DE LA 1>HILOSOPHIK XX.V
ne coulribueàeii former aucune. C'est là une tliflérence de nature. Au-dessus de l'animal, et plus souvent opprimé que servi par lui, s'élève dans riiomme l'être spirituel. Que l'honmie donc sorte des sens, qu'il s'arrache à leurs illusions, s'il veut s'accoutumer à la lumière des idées et sonder ces profondeurs de science que chacun porte en soi.
11 faut considérer ensuite que les idées sont quelque chose de stable et de permanent dans l'esprit. Je médite sur un sujet déterminé ; je puis le quitter et le reprendre mille fois : j'aurai accompli mille actes de perception ou de connaissance, mais une seule et même idée aura toujours été le centre de mes pensées. Voilà ce qui demeure lixe au fond de l'intelligence, et ce qu'elle emploie à son gré autant de fois qu'elle veut. L'idée en soi est donc distincte de la perception actuelle et de toutes les connaissances que l'on en peut former. Les percep tions passent, les connaissances se succèdent : l'idée ne connaît ni destruction ni changement. Qu'elle soit actuellement perçue et en usage, ou qu'elle se conserve, dans les profondeurs de 1 âme, comme à l'état latent, sa nature n'en est point altérée Croire que les idées n'existent qu'au moment où elles se montienl, c'est réduire la pensée à des conceptions fugitives, c'est la faire variable, inteiniitlente comme celles-ci, rendre toute mémoire impossible, et briser la continuité de la vie intellec-
XXVI LA RKIORMATION
tuellc. Tel esl l'excès où lombe l'école écossaise avec tous les conceplualisles, lorsqu'elle défiuil l'idée, Cacle de l'esprit qui connaît (1). Un acle de connaissance estiemplacé par un aulre : que reste t-il du premier? rien, si vous n'admettez pas, sous l'acte qui paraît et disparaît, l'idée qui demeure et qui gardera la trace de l'acte lui-même. Selon qu'elle est perçue avec plus ou moins d'énergie, une même idée apparaîtra tantôt claire et distincte, tantôt obscure et confuse. Rien de plus facile que de se rendre compte de ces dilîérenls caractères, des idées, si l'on voit en elles un fond réel et toujours subsistant, (|ue l'esprit, suivant ses efforts et ses dispositions, embrasse plus ou moins parfaitement . Mais je le demande : si l'on confond l'idée avec la perception, ne devient-il pas absurde de diie encore qu'une même idée, c'est-à-diie alors une même perception, pourra être tour à tour claire et obscure? Qu'y a-t-il de commun entre deux actes, deux perceptions, dont l'une est obscure et lautre claire? Comment donc et sous quel lapporl seraient-elles une seule el même perception? La logique vulgaiie est pleine d'erreurs ou de vaines subtilités qui ont leiu' cause dans cette confusion de deux cboses si essentielles ii distinguer. Ce (|u'elle enseigne du rapport entre l'extension el la
(I) Fragiii. ili' M Kovi-i-Collaid. il«ns les OEuv. de lieid.