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llaiiibeau que lui elses successeurs devaient porter lians toutes les parties de la nature.
Là, comme en métaphysique, Descartes est le premier pour l'audace et l'originalité. Il déploie, lans ces recherches, toute la puissance de son génie; ses découvertes sont admirables, ses erreurs
chant au vice et à l'erreur, etc.... le" physiologiste ne doit pas moins rendre compte du mal et du bien, du plaisir et de la douleur, de la saule pt de la maladie dont notre nature physique offre le mélange inséparable. C'est pourquoi nos traités de physiologie devraient représenter cet état, et donner l'explication et l'histoire de nos propriétés morbides et de nos affections primitives, comme ils donnent celles de nos propriétés normales et de nos fonctions. Cette élude serait la transition naturelle et vraie de la physiologie à la pathologie; on pourrait apprécier par elle le degré de la dépendance et de l'indépendance réciproques de ces deux sciences, ainsi que les applications qu'il est légitime de faire de l'une à l'autre. »
Plus loin. Fauteur entre dans le plan d'une classification nosoloRique basée sur les idées générales dont nous venons d'exposer la substance. Nous devons l'abandonner ici, non sans remarquer avec lui, que les affections morbides qu'il nomme essentielles se retrouvent djns tons les temps, dans tous les lieux et dans tous les animaux voisins de l'homme dans l'échelle zoologique, parce que la cause en est essentiollomcnt inhérente à la nature de tous ces êtres; tandis que les maladies spéciales et spécifiques que les nosologistes ont pu classer comme des plantes ou des insectes, et qui, comme ceux-ci, ont leurs mœurs, leur marche, leurs régions, leurs causes toujours identiques, apparaissent et disparaissent dans l'histoire de la médecine.
Il est permis de conclure de cette remarque, avec M. Pidoux, que les progrès de la civilisation chrétienne peuvent nous faire espérer une atténuation, et pcut-Ctre une destruction de ces dernières maladies, loui en nous laissant à jamais sous le coup des affections essentielles, que l'éloignenieut des causes excitantes et perturbatrices affaiblira sans doute, mais dont nous n'extirperons pas plus le principe que celui de notre uiortalilé.
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mêmes ont quelque chose de grand cl de lecond, el sil n'atteint pas toujours le but, il ouvre glorieusement la voie où se précipitent sur ses pas les plus illustres de ses contemporains. C'est un entraînement irrésistible. Les. théories se formeni, les expériences se multiplient ; à tant et de si persévérants efforts, la nature ne résiste pas et laisse échapper ses secrets.
En exposant ces immortelles découvertes, nous n'abandonnerons point la science des idées, la métaphysique. Son influence est partout visible ; ou en suit les principes, comme un fil conducteur, à travers les détails d'une érudition profonde et variée, que M. Bordas-Demoulin continue de prodiguer dans cette seconde partie de son ouvrage.
Du petit monde de l'homme, où le corps, masse inerte, recevait de l'âme le mouvement et la vie. les anciens avaient transporté dans l'univers Terreur de l'animisme. Ce sont des intelligences qui meuvent les astres, et nulle partie de ce vaste ensemble n'a en soi la cause de son mouvement. Copernic et Kepler parlent encore d'appélit naturel et de force animale dans les planètes. Pour abaisser les cieux sous la main de l'homme et fonder enfin le système du monde, il fallait déraciner cette fausse activité, s'élever aux lois générales du mou vement, voir naître la force centrifuge, la combiner avec la force centrale et tout rattacher à leur
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double aclion : ainsi posé, le grand problème de la niëoaniqiie cëlesle ne pouvait manquer' d'élre bien- (ôl résolu. Mais qui l'a posé, sinon Descaries, dans son sysième des Tourbillons, objel de tant de dédains après l'avoir été d'une admiration universelle? C'est là, [)Our la première fois, que l'esprit se joue véritablement dans l'immensilé, assiste h la déconiposition du mouvenient, et voit ce vaste univers subsister par la seule aclion , exagérée il est viai, de la cause créât lice.
