LOCKE
Le défaut d" explication (jue nous avons déjà plus d'une lois remarqué dans Descaries, joint à la manière dont il parle, en certains endioits, de la pensée, qu'il appelle une simple faculté d avoir des idées, joint à ce qu'il semble faire dépendre des corps toutes les idées générales, excepté celles de Dieu et de Tàme, en disant, par exemple, que l'étendue corporelle est l'objet de la géométrie, joint enfin à la manière dont il expose l'oiigine des
r l'art 11, cli;i|). iv.
LE CARIÉSIAMSME. 1 '27
idées du hoihIjiv, du hiaugie, par la vue des <'hoses malérielles dont il semble les dériver (1) ; lous ces défauts léunis peuvent faire croire, qu''au\ yeux de Dcscarles, les connaissances émanent des sens, que l'âme peut seulement tirer de soi les notions des actes de penser, de juger, de raisonner, et encore de ces actes piis superficiellement el i>TossièreiHent.
Locke a trahi cette tendance où il s'est précipité, comme Régis, Arnauld, Malebranche, Spinosa, dans les deux autres tendances mauvaises. Il assigne à nos connaissances deux sources : la sensation et la réflexion s'exerçant sur ce qu'a fourni la sensation el sur les opérations de l'esprit; mais il ne considère ces opérations qu'en lant qu'elles s'appliquent aux objets sensibles , et, par suite, qu'elles tombent sous l'imagination; il s'abstient de les approfondir et d'en chercher la raison dans la nature de lesprit, qui ne tombe que sous l'entendement. C'est pourquoi il déclare incompréhensible tout ce qui échappe aux impressions des sens et de l'imagination, comme Dieu, l'âme, et en général la substance. En ce qui concerne l'ignorance où il croit que nous sommes de lame, il se rencontre avec Malebranche^ et en fait lui-même la remarque dans X Examen de la
;i) Vrinc. de lu yhil., part, i, an. ,")'.».