Cf. Janssen, L. Graf^ von Stolberg, vol. I, p
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d*indignation des peuples catholiques pour les infortunes du Pape et les indignes traitements dont on Taccable, et Tadmiration du monde entier pour son héroïque courage à les supporter, ramènent l'espérance au cœur des catholiques eux-mêmes; le Pape et les cardinaux, naguère rincarnation devant le monde de la corruption et de la faiblesse, deviennent des objets d'admiration et de respect. « Quel spectacle grandiose, s'écrie Jean Von Mûller, que celui de Pie VI se décidant avec une fermeté, une sombre énergie dont bien peu l'eussent cru capable, à demeurer auprès du tombeau des Apôtres et de l'Église Mère de la chrétienté pour y subir sa destinée ' ! » — « Quelle étrange chose, disait Azeglio^, quelques années plus tard, que des profondeurs de l'ignoble mélange de corruption et d'intrigue dont se composait la cour de Rome on ait pu voir sortir d'aussi nobles et d'aussi fortes natures ! » Lorsque ses persécuteurs entraînèrent Pie VI en France au foyer même de la Révolution, le pontife, à la vue des dévouements que lui attiraient ses malheurs, s'écria : « Je n'ai pas trouvé autant de foi en Israël. » Le Pape mourut, mais la Papauté entra dans une nouvelle période de vie. « Avant même que les rites des funérailles de Pie VI eussent été accomplis, écrit un historien anglais, une grande réaction avait commencé. » Moins de deux ans après la mort du pontife, les railleuses prédictions de Gœthe commencèrent à recevoir une série de démentis, se succédant d'années en années, par la conversion d'illustres savants allemands qui, l'un
1. Cf. Alzog, Histoire de VÈglise, vol. III, 305, édition de 1849.
2. Ce passage des lettres d'Azeglio exprime aussi son admiration pour Pie Vil et le cardinal Pacca.
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après l'autre, se rapprochèrent de l'Église. Plusieurs étaient les amis intimes de Goethe lui-même. Le comte Léopold de Stolberg ouvrit la marche en 1801; Frédéric Schlegel le suivit en 1805, et trente ans ne s'étaient pas écoulés que près de cinquante à soixante des plus belles intelligences de l'Allemagne avaient imité leur exemple.
Ces signes précurseurs du grand mouvement qui devait suivre empêchèrent Tespérance de mourir dans les cœurs des catholiques de Rome. Mais la longue lutte de Pie Vil contre Napoléon et les continuelles persécutions contre TÉglise retardèrent pendant des années cette consolante évolution. La période critique du mal était passée pour FÉglise catholique romaine ; seulement on gardait toujours la crainte que le conquérant de TEurope ne détruisît par la violence une vie convalescente, mais faible encore.
Lorsque le jeune Wiseman arriva à Rome, ces craintes étaient dissipées; le pontife était revenu en triomphe dans la ville éternelle. Le cauchemar d'une invasion napoléonienne était à jamais évanoui, et partout se manifestait un sentiment de soulagement physique après des années d'un état violent de malaise et d'anxiété. Canova, un de ceux qui portèrent en triomphe sur leurs épaules Pie VII à son retour à Rome, vivait encore dans la cité des Papes. Overbeck, Cornélius, Brandis, l'historien de la philosophie grecque, l'artiste Platner, étaient encore là. Niebuhr et Bunsen habitaient Rome, apprenant à respecter le caractère et à admirer les grandes pensées et le génie de leurs voisins catholique s, dont ils devinrent les amis ^ . L'impression demeurait que le protestantisme ne