‹ Le carnaval des marisChapitre 32 sur 45 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FIFINE, GORENFLOT, à une table, à droite, et soupant, DES Maso^'ES, à d'autres tables, buvant et mangeant, un Garçon.

CHŒUR

Air : Larifla.

Viv' le njardi-gras !

A ce gai repas, Prenons nos ébats!

Puis ensemble au bal, Pour dernier régal, Galop général !

TOUS, criant. Garçon!.- eh! garçon!

LE GARÇON, accouraut. Voilà, ilpssieurs, voilà! Qju'est-ce qu'il faut vous servir?

UN PAILLASSE, à uuc table de gauche. Une fiole de champ...!

LE GARÇON. Bien, Monsieur.

UN DÉBARDEUR, idem. Et des cigares.

LE GARÇON. Bien, .Madame.

AUTRES MASQUES, paraissant au fond, et criflnt. Garçon!., i^n cabinet!

LE GARÇON. Un Cabinet? voilà!.. (Criant.) .Ouvrez le dix-neuf! (Il sort et revient un moment après avec le Champagne et les cigares.)

GORENFLOT. AUous, mam'selle Fifine, tendez votre gobelet. {Il verse.)

FIFINE, retirant son verre. Eh ! doucement donc, monsieur Gorenflot... comme vous y allez! Je ne suis pas le tonneau ^'Adélaïde.

GORENFLOT. Bah! quand vous vous donneriez une petite pointe, une nuit de nidrdi-gras, c'est pas défendu.

FIFINE, se levant. Non, non... je veux garder des jambes pour danser le galop.

GORENFLOT, Venant à elle. Avouez que vous n'êtes pas fâchée d'avoir accepté mon brasP

FIFINE. Ah ! le fait est que vous vous êtes joliment comporté!

GORENFLOT. Ma foi, oui !.. j'ai jeté mon bonnet par-dessus l'Obélisque.,. Le bal de l'Ambigu, fi donc! c'est trop populacier... je me suis fendu de deux billets d'Opéra.

FIFINE. Et d'un souper à la Maison-d'Or.

GORENFLOT. Avcc des truffes et de l'homard.

FIFINE. Ni plus ni moins qu'un agent de rechange.

GORENFLOT. Et allez donc!., plus que ça de noce échevelée.

FIFINE. Ah! Dieu, ce bal de l'Opéra!., c'est ça qu'est gai et amusant I J'ai-t'y sauté.

GORENFLOT. Et mol donc!.. un vrai cabri.

FJFiNE. Et poiké! et intrigué!.. Vous savez bien ce monsieur qui m'a payé du suc de pommes?

GORENFLOT. Oui, uu grand sec... pas bea^.

FIFINE. Dans votre genre.

GORENFLOT. Méchante!

FIFINE. C'est un ancien bourgeois à moi... un pharmacien de la rue des Fourreurs... Je lui i^^ fait croire que j'étais une dusèche polonaise.

GORENFLOT. Ah! ah! en v'ià une soignée?,. Eh bien ! c'est comme moi, avec c'te grosse Alsacienne, que j'ai fait valser... je me suis donné pour un prince suisse.

FIFINE, riant. Un prince suisse! Ahî ah ! farr ceur de père Gorenflot l

GORENFLOT. Tieus ! faut bien rire un peu!

FIFINE. Faut bien s'amuser I

GORENFLOT. Comme dit la chansop.(C/ianfan^) N'y a pas d' mal à ça,

Colinette, N'y a pas d' mal k ça.

{Retournant à la table de droite.) A votre santé, jolie Cauchoise!

FIFINE, trinquant. A la vôtre, bel Arlequin! (Ils boivent. Pendant ces derniers mots, Achille, jeune homme à moustaches, au chapeau campé sur l'oreille, a paru au fond avec Dubourg. Ils regardent et lorgnent de tous côtés comme des gens qui cherchent quelqu'un.)

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