sa

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détresse ma part de consolation. Vous pouvez bien vous nommer Nathaniel, le consolateur de Dieu. Avec quel amour, quelle compassion, quel tendre respect, je vous vois relever votre Seigneur prosterné et essuyer dans une attitude de désolation, la sueur de sang qui coule de son front et mêler vos }armes aux siennes! Et le soutenant sur votre bras, comme une mère soutient son enfant qui défaille, vous approchez le calice de douleur de ses lèvres sacrées, et il en boit le plus amer de tout son cœur.

Troisième point. — Les Actions, — Ce cœur est redevenu luimême une fois de plus, palpitant généreusement, plein de grandes et nobles pensées, quand Jésus, retournant vers ses disciples endormis, les engage d'abord à se reposer et les pnvite ensuite à ses «prochaines fiançailles, par ces paroles : Surgite, eamus. Quels actes que ceux-là !

C'est d'abord un acte de résignation à la volonté de Dieu, îe plus parfait qui ait jamais été fait; un acte de soumission, d'humilité, d'offrande de soi-même dont jamais encore la terre n'avait été témoin.

C'est ensuite l'acte de charité, le plus pur et le plus sublime qui fût jamais accompli. Quand nous aimons notre prochain, ou quand nous cherchons à exciter en nous la charité pour les hommes, nous sommes obligés d'abstraire notre pensée de leurs défauts, surtout s'ils ont commis contre nous quelques graves offenses, et de ne voir en eux que des hommes et des créatures semblables à nous, etc. Jésus, lui, fît son acte d'amour en pleine et complète connaissance de leur malice et de leur indignité à son égard même. En second lieu, notre amour pour le prochain n'est qu'une simple déclaration, une simple parole ; le sien renfermait l'acceptation d'effroyables souffrances. Troisièmement, notre amour est vague et général; le sien est individuel et personnel, s'adressant à chaque homme en particulier. Quatrièmement, notre amour partage la petite mesure de notre affection entre tous ; le sien est complet pour chacun comme s'il n'existait que pour lui seul, et comme si pour lui seul il donnait sa vie.

Dans le colloque, contemplé mon Sauveur m'offrant une part de son calice. Oh ! oui. Seigneur bien-aimé, je boirai ce même calice avec vous. Vos lèvres sacrées ont distillé sur ses bords un miel qui adoucirait l'absinthe elle-même.

Calicem salutarls accipiam. Chagrins, inquiétudes, doutes, désolations, ténèbres, angoisses de Tesprit, soyez les bienvenus en compagnie de mon Seigneur, avec Jésus, mon Sauveur. Et quand viendra Theure de mon agonie, oh! Jésus, approchez vous-même lecalice de mes lèvres, et faitesmoi tout souffrir pour vous et avec vous.

Pour conclure, récité le Notre Père, en l'appliquant comme il suit à la prière de Notre-Seigneur à laquelle il semble tout particulièrement s'adapter.

Pater noster qui, etc. Pater mi,

Sanctificetur, etc. Si possibile est, c'est-à-dire,

Adveniat regnum, etc. avant tout, procurer la gloire

de Dieu et le salut des hommes, et ainsi.

Et ne nos inducas, etc. Transeat a me calix iste.

Sed libéra nos a malo.

Fiat voluntas tua, etc. Verumtamen non meavoluntaHy

sed tua fiât.

Panem nostrum quotidia- Calicem quem dédit mihi Pater^ nVim, etc. " non bibam illum?

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LECTURE DV D"" WISEMAN, SUR LES CÉRÉMONIES DE LA SEMAINE SAINTE. Ghap. XII, p. 386

Le caractère dominant de la poésie dans ces offices est d'être dramatique dans le plus noble sens du mot. Mais avant de le démontrer par des exemples, j'ai à présenter quelques observations préliminaires. On croira peut-être que j'ai manqué de prudence dans le choix du terme que je viens d'employer et qui risque de donner quelque apparence de raison à l'accusation si légèrement portée contre le culte catholique d'être tout en décor, tout extérieur ou théâtral. Or, quand bien même ce que je vais dire devrait m'attiçer ces sarcasmes si populaires, je ne le retirerais pas, parce que je ne pense pas que la pauvreté des termes qu'on ressent dans toutes les langues, puisse jamais servir de base à un argument ; car si la pompe et la magnificeuce qui prijnitivement environnaient tout ce qui était royal et noble, ont été dans les temps modernes, chez nous, reléguées au théâtre et en ont reçu une dénomination méprisante, personne n'en voudrait conclure que l'Église, qui les a conservées, doive pour cela les abandonner. Oui, il me semble qu'il trahirait une absence complète de bon sens, celui qui décrierait comme théâtral ce qui existait avant les théâtres. La pompe du culte lévitique était certes grande et imposante et mériterait ce nom ignominieux aussi bien que le nôtre. Et cependant c'est Dieu qui l'a ordonné, et c'est un bien pauvre langage que celui qui ne peut lui donner un meilleur nom que celui-là.

Mais quand je parle de la forme dramatique de nos cérémonies, je ne fais nullement allusion à leur pompe extérieure et je n'ai choisi cette épithèle que pour la raison donnée ci-dessus que la pauvreté de notre langue ne m'en

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fournit pas de plus appropriée. La poésie dramatique, c'est là son objet et sa puissance, consiste à n'être pas seulement descriptive, mais représentative, et cela non seulement quand elle est mise en action, mais encore quand elle ne s'exprime que par des paroles. Son caractère est de ramener l'imagination et l'âme à la contemplation des choses dont d'autres ont été réellement témoins et d'exciter en nous, par leurs paroles, les impressions qu'eux-mêmes ont dû ressentir naturellement dans la circonstance. Les poètes inspirés de l'ancienne loi, les prophètes, veux-je dire, sont pleins de cette poésie élevée et puissante. Il ne peut rien y avoir de plus dramatique, ainsi que Louth l'a observé, que le début du Lxxiii® chapitre d'isaïe^, où le Messie et un chœur sont représentés échangeant entre eux un colloque splendide : u Quel est donc celui, demande le chœur, qui vient d'Édom, avec ses vêtements teints dans la pourpre de Bosra? » Et le Messie répond : « Je suis celui qui parle de la justice, et je viens pour défendre et pour sauver. » Et le chœur demande encore : « Pourquoi donc votre robe est-elle rouge, et pourquoi vos vêtements sont-ils comme les habits de ceux qui foulent dans la cuve ? » Et le Messie : « J'ai été seul à fouler au pressoir. » Voilà le dramatique dans le sens le plus noble du mot, et on le retrouve dans plusieurs autres passages du même prophète sublime. Les psaumes sont souvent composés de la même manière, comme j'ai eu l'occasion précédemment de le faire remarquer; mais le cantique de Salomon et le livre de Job sont des exemples de compositions dramatiques d'un ordre plus relevé encore, où les scènes succèdent aux scènes, où la beauté, où la majesté croissante du dialogue se manifeste de façon à défier toute concurrence avec les plus belles pages de la poésie profane. La liturgie de l'Église est dans tout son ensemble éminemment poétique. U n'est aucune partie de son office qui ne renferme quelque hymne, souvent d'une remarquable beauté, et il serait facile de signaler même dans beaucoup de ses prières, de ses litanies et de ses antiennes, une contexture poétique. Mais la puissance dramatique, telle que je l'ai décrite, se développe dans tout le culte dune façon très marquée, et il

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