I.a science nouvelle commençait : bientôt Borelli applique à l'attraction les principes de mécanique qui régissent les tourbillons; Boulliaud démontre que l'attraction doit suivre la même loi (jue la biniièie et agir en raison inverse du carré des distances; les vues pénétrantes et les expériences de Hooke, la théorie du cercle oscnlaleur de Huyghens, achèvent de livrer à Newton les moyens de couronner dignement l'œuvre de Descartes. Leibnitz calcule connue Newton, et avec une autre méthode, les mouvements célestes. Qu'après ces immenses résultais, l'on rejette les touibillons comme un instrument désormais inutile, rien de mieux; mais le genre humain peut-il abdiquer du même coup la reconnaissance et Tadmii^ation envers leur auteur?
Cependant Descaries avait laissé subsister l'erreur que les corps ne sont (jue des niasses sans
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aciivilé. Dieu seul, dans son syslènie, est I auteur réel du mouvement. Celle opinion de la passivilé absolue des créatures devait conduire au panthéisme des physiciens iiliislres , comme elle y avait entraîné des philoso[)hes et des théologiens. Quand Ne>vton, inspiré h son insu par la métaphysique de Descaries, voit dans l'espace le sensorium de Dieu oîi tous les corps sont mus par sa volonté loule-puissanle, que fail-il autie chose que de mêler et de confondre la substance divine avec la masse de l'élendue corporelle? Newton, pas plus que Malebranche, ne s'avoue et ne se croit panthéiste; mais il l'est aussi réellement et en veitu du même principe.
Descartes s'en tenait au mécanisme pur, par le besoin d'idées claires; et il avait rendu ce sentiment si général, que les partisans de l'activité des corps, comme Leibnitz, et ceux de l'attraction, comme Newton, repoussent aussi sévèrement que lui toute explication des phénomènes, qui ne serait pas mécanique. Les tourbillons, attaqués de toutes parts, trouvent longtemps encore des défenseurs, par cela seul que latlraclion est généialement regardée comme une qualité occulte des scolastiques. C'est quelque chose de curieux que ces efforts et ces combats (jui se prolongent jusqu'au milieu du dix-huitième siècle. Les premiers, Roger Côtes, en Angleterre. Maupeituis, en France, dé-
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clareiU ralliactioii une force essenlielle à la iiialière, el touchent, dans celte direction, an l^nl de la révolution catlésienne.
On aime à voir, dans l'écrit de M. Bordas Demoulin, la métaphysique et la physique se renvoyer mutuellement la lumière sur cette question si essentielle. L'étude des idées générales prouve invincihlemenl qu'il n'existe aucune substance réelle qui n'ait son mode d'activité, el voilà <jue le calcul du système du monde, à mesure qu'il s'achève, démontre de plus en plus la nécessité d'admettre, dans chaque particule de matière, un principe interne de mouvement, une force véritable. Jamais l'idée de l'attraction n'avait été présentée avec cette clarté et celte ligueur, L'auteur pense que celte propriété des corps doit être mise en jeu, comme l'électricité, la chaleur, l'irritabilité, par un excitant qui en serait en même temps le conducteur. Le fluide destiné à cet usage, trans mettrait l'excitation par ses ondes, à la manière du fluide lumineux.
Les tourbillons avaient conduit Descartes à expliquer les effets de la pesanteur de l'air et à prédire le résultat des célèbres expériences de Pascal; ils ne lui sont pas moins utiles pour la science de la lumière. On trouve dans les tourbillons l'ébauche de la théorie des ondes, complétée par Iluyghens, défendue par Luier contie le sys-
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tèine de l'émission, ei aujourd'hui, grâce aux travaux d'Young, de Fresuel et de M. Arago , élablie victorieusement dans la science, et s'étendanl aux phénomènes du son, de la chaleur, et hientùl peut-être de l'électricité et du magnétisme.
En exposant les progrès de loptiijue dans l'école cartésienne, M. Bordas-Demoulin ne se borne pas non plus au rôle d'historien. La réalité profonde qu'il accorde à lai iraction, lui permet d'en montrer l'action dans de nouveaux phénomènes. Ainsi les vibrations perpendiculaires au rayon , admises dans les ondes par Young et Fresnel, ne s'olfraienl chez eux que comme une hypothèse sans liaison diiecle avec les lois du monde : M. Bordas Demoulin établit quelles sont une suite nécessaire de l'attraction , et les rattache ainsi à un fondement certain.
