‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 108 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

les corps denses du soleil, des étoiles, des planètes et des comètes, que dans les espaces célestes vides qui sont entre ces corps-là? Et en passant de ces corps dans des espaces fort éloignés, ne devient-il pas continuellement plus dense, et par là n*est-il pas cause de la gravitation réciproque de ces vastes corps, et de celle de leurs parties vers les corps mêmes, chaque corps tâchant d^aller des parties les plus denses du Milieu vers les plus rares (1)?» II cherche à montrer, par l'élasticité de Tair, que celle de cet éther doit être 490,000,000,000 fois plus grande, et capable de produire les phénomènes de Tattraction céleste et moléculaire.

Ce mécanisme n'est point une concession faite aux attaques des cartésiens, c Peut-être, dit Maclaurin, ami et disciple de Newton, que quelques ignorants se sont imaginé que les corps pouvaient s'attirer les uns les autres, sans être poussés par d'autres corps qui agissent sur eux, ou par aucune puissance de quelque espèce qu'elle soit; et d'autres peuvent avoir pensé qu'une tendance mutuelle était essentielle à la matière, quoique cela soit directement contraire à l'inertie des corps dont nous avons parlé ci-devant. Mais sûrement on n'a aucune raison d'attribuer de telles opinions à M. le chevalier Newton; il s'est clairement expliqué qu'il pensait que ces puissances venaient de l'impulsion d'un Milieu subtil éthéré, qui est répandu dans l'univers et qui pénètre les pores des corps grossiers. Il paraît, par ses

(\)Opt.que$t.U.

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lettres à M. Boyle (1), que c'était son opinion depuis longtemps, et que sMI ne Pavait pas plus tôt rendue publique, c'était seulement parce qu'il ne se trouvait pas en état, par Texpérience et Tobservation, de définir ce milieu d'une manière satisfaisante, et d'exposer sa manière d'opérer, en produisant les principaux phénomènes de la nature (2). »

A la variation de densité de cet éther, Newton attribue la réflection et la réfraction de la lumière (S) ; et à ses vibrations, la chaleur, la vision, l'audition, et enfin toutes les sensations (4). c Le mouvement animal n'est-il pas produit par les vibrations de ce Milieu, excitées dans le cerveau par la puissance de la volonté, et propagées de là par les fibrilles solides, diaphanes et uniformes des nerfs, jusqu'aux muscles pour les contracter et les dilater (5) ? » Par la question vingt-huitième, où il dit qu'il faut c déduire les causes des effets, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à la cause première^ qui certainement n'est point mécanique, et expliquer le mécanisme du monde », on voit qu'il abonde dans le mécanisme de Descartes^ puisque Dieu seul, qu'il désigne ici sous le nom de cause première, est excepté. Haclaurin dit c que toute l'efficacité du Milieu éthéré doit être résolue en la puissance et la volonté de Dieu (6). »

(1) Vie de M. Boyle, mite à la tête de la dernière iditUm de ses œuvree complétée,

(2) Déeouv. phil. de Newton» li?. D, cb. i, art 16.

(3) Optique, quest. 19.

(i) Queit 23.

(5) Queêt. 24.

(6) Déeouv. phiL, U?. IV, ch. ix, art. U.

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