‹ Le CartésianismeChapitre 13 sur 46 · I.Vl LA HÉKORMATION · texte numérisé non relu

I.Vl LA HÉKORMATION

chargea, selon son [jenclianl et son génie, de développer un côté du niaîlre. De là naquirent les systèmes opposés, les recherches de tout génie, les discussions et les déhals. qui rendent si valiée, si insiructive et si animée. Ihistoire du cailésianisme.

La première tendance de Descartes, la seule qui conduisît h la vérité, a été suivie par Bossuet el Leibnitz, du moins quand ce dernier ne se laisse pas eiîl rainer à de sysléniatiques illusions; Spinosa et Malebranche se sont précipités dans la seconde, où s'égara aussi trop souvent Leibnilz; on rencontre dans la troisième Arnauldel Régis; enfin, Locke a marché dans la quatrième. Tous se ratlachent visiblement à. Descailes, et leurs discordes iiahissent les incerliUides de sa pensée.

L'auieur a joint Malebianche et Spinosa : ainsi le veul Tintlexible rigueur des idées, Malebranche frémit à la pensée du i)anthéisiue, e( il ne parle de Spinosa qu'avec une espèce d horreur. Mais il ne suffit pas, en métaphysique, de détester une erreur de toute la force de sa volonté, il faut encore la repousser par la raison el j»ai'les principes; il faut surtout ne pas défendre tout ce qui l'établit. Malebranche, qui abolii toute activité dans les créa-turcs; Malebranche, qui fait la raison impersonïK'lle à Ihonmie, auquel il ne laisse (juune ombre de volonié. aveuglp o\ dp j»lus impuissante: Maie-

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hranche enfin, qui est oplimisle, respire le panihéisme tonl entier; et ses principes l'associenl, quoi qu'il dise, à ce Spinosa qu'il abhorre. • Les philosophes qui s'égarèrent dans les trois dernières tendances, pourraient s'appeler cartésiens impaifaits ou faux; car ils conqjromellaient la révolution philosophique opérée par Descartes, en abandonnant celte tendtnce supérieure, où résidait, en définitive, le secret de sa force et de son influence. Mais où trouver un cartésien que l'on puisse dire parlait, au même sens que Platon parmi les sociiitiques, et qui suive complètement la pensée du fondateur en ce qu'elle avait de grand et de vrai? Le mâle génie de Bossuet, nourri du platonisme de saint Augustin, ne prit généralement de Descartes que les [)lus pures doctrines, et s'y tint fermement attaché. Mais si Bossuet proclame les grands princijtes de la théorie des idées, s'il en porte la lumière dans la théologie, il ne leur donne pas assez de développement pour exercer une action décisive, et s'élever au «ang de chef d'école en philosophie.

Leibnitz semblait né pour ce rôle de cartésien parfait. Il est par excellence le défenseur des idées, et s'il combat Malebrauche. <jui ne les place qu'en Dieu, il se garde bien de les concentrer dans l'homme seul, ( ommc font Uégis et Arnauld, et il ne réfute pas avec moins de succès le sensualisme

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