Pour le mouvement comme pour la lumière , l'admirable mécanisme des tourbillons était propre h mettre l'esprit sur la voie des plus importantes vérités. On y voit sans cesse en action la loi d'inertie, celle du mouvement en ligne droite, et la génération du mouvement circulaire. Aussi Descaitesesl-il le véritable fondateui- de la niécaniqiic, qui n'existait pas avant lui. Il avait aperçu la loi du mouvement uniformément accéléré; il l'abandonna, parce qu'on ne la considérait alors que dans le cas de la chute des graves, où en effet elle souffre exception. Galilée, qui avait fait la
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même décoiiverle de son côté, conserva la loi, sans prendre garde à l'erreur de l'application, et c'est ainsi qu'il passa pour le seul inventeur. La part de Descaries est-elle pourtant moins belle que la sienne? Non-seulement il trouve la loi , mais il aperçoit ce qui l'altère dans l'élat où elle se présentait alors.
Malgré l'éclat que cette découverle a répandu sur le nom de Galilée, il est certain que la mécanique , telle que ce grand homme et Kepler l'avaient laissée, méritait à peine le nom de science. Kl le était sans principes rationnels; la nature du mouvement n'avait pas été comprise, et l'on ne s'était point encore avisé de rechercher les lois selon lesquelles il se communique d'un corps à un autre. Les tourbillons et la métaphysiijue de Descartes ont fait sortir la science du chaos.
De ridée qu'une sagesse immuable gouverne la nature, et de l'erreur admise par lui que tous les corps sont passifs et que les esprits créés ne sauraient les mouvoir, Descartes conclut que Dieu, dès l'origine , a dû mettre dans le monde la quantité de mouvement nécessaire à sa conservation, et qui ne peut ni augmenter, ni diminuer. Cette vue hardie, quoi(jue fausse, conduisait imujédiatement h reconnaître des lois de percussion; car le mouvement, ne pouvant se perdre, doit reparaître après le choc ce qu'il était aupara-
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vant. Qu'iinporle que Descartes se soit trompé sur la plupart de ces lois? l'essentiel était de les signaler, et d'accoutumer les esprits h la contemplation des principes qui embrassent la nature entière. L'erreur de Descartes était comme le pressentiment d'une haute vérité : s'il ne se conserve pas la même quantité absolue de mouvement dans l'univers, il s'en conserve la même quantité dans le même sens; en d'autres termes, la somme algébrique des quantités de mouvement y reste toujours invariable, et vraisemblablement nulle.
On trouve encore dans Descaries le principe de la moindre action. Quant à la proportionnalité des vitesses aux forces, ses idées métaphysiques l'impliquaient si nécessairement, que cette vérité ne pouvait faire une question pour lui. Mais s'il trouva la mesure de la force propiement dite ou instantanée, il ne distingua pas sufîisamment les diverses circonstances que présente la génération de la vitesse, et ce n'est pas sans raison que Leil>nitz lui reproche de confondre toujours les l'oices avec les quantités de mouvement Mais Leibnilz lui-même est-il plus heureux dans ses efforts, et ne peut-on pas lui reprocher à son tour de n'avoiipas su distinguer la force instantanée, dans l'expression de laquelle n'entrent ni le temps, ni l'espace, et la force vive, dans laquelle on tient couïple
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tic la coiiliiiuilé d'acliou et de l'espace franchi? Les adveisaiies de Leibnilz,en voulant toujours inlroduire l'élément du temps, prouvaient qu'ils n'avaient pas davantage saisi le véi'i table élat de la fjueslion. Dans les longs débals soulevés h cette occasion, l'équivoque du mot force joue un grand l'Ole, et témoigne de la confusion des idées. On remploie tour h tour à exprimer, soit la puissance générale et indéterminée d'agir et de réagir les uns sur les autres, que possèdent tous les corps de la naluie, soit In quantité de mouvement, soit enfin la quantité d'action ou la force vive. Chose bizarre! c'est le sens propre du mot qui est près- <]ue toujours oublié
Cependant, une discussion à laquelle les plus grands géomètres avaient pris part, ne pouvait s'écouler stérile. Les éléments du problème commençaient à se dégager. On avait appelé l'attention sur les propriétés remarquables des quantités de mouvement et des forces vives. Il ne manquait, pour établir les premiers principes de la mécanique, que la véritable notion de 1 activité des corps , sans laquelle on ne peut concevoir en eux le déveloj>pement des forces égales et contraires quexige tout changement d'état. C'est là qu'il fallait remonter pour saisir la notion primitive de force, l'apprécier dans ses deux ♦'Ifets, le mouvemenl et l'équilibre, et intio-