‹ Le CartésianismeChapitre 16 sur 46 · I.XIV LA UÉFOKMATIO · texte numérisé non relu

I.XIV LA UÉFOKMATIO

pas à lui qu'il faul rapporter les seiisalioiis, afTe( lives ou reprësentalives, les images, les déleiminalious aveugles et irrésistibles, quoique spontanées. Dans riionime aussi, les fonctions animales ap- {»arliennenl à la matière vivante, et non pas au

autant de centres liés et subordonnés entre eux, ainsi qu'à nn centre unique qui caractérise telle ou telle es))èce zoologique, parce qu"il renferme, d'une manière éininente ou représentative, tous les autres centres tie vie qui, sous son influence souveraine, président à l'action des divers appareils de l'animal. Cela est vrai du sy.sti'Uie nerveux ganglionnaire comme du système nerveux encéplialifjue. »

(Ici, l'auteur expose les lois de la dépendance et de lindépendance réciproques de ces différents centres.)

(( Les organes dont ces centres servent à diriger et à coordonner l'action, sont vivants dans toutes leurs parties et jusqu'à l'infini.»

(Au développement de cette proposition se ratlaclie une réfutation du chimisme qui aujourd'hui menace de nouveau l'indéi^endance et l'esprit de la physiologie et de la médecine.)

« Les actes de ces pariicides vivantes constituent les fonctions végétatives de l'animal, c'est-à-dire la génération, la nutrition et la sécrétion, trois fonctions dont la loi est la même et qui peuvent être réduites à la première seule.

« Mais ces actes ne se produisent que par le concours des contres de vie dont nous venons de parler; centres, je le répète, qui contiennent, d'une manière éniinente on représentative, la jinissance et les pro|iriiMés (pii résident dans les particules.

«On conçoit que, sans cette dernière condition , ils ne pourraient présider aux fonctions dont il s'agit, puisque réduits dès lors au rôle purement physique que leur accorde l'école, ils seraient incaj)al)les do fournir aux appai'eils organi(|ues autre chose que des excitations générales, comme le font les modificateurs externes, tels que le calori()ue, la lumière, l'électricité, etc

«1 Knlre les fonctions végétatives el 1rs fonctions nerveuses, existe une influence mutuelle et un ronimerce élroil dont la lui onferme le secret tie la physiolo-iie animale

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principe pensant. Les allril3ue-l-on à celui-ci, avec les animistes? il ne reste plus aucune différence entre la vie physique et la vie spirituelle, et l'on est emporté à tous les excès du matérialisme. L'homme résulte de l'union de deux substances

n Dans le système nerveux, les fonctions végétatives sont la condition (lu développement des fonctions animales, mais elles ne paraissent pas eu être le principe. Les fonctions animales présentent un ordre de phénomènes supérieur et tout nouveau, qui semble annoncer l'existence d'une substance nouvelle, dont le degré de perfection et de vie égale l'excessive ténuité et qui, pour cette raison, a reçu autrefois le nom û'esprits animaux. La plupart des physiologistes l'appellent encore aujourd'hui /Zuide nerveux, électro-vilal, etc.

« C'est dans la substance nerveuse que se développe le plus haut degré de vie ou de force départie aux créatures dans l'ordre physique. Là, au minimum de quantité ou d'étendue, se joint le maximum de vie ou de force; là, mieux que partout ailleurs, il faut venir prendre une idée de l'activité de la matière, car c'est là qu'elle se déploie avec une puissance, une harmonie et une spontane'ite' si merveilleuses, qu'elle produit sur les esprits peu exercés à la métaphysique l'illusion d'une substance douée d'intelligence et de volonté.

« J'ai parlé de spontanéité vitale. Ce mot ne signifie rien, s'il ne signifie capacité de tirer de soi toutes ses manifestations et de ne recevoir du dehors que certaines conditions d'existence rt d'action, ou certaines excitations à agir.

«Or, de même que la spontanéité spirituelle suppose l'innéité des idées générales et des sentiments primitifs dans l'âme, de même la spontanéité de notre organisme implique l'innéité des propriétés sensibles, dont les objets extérieurs ne font que provoquer la manifestation, mais qu'ils ne produisent jamais dans les appareils centraux de notre économie xivantc. Rien, eu cfTct, ne ])asse de ces objets dans l'organisme, et il n'est pas nécessaire de réfuter ici la doctrine des espèces sensibles professée par l'anliquité."^

«Ainsi, les objets extérieurs ne produisent pas plus nos impressions et nos sensations que celles-ci ne produisent nos idées ot nos sontiiueius ;

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réelles, dont chacune pouirail cxislei seule. Le corps a ses appétits, ses besoins et sa loi; il reçoit et conserve les impressions de tous les autres corps, et devient pour l'esprit le miroir de la nature entière. Supérieur au corps, l'esprit, par

et comme ces idées et ces sentiments ne s(yu qu'éveillés, actuellement perçus et appliqués à un objet particulier, sous l'influence excitatrice des impressions et des sensations organiques, celles-ci, de même, ne sont qu'excitées, actuellement senties et appliquées à un objet particulier, sous l'influence excitatrice des choses physiques.

