‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 107 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

on compare les vitesses des points de deux orbites différentes, et qu'il n'est nullement impossible ni étonnant que la proportion ou la loi varie. Cette réponse, péremptoire dans l'attraction, où le mouvement de chaque planète ne tient à ceux des autres que par la force commune, agissant en raison inverse du carré de la distance, est nulle dans les tourbillons où les planètes sont emportées par le mouvement des couches. Il faudrait, dit Montucla, • que le tourbillon fût comme partagé en diverses couches d'une épaisseur considérable, et isolées entre elles, dans chacune desquelles les vitesses moyennes seraient réciproquement comme la racine carrée de la distance^ tandis que les diverses couches de chacune auraient des vitesses réciproques aux distances ellesmêmes. Or cela ne saurait être admis, à moins d'introduire dans la physique la licence des hypothèses les plus arbitraires (1). •

Veut-on s'accorder avec la loi des aires? on tombe dans des temps proportionnels aux carrés des distances, et l'on se brise contre la loi des temps.

Veut-on s'accorder avec la loi des temps? on tombe dans des vitesses réciproques aux racines carrées des distances, et l'on se brise contre la loi des aires.

Ordinairement on a pris ce dernier parti, parce qu'il donne la force centrifuge en raison inverse du carré de la distance, comme l'attraction; car de V'*V'*1*R'IR

et de F— ^, on déduit F:F'::R'»:R\ D'Alembert pâli) Hiit. des math,, t. II, p. 331.

252 LE CAaTÉSlANISME.

ratt avoir clos cette longue et solennelle discussion, en démontrant, autant que le permet la théorie si difficile des fluides, que les tourbillons sont impossibles (i).

Pourquoi ce demi-siècle de travaux et de tourments pour les défendre et trouver en eux ce qui s'offre de soi dans Tattraction, ce qu'on déclare hautement y voir, ce qu*on ne s*est même avisé de chercher dans les tourbillons que parce que Tattraction le présente ? « Je ne suis pas d'accord, ditHuyghens, d'un principe que M. Newton suppose, qui est, que toutes les petites parties qu'on peut imaginer dans deux ou plusieurs différents corps, s'attirent ou tendent à s'approcher mutuellenoent. Ce que je ne saurais admettre, parce que je crois voir clairement que la cause (Tune telle attraction n'est point explicable par aucun principe de mécanique ni des règles du mouvement (2). » En d'autres tenues, on repousse l'attraction, parce qu'elle implique dans les corps quelque chose de plus que l'étendue et le mouvement, par conséquent, dit-on, quelque chose d'inintelligible, et qu'elle ressuscite les qualités occultes. Cependant Newton s'en défend de toutes ses forces. En fait, il garde le mécanisme absolu, et ne conçoit aucune activité propre aux corps. S'il combat les tourbillons, il s'empare de la matière subtile de Descartes, dont il fait un fluide très-élastique, qu'il appelle éther ou milieu , dans lequel il place la cause de l'attraction, c Ce Milieu, dit-il, n'est-il pas plus rare dans

(1) Tr(iiUde$Puidei,»rUZli,miéeilU.

(S) Diêc de la came de la peionteur, p. 159.

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