‹ Le carnaval fleuriChapitre 17 sur 41 · HISTOIRE DU BON LOUP ET DE LA JUSTICE DE DIEU · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU BON LOUP ET DE LA JUSTICE DE DIEU

prairie que baigne un grand fleuve? va dans

cette prairie et mange la brebis qui broute rherbe..

— Merci, Dieu !

— Bon appétit, loup.

Tropp ! tropp ! tropp ! le loup, le loup galope. Le voilà dans la prairie. Il voit la brebis.

— Bonjour, brebis, dit-il, récitez vite vos prières. Je viens pour vous manger, avec la permission de Dieu.

— Me manger? Qui donc êtes- vous ?

— Je suis le loup qui est à jeun.

— Vous ressemblez plutôt à un chien. Mais, ioup ou chien, auriez-vous le cœur de me dévo- Ter quand j'ai de petits agnelets qui me fêtent encore et qui ne manqueraient pas de mourir si le lait de ma' mamelle venait à leur manquer ? Voyez comme il sont gracieux et comme ils sautent légèrement avec de petits bée ! bée ! par-dessus les fleurettes.

Le loup se sentit attendri.

Il s'en retourna chez Dieu.

— Eternel tsar du ciel et de tous les mondes, dit-il, je n'ai pas fait mon repas de la brebis à cause de ses petits^ qui jouaient dans

rherbe. Je vais crever sur l'heure, si vous ne me donnez à manger.

Dieu répondit :

— Tu as eu raison de ne point nuire à la brebis, mère des agneaux, qui ne fit jamais de mal à personne. Tu vois d'ici, tout près de Téglise, le pâturage où. paissent les deux taureaux blancs du pope ? va de ce côté. Ne touche pas aux bêtes blanches, car les taureaux tirent la charrue par qui les pauvres gens ont du pain quelquefois. Mais entre dans l'église. Tu y trouveras le pope. Il est très gras. Tu peux le manger. 11 a bien mérité^ qu'il lui arrive malheur, depuis le temps qu'il ment et blasphème, et qu'il prend la bouillie dans la bouche des mendiants pour s'en enfler la panse.

— Merci, Dieu !

— Bon appétit, loup.

Tropp ! tropp ! tropp ! Le loup, le loup galope. 11 traverse le pâturage. 11 ne touche pas aux taureaux. Il entre dans l'église et il voit le pope, ^— Je vous salue, pope, dit-il, récitez vite vos prières. Je viens pour vous manger, avec la permission de Dieu»

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