«On voit reparaître ici cette idée, aussi ancienne que la philosophie, de l'animal considéré comme le miroir de l'univers, cette doctrine imprescriptible du microcosme, dégagée enfin des erreurs de l'atomisme ou du panthéisme, par lesquelles elle avait toujours été plus ou moins faussée, et qui se trouve par là même d'accord avec le spiritualisme le plus exact.

« Le physiologiste est désormais affranchi delà théorie étroite et inféconde de l'irritabilité dans laquelle le système nerveux est assimilé à un réservoir de fluide impétueux qui ne peut qu'aller et venir comme une force brute, imprimer des impulsions purement mécaniques, assujettir parla même la physiologie à la physique et lui interdire tout progrès réel indépendamment de celle-ci.

«En effet, si on refuse de reconnaître à l'organisme la spontanéité que je lui accorde, on est obligé de lui tout communiquer du dehors. Or, pour cela, force est bien de lui imposer les lois des choses qui agissent sur lui, et, par suite, de ne voir dans ses phénomènes qu'une continuation de ceux qui sont propres aux corps dont il reçoit tout et doit, dans cette hypothèse, tout recevoir en effet. »

La théorie développée dans le travail de M. Pidoux est la seule qui nous paraisse donner de la mémoire, de l'imagination et de son influence, du somnambulisme, de l'intermittence des phénomènes vitaux, de la période de latence des maladies, etc., une explication satisfaisante.

Ce que nous regrettons surtout de no pouvoir citer, c'est, indépendamment d'une tiiéorip de la génération, la critique des écoles médicales d'Allemagne, de Paris et de Montpellier, et 1rs raisons de leurs erreurs respectives.

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une syiiipalhie naturelle pour lui, qui iiesl mauvaise que parce qu'elle esl déréglée, est appelé h le piotéger, en même temps qu il trouve en lui un instrument animé de ses desseins sur le monde extérieur. De cette union sympathique résulte une vie commune, de telle sorte que tout ce qui se passe dans lame retentit dans le corps, et que lout ce qui modifie le corps tend h affecter l'àme. Mais dans cetle communauté d'existence, lesopélalions de chaque substance conservent un caractère distinct qui ne permet pas de les confondre; jamais les rôles ne sont intervertis, jamais l'esprit et la matière vivante n'agissent à la place l'un de l'autre. Dans les opérations mêmes qu'on peut appeler mixtes, comme l'imagination poétique, le langage et les mouvements délibérés, on voit sans peine ce qui appartient h l'âme et ce qui appartient au corps. Les deux substances s'excitent mutuellement à agir, mais l'influence ne va pas plus loin. Par exemple, lorsque je veux mouvoir mon bras, lacté de la volonté qui appartient à lame ne reste point sans effet sur le corps, puisque le mouvement a lieu de la manière que je l'ai voulu. Dira-t-on pour cela que c'est l'âme qui opère le mouvement, que c'est l'âme qui cause linervation et la contraction musculaire, nécessaires pour le produire? Mais l'âme, qui a le sentiment intérieur de son acte de volonté, n'en a aucun des

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phénomènes vitaux d où résiiUe Ir iiiolivciik m, et c'est par expérience, el non par sens intime, qu'elle sait qu'il y a des muscles et des nerfs. L'influence mutuelle, encore une fois, n'est donc que secondaire; elle se borne à une excitation , elle ne va point jusqu à faire que l'une des substances se charge des fonctions de l'autre.

Les rapports de 1 âme el du corps, el le degré de leur influence mutuelle, nont point été parfai lement connus dans l'école cartésienne. Mais les efforts de Descartes et de ses disciples^, dans celte voie, n'en sont pas moins intéressants à suivre, et constituent autant de progrès qui rapprochent du but véritable. C'est à Hoffmann, et surtout à Haller, qu'il était léservé sur ce point d'achever la révolution cartésienne, en rendant au corps les fonctions sensitives qu'on avait jusqu'alors attribuées à l'âme.

