‹ Le CartésianismeChapitre 15 sur 46 · I.X I.A liKFOHMA J ION · texte numérisé non relu

I.X I.A liKFOHMA J ION

lenieiil. Malchraiiche serl à rcMiihi' Arnaiild cl Kégis, el ceux-ci à leiii' tour, niellent en évidence le côté faible de son système. Bossiiel ef Kénelon sélèvenl contre les faux principes légués par Malehianclie à Leihnitz. Ce dernier, dans son rôle de ciitique, se rend redoulable h toutes les erreurs. Locke, au milieu de ses faiblesses, montre pailôis un bon sens supérieur, el aperçoit ce qui avait échappé h des yeux plus perçants. Il n'est pas jusqu'à Bayle, qui, sans doctrine déterminée, ne fournisse d'utiles aiguntents conti-e les opinions extrêmes. Rarement la vérité trahie lesle sans vengeur. De cette comparaison perpéluelle, instituée sur chaque point entre les diflérenles écoles cartésiennes, el vivifiée par une ci'ilique supérieure, on voit sortir un cartésianisme couq)Iel, grand, sans lâche, qui napparlienl ii personne, parce qu'il appartient à tous, aux disciples comme au maîtie, et ([ui restera l'inHUortelle conquête de l'esprit humain.

La théorie des idées met dans une évidence invincible l'existence de l'àuie, celle de Dieu, ainsi que l'union de lame avec Dieu; elle seule aussi peut établir solidement l'existence des corps. La preuve qu'elle eri fouiiiit est indii'ecle: elle n'a [»oinl la rigueur el la certitude absolues quon ren- «ontre d;ins les preuves de Dieu <l de Tàme, mais lell«^ (pTclIc esl. elle se soutient conlri^ tous les ef-

I)K l.A PIJIIOSOPIIIK. LXl

loris (Ir r idéalisme, cl ceux «jui ont voulu aller au Jelii, el placer les corps sur la même ligne (jue l'ame et Dieu, ont tout renversé, comme on le voil dans le cartésianisme [)ar d'éclatants exemples. Âpi'ès. ces grandes (juestions, il reste à examine)celle de l'union de l'àuie avec le corps.

Dans les substances, la force e: l'étendue, quoique distinctes, sont toujours unies ensemble et n'existent point 1" une sans l'aulrc. Chaque particule de la matière bi'ute a ses forces, ses propriétés physiques et chimiques, qui n'existent point hors d'elle, et qui sont nécessaires à sa propre existence. I.e règne végétal possède de nouvelles propriétés, les unes généiales, les autres particulières h certains tissus ou poi'tions de tissus, mais toutes également inhérentes à la matièie organique. Chaque molécule du végétal est imprégnée de vie, et la vie ne saurait résider ailleurs que dans l'ensemble des molécules, dont les propriétés diverses, par leur jeu régulier, constituent l'unité des fonctions propres à la plante. Il faut concevoir la même chose de l'animal; en lui la matière nest pas seulement vivante , elle est sensible. Mais cette vie supérieure est également insé[)al'able des molécules du corps vivant; elle est l'ensendile harmonitjue de leurs diverses pro- |)ri('tés. Se rej)résenler le principe de vie comme Mil être il part, el la uiasse corporelle conune un

t I.XIl L\ KKIOK.M VTION

aiiîre èlrc, insUuiiieiil du premier, et ii'ayaiil (raclioii que par lui, c'est tomber dans un faux vilalisme, qui, au lieu dune substance léelie, ne nous donne (jue deux fantômes de substances. Le vrai vitalisiue reconnaît des propriëlés particulières aux èlres oi'ganiques, et diUérenles pour les animaux et pour les végélaux; mais chez l'animal comme chez le végétal, il les conçoit fondues, dans lunilé de substance, avec les parties de retendue. La sensation, l'imagination et la mémoire sensibles, les mouvements spontanés d'expression, de locomotion, etc., voilà les fonctions qu'accomplit, au moins dans les animaux supérieurs, la jnatiëre vivante. Quand on sait quelle profonde diiïérence existe enlje toutes ces fonctions et la pensée; quand on sait que la pensée exige nécessairement une étendue propre et d'un oi'dre plus élevé, qui la constitue substance à part et substance complète, on n'est plus exposé h confondi'e tous ces phénomènes de la vie animale avec les opérations spirituelles, ni embarrassé pour concevoir que les premiers peuvent résulter de propriétés inhérentes à la matière physique, et que, si merveilleux qu'ils soient, ils n'élèvent point l'animal h la dignité d'être intelligent et moral (1).

(1) ObliiJîé (In nous rcnfcrnior ici dans des gtinéralités puromciU pliilosopliiquos, nous sentons bien (jm-, (ont en consacrniii un [irincipc incon-

un LA PIIILOSOPIUK. LXIll

l.espril a sa vie el sa quanlité propres ; aux actes qu'il accoiiiplil en verlii de sa iiadire, il ne peiil pas joindre d'auhes 0[)éi'alions, non-seulement diirérenles, mais opposées. Il a des idées, il pense, aime el veut librement; donc ce n'est

testable, ces passages ne contienneiU pas toute la vérité sur les choses qui y sont exprimées, et (piMls ne caractérisent pas suffisamment la nature des organismes vivants, celle de l'animal, par exemple.

Nous avons en ce moment sous les yeux un travail original sur cette matière. On y reconnaît l'heureuse influence de la théorie des idées, et principalement de celle de la substance, et une nouvelle preuve delà fécondité de ces théories, a quelque objet qu'on les applicpie.

Nous devons la connaissance de cet essai remarquable à une communication bienveillante de M. le docteur Pidoux, auteur, en collaboration avec M. le professeur Trousseau, d'un traité de Thérnpeuliciue bien connu du public médical.

Convaincu par expérience des déceptions qu'un esprit difficile à satisfaire trouve au fond de toutes les doctrines viialistes qui iiarlent de la passivité de la matière, et sont par conséquent dans la nécessité d'admettre des principes de vie indépendants de l'oiganisme, M. Pidoux a su s'élever à l'idée de l'activité dé la matière, et en faire sortir un vitalisme aussi éloigné de la scolastique immobile de l'école de Montpellier, que du scepticisme matérialiste de l'école de Paris. Les tendances opposées de ces doux écoles rivales y sont conciliées sans éclectisme, et par la force d'un principe supérieur.

Telle est Pinipression que nous a laissée la lecture du travail de M. Pidoux. L'auteur a bien voulu nous permettre d'en détarlier quel- (pies phrases, qui suffiront du moins à donner une idée générale de ses principes de physiologie. Nous les offrons ici à la méditation du lecteur.

« Dans ini bloc de marbre, connaître une molécule, c'est connaître tout le bloc. Il n'en est pas ainsi dans les corps organisés. Là, il est certaines parties qui jouissent de jiropriétés diirctrices et en quehpic sorle anindqucs, d'où le mol animal.

n Ces pallies ont chacune une foiTc, une vie sj>é<iale, cl forment conKii;;

Page 1