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LA RECONNAISSANCE DU CORNET A PISTON

Evidemment, pour me remercier de mon jugement favorable, le joueur de cornet avait voulu me faire cadeau de son instrument, et, après me l'avoir poussé sous le bras, il s'était enfui, modestement. Brave garçon ! Demain, par le chasseur de Thôtel, je lui ferai remettre le cornet. Je m'assis dans le jardin désert de la brasserie, le cuivre posé sur la table. Comme je vidais un troisième bock, il se mit à sonner. C'est le cornet à piston que je veux dire. Et il sonna une marche triomphale. En mon honneur, évidemment. Des remerciements encore. Mais je fus bien obligé d'être surpris. Des lyres peuvent chanter toutes seules, quand le vent les traverse... je n'avais jamais ouï parler de cornets à piston, éoliens ! Et celui-ci, pour me fêter, disait les airs qui me sont le plus délicieux ; il savait tous les thèmes dont les musiciens parèrent la médiocrité des vers que je fis. J'étais debout, les cheveux droits ! flatté sans doute, mais épouvanté. Tout à coup, un couac. Ce fut la fin du prodige.

Sur la table, il n'y avait plus de cornet à piston.

140 LE CARNAVAL FLUURI

Jamais encore, de peur qu'on ne me raillât, je n'avais raconté cette histoire. Du moins, des bouches soufflèrent dans les trompettes de Jéricho I

Histoire du bon Loup et de la Justice de Dieu

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