DEUXIÈME PARTIE
comme sont les planètes et leurs atmosphères, sans y produire d*au(re effet que la lumière et la chaleur.
« Lorsque les massules sont arrivées à Textrémité de leur tourbillon et prêtes à entrer dans celui qui le touche immédiatement, il est très-probable et moralement certain que, parmi tant de millions de milliards qui se présentent à chaque instant sur toute la superficie du tourbiilon, et dont le plus grand nombre passe outre, il y en a une multitude très-considérable, qui sont rencontrées par autant de massules semblables, lesquelles, chassées du fond des tourbillons environnants, fondent sur elles avec la même force. Naturellement sans ressort, ainsi qu*il a été dit, il faut que toutes les fois que deux de ces massules de différents tourbillons viennent à se choquer directement, elles s'arrêtent tout court collées ensemble, et forment ainsi une nouvelle massule en repos, deux fois plus grosse que chacune n'était auparavant. Il peut même arriver, sans beaucoup de hasard, que plusieurs de ces nouvelles massules en repos soient choquées à la fois par deux autres primitives, Tune d'un côté, Tautre du côté opposé, auquel cas il est derechef manifeste, p^ les règles de la communication du mouvement des corps sans ressort; que ce second choc détruisant le mouvement opposé de ces deux nouvelles massules et les collant aux deux premières, il s'en formera un petit peloton en repos, et quatre fois plus gros qu'une des massules primitives. De cette manière, on conçoit clairement que ces pelotons peuvent grossir de plus en plus avant que d'être chassés de leur repos par des chocs qui arrivent d'un seul
214 LE GÂRTÉSUNISME.
côté, 8oit pour retourner ensemble au soleil , si le choc vient d'un tourbillon voisin, soit pour pénétrer plus avant dans un des tourbillons voisins, lorsque le choc vient du côté du tourbillon solaire. Yoilà chaque tourbillon terminé par une espèce de voile d'un tissu fort rare et poreux, dont les parties ne sont point liées entre elles, en sorte que le plus grand nombre des massules qui composent les rayons y passent librement pour sortir et entrer d'un tourbillon dans Tautre^ mais à cause de leur multitude infinie, il y en a toujours assez que le hasard dirige à tomber centralement sur autant de pelotons qui sont là dans Tinaction et en repos, par conséquent dans un état d'indifférence à être emportés vers où ils sont poussés, c'est-à-dire les uns pour descendre au soleil, les autres pour rentrer dans un autre tourbillon. Ainsi, on conçoit qu'il doit tomber continuellement du ciel une pluie abondante et impétueuse de pelotons repoussés en bas par le choc des massules qui sortent des tourbillons circonvoisins (1). • Ce déluge de pelotons, que Jean Bernoulli appelle torrent cerUral, se jetant dans le soleil, y répare les pertes qui s'y font sans cesse par l'effusion de files de massules ou par les rayons, et il produit en même temps la gravité.
Mettons de côté l'arbitraire qui est ici également versé à pleines mains, cette explication, quoiqu'elle n'ait rien en soi d'impossible , tombe devant deux considérations qui frappent à la première vue. D'abord le bon sens se
(1) iVbttifeUe fOtysique céleste, art. Î8 à 88.