‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 105 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

révolte à Tidée que les massules primitives ou les rayons des étoiles rencontrent les pelotons en repos sur les limites des tourbillons, avec celte régularité inaltérable qu'on aperçoit dans la pesanteur ; ensuite, il est évident que toutes les fois que deux ou un plus grand nombre de corps célestes se trouveraient sur la même ligne passant au centre du soleil, c'est-à-dire en conjonction ou en opposition, le plus éloigné arrêterait une partie des massules et diminuerait la gravité des autres corps, ou leur force centripète, et troublerait leurs mouvements. A toutes les éclipses de lune, la terre serait exposée à cette perturbation. Or, rien de semblable ne fut jamais remarqué. Ajoutons que Tauteur ne peut même tirer de son système la force centrifuge, et qu'il est obligé d'admettre avec Newton (1) une impulsion originelle, en d'autres termes, de sortir du domaine des causes secondes.

Malebranche crut qu'il n'était pas besoin d'altérer les tourbillras pour les corriger ; qu'il suffisait de concevoir les particules du premier et du second élément j ou en gé* néral de la matière, comme de petits tourbillons tournant avec une extrême rapidité et se contre-balançant les uns les autres, de même que les grands (2). L'ensemble de ces petits toiu'bilIonSy qui remplit le grand, tend à s'agrandir

dans tous les sens, et l'excès de cette tendance sur la force centrifuge, refoulant les corps, cause la pesanteur. Cette idée rentre si parfaitement dans l'esprit du système, qu'elle en est inséparable. Mais à quoi y remédie-trclle ?

(1) Nouvelle phy$ique céleste, ait. i9.

(2) Eclaire, sur la lumièrcy art. 14 et soiv.

à un seul défaut, c'est que les corps ne se trouvent pas d'autant moins pesants qu'ils sont plus denses. Quant à la direction de leur chute, elle ne subit qu'un changement inutile. Pour que la force expansive des petite tourbillons réagit vers le centre du grand tourbillon, il faudrait qu'elle anéantit la force centrifuge de celui-ci; tandis qu'elle se compose avec elle, et que la résultante ne va au centre que pour les points de l'équateur, où elles ont la même direction, et pour ceux des pôles, où la force expansive agit seule, l'autre étant nulle. D'ailleurs, il s'ensuivrait que la gravité serait plus grande à l'équateur que partout ailleurs, ce qui est précisément le con« traire de la vérité. Quoique exposée avec tous les détails par Privât de Molières, qui même la développe, supposant que chaque petit tourbillon eu renferme toujours d'autreiss à l'infini (1 ) ; quoique élaborée avec le calcul par Gamaches (2), l'extension que Halebranche a donnée aux tourbillons les laisse dans leur impuissance radicale. Parlerons-nous de la prétention qu'avait Saurin (3) de démontrer contre Huyghens que la chute des graves s'opérait d'après les tourbillons de Descartes, suivant les rayons du globe? Il le faut bien, puisqu'elle eut des échoa et que d'AIembert daigna la réfuter (4). D'après Saurin, le point H doit être considéré comme un plan qui produit une réaction suivant HO. Mais il est évident que l'effort

(1) Leçons de physique, 173i.

(t) Astronomie physique^ 1740.

(8) Journal des iovMiê, p. 25. an. 1703.

(i) TndU des fluideê, art. 409, an. 17U.

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