‹ Le carnaval des marisChapitre 28 sur 45 · ACTE II, SCÈNE VÏII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VÏII

de scandale, entendons-nous... nous n'avons pas d'argent.

BLAIREAU. Nous avons oublié notre bourse, voilà.

LE MARCHAND DE BILLETS. Eh bien... {Touchant la chaîne de montre de Fouinard.) Et c'te chaîne-là?

FOUINARD. Ma chaîne !

LE MARCHAND DE COMESTIBLES, tOUChant CeU'3

de Blaireau. Et celle-ci ?..

LE MARCHAND DE BILLETS. Il doit y avoir des montres après... et, si elles sont en or...

FOUINARD. Je crois bien!., une bréguet superbe...

BLAIREAU. Huit trous en rubis...

LE MARCHAND DE BILLETS. Eh bien !.. coufieznous-Ies... en garantie... demain on vous les rendra...

BLAIREAU. Sapristi!., donner ma montre.

FOUINARD. C'est lrès-ennuyeu.\!..

BLAIREAU. Enfin!., pour éviter une scène.

LES MARCHANDS. Allous, voyons, Mcssieursl..

BLAIREAU, au marchand de comestibles, XWons, rentrons chez vous, je vais arranger ça, (Ils rentrent.)

LE MARCHAND DE BILLETS; « Fuuinard. Dounczmoi votre adresse.

FOUINARD. Mon adresse ! ah! non, bigre! j'aime mieux prendre la vôtre... où demeurez-vous?..

LE MARCHAND DE BILLETS. Chausséo de Cliguancourt... la dernière maison... avant d'arriver aux carrières.

FOUINARD, à part. Quelle trotte!..

LE MARCHAND DE BILLETS. Chez le marchand de vin, vous demanderez, Fanfan dit l'Amour.

FOUINARD. El à quelle heure serais-je sûr de vous trouver ?..

LE MARCHAND DE BILLETS. De trols à ciuq hcures du matin !

FOuiNAiiD. Du matin!., ah!,, mais...

LE MARCHAND DE BILLETS, s'éluiguant. Billets de bal... billets d'Opéra !..

FOUINARD, appe/ajii. Dites donc, hé!., l'homme!.. {Revena7it.) J'ai peur que ma montre ne soit bien aventurée.

BLAIREAU, chargé de comestibles. Victoire! voici les provisions!.. Et de plus, le marchand m'a prêté vingt francs pour les dépenses imprévues.

FOUINARD, avec humeur. Avec tout ça nos montres sont en otages.

BLAIREAU. Bah! tu voulais changer la tienne... Eh bien !.. la voilà changée... contre une loge!..

FOUINARD. Au fait, tu as raison !.. C'est aujourd'huimardi-gras, amusons-nous sans regarder à la dépense.

BLAIREAU. Eh! oui!., demain c'est le carême!., demain nous ferons des économies.

FOUINARD. Demain nous ferons maigre.

BLAIREAU. Et nos femmes aussi!..

FOUINARD

Air : Amis, i^oici la riante semaine.

Pour une nuit, tous deux, brisons nos chaînes, Poui' une nuit, garçons comme autrefois, Rappelons-nous le temps de nos fiedaines, De nos amours, de nos joyeux exploits!

A. ce souper rendons-nous d'un pas leste !..

BLAIREAU

Qu'il nous promet, ami, d'heureux moments!..

KOUINAUn.

Bon jeu... bon vin,., gais minois.

BLAIREAU

Et le reste !..

Je crois, mon cher, h mes pressentiments... Oui, j'ai ce soir d'heureux pressentiments ! FOUINARD. Allons!

BLAIREAU. Enirons!

ENSEMBLE

Air des Porclicrons.

Sans penser a demain , Courons a ce festin !

Lïi-haut le plaisir nous attend.

Courons îi ce souper charmant!

(Ils frappent et entrent dans la maison, pendant ce temps Scipion arrive par le fond, à gauche, amenant Sylvestre.)

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