‹ Le CartésianismeChapitre 14 sur 46 · I.Vlll LA KKFOU.MATION · texte numérisé non relu

I.Vlll LA KKFOU.MATION

do Locke. Il abaisse loiiles ces conceptions ëlroiles (levant la vérité qui est universelle. Que lui a-t-il donc manqué pour conduire h sa perfection la philosophie nouvelle, et devenir le Platon du cartésianisme? Il lui a manqué de se montrer fidèle il lui-même, et de rester dans la première tendance de Descai'les. M. Bordas-Demoulin a bien vu qu'il y a deux hommes dans Leibnitz : Ihomme de la théorie des idées, le critique sans égal, qui foudroie avec l'aulorité du génie les ei'reurs de Descartes et de ses disciples, et à coté, un Leibnilz systématique, qui relève ces mêmes erreurs, et les met en vogue par ses monades, son harmonie préétablie et son optimisme. C'est h la seconde tendance de Descartes que se raliache Leibnilz syslémalique, et quand on va au fond des choses, on est tout surpris de lencontrer en lui, à cet égard, un simple conlinuateur de- Maîebranche. Ce point d'histoire, si curieux et si [)eu remarqué, ne saurait laisser aucun doute, après les preuves décisives qu'apporte M. Bordas-Demoulin. Maîebranche, il est vrai, retire toule force aux créatuies, landis (pie Leibnilz, même dans ses fausses et brillantes hypollièses, ne voit parlout que vie et activité. Mais pour avoir réduit les subslancesh la force, sans aucun mélange de quantité, il n'a (|u une activité \aine, insaisissal)le. Aussi ne peut-il concevoir que les substances agissent réellement les unes sur

I>E LA PIIILOSOPlIlli:. I.IX

les aiilies. et quand il arrive aux explicaiions de détail, il abandoiuieles forces, et ne parle, connue Malebrauche et les autres cartésiens, que de nombres, de calcul et de mécanique. Comme s'il n'existait que des idées de grandeur, il rêve la cbimère d'une algèbre universelle, qui constituerait pour toutes les connaissances liumaines une sorte darl dinlaiHibilité, et il croit en trouves' le germe dans les subtilités du syllogisme, où se rabaisse la majesté de son génie.

On l'ail profession aujonrd'bui d'admiier beaucoup Leibnilz; mais que vante t on chez ce grand hounne? n'est-ce pas trop souvent ce qu'il faudrait condamner et comi)atlre? Certes, la véritable pbi losophie le revenrliquera toujours comme nne de ses plus nobles lumières. Mais l'erreur aussi peut sabriter sous ce nom illustre, et rien ne serait plus dangereux que de l'aduiirer sans discernement et de le suivre sans réserve.

Que si Leibnitz lui-même n'est pas un guide toujours sur, que dirons-nous des autres cartésiens? Il faut leuoncer à cherche!' paruii eux l'auteurd'une [)hilosoplne à la fois complète et irrépréhensible. Mais ce (iue n'a su l'aire aucun d'eux en particuliei', tous enseiid)le l'ont fait d'une certaine manière. Quoique chacun ait de's erreurs graves, (juand on les rapproche et qu'on les oppose fun ;i l'autre, ils se rodressent e! se corrigent mutuel-

Page 1