Les pages où M. Bordas-Demoulin expose ces résultais, méritent de fixer l'attention des philosophes comme des physiologistes. Aujourd'hui la plupart des philosophes en sont encore à l'opposition établie par Descartes entre l'esprit et l'étendue; ils ne voient dans le corps qu'une masse inerte, sans vie, sans action propre, el lorsqu'ils ont montré que celle machine inanimée est incapable d'intelligence, ils croient avoii' établi victorieusement la sjmilualité d«' l'Ame, el foudroyé le

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malérialisme. De leur côlé, les physiologistes ne conservent de lànie que le nom, quand ils le conservent, et accordent tout au corps; parce qu'ils le voient capable des fonctions sensitives, ils s'imaginent qu'il peut penser et vouloir, et qu'il n'y a entre ces opérations qu'une différence de degré. Trop éloignés pour s'entendre, ne pouvant se joindre même pour se combattre, et ne portant à leurs adversaires que des coups mal assurés, physiologistes et philosophes en viennent à se mépriser mutuellement, et s'enfoncent de plus en plus dans leurs opinions exclusives, au détriment de la vérité, et par conséquent au détriment de la physiologie tout aussi bien que de la philosophie. Il n'y a qu'un remède à cet étal de choses. Que les philosophes prennent une juste idée des fonctions animales, qu'ils cessent de parler de sensations dodeur et de couleur dans l'esprit, qu'ils laissent fout cela au corps ; mais surtout qu'ils sachent pénétrer dans la pensée, qu ils en étalent la vie imime, et, h la vue des merveilles de cette vie nouvelle pour lui, le physiologiste s'arrêtera étonné, il apprendra h ne plus la confondre avec la vie animale, il connaîtra mieux le terrain sur lequel il marche, et les deux sciences auront gagné en certitude, en clarté et en profondeur (1).

(t) Parmi le lit-s-pctil nombre dOm rages où l'on trouve les vrais priiiripcs sur ccllo maiiere, n ([ni peuvent être lus avec un t'gal profit par

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La philosopliie a pour l)iil d expliquer dans l'homme tout ce qui tombe sous la raison et l'expérience. Elle doit rendre compte, non-seulement de notre double nature, mais encore de notre condition actuelle, du penchant au vice, à l'erreur, et de ce prodigieux mélange de faiblesse et de force, de grandeur et de misère, qui a frappé les moralistes de tous les temps et de tous les pays.

Interrogez les maîtres de la philosophie nncienne; écoutez Pythagore, Heraclite, Empédocle, Platon. Ces profonds observateurs ont éloquemment signalé l'altération survenue dans toutes les puissances de notre âme, et n'ont pas entièrement ignoré la cause de ce grand désordre. Pour eux, la vie présente n'est qu'une ruine d'un passé glorieux, le corps est devenu la prison et le tombeau de l'âme. Voyez, dans la République, quelle idée Platon se fait de notre misérable existence, ces captifs enchaînés au fond d'un cachot, ces ombres fugitives qu'ils prennent pour des réalités, et le genre humain en proie à une perpétuelle et inévitable illusion. Ce qui brille encore de science et de vérité

les [)liilosoplies «;l les jtliysioiogisles, on doit citor pariiLiilièrciiifiit : Le M alérialiame et la Phrcnologie comhalltis dans leurs fondemenls^ et l Intelligence étudiée dans son état normal et ses aberrations^ par AI. l'abbé Forichon, docteur-médecin de la Faculté de Paris, mombie de la Société fîéologique de France, etc. ; Paris, chez I.oss, I8/1O. M. Forichon comprend et professe la tliéorie des idées. Ce qu'il dit de laliénalion nioniaic nous a surtout paru neuf, ( urieux et solide.

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il travers ces iënèbres, n'est que la réminiscence d'une vie antérieure plus noble et plus parfaite. Voilà, pour le fond, et sauf des erreurs que nous ne défendons pas, la doctrine du péché originel, que la raison, éveillée sans doute par un écho de la tradition primitive, révélait aux sages du paganisme.

A la double lumière de l'enseignement chrétien et de la philosophie régénérée, c'est avec plus de profondeur encore et de vérité, que furent sondées, dans l'école cartésienne, les plaies de notre nature corrompue. Si Descaries négligea la question et ne paraît pas en avoir soupçonné le côté philosophique, une foule de cartésiens illustres, Maie branche, Arnauld, Bossuet, Leibnitz, Bayle, confirmèrent par l'observation le dogme de la chute, et surent y découvrir la solution des plus difficiles problèmes. Pascal surtout, dont le rôle original a été si bien saisi par M. Bordas-Demoulin, Pascal ne démontre t-il pas le péché originel par l'analyse la plus désespérante du cœur humain? Quels sombres et énergiques tableaux ! mais aussi quelle vérité, et connue la nature a été prise sur le fait par ce peintie éloquent de nos misères! Loubli de Descartes était magnifiquement réparé.

Il est vrai , tout en apportant des raisons philosophiques du péché originel, Pascal, Bayle et les ;iu(rps. s '('xprimenl quelquefois comme si on ne le

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