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de la colonne d'air élevée jusqu'au delà des nues ; c'est aussi par là qu'il explique, dans cette même lettre, la pression d'un verre rempli d'air chaud, qu'on renverse sur un corps en bouchant bien les avenues de l'air extérieur... Dans une autre lettre (1), qui est un peu postérieure à la publication des dialogues de Galilée sur le mouvement et qui en contient une critique, Descartes rejette la prétendue force du vide imaginée par le philosophe italien, et il attribue l'adhérence de deux corps qui se touchent par des surfaces très-polies, à la seule pression de l'atmosphère qui pèse dessus ; raison qu'il donne encore, quoique d'une manière moins exclusive, à la suspension de l'eau dans les tuyaux de pompes. Enfin, dans une autre lettre (2), il s'agit de ces arrosoirs qu'on maintient pleins d'eau en tenant l'ouverture supérieure bouchée. Leau ne demeurepaSj dit-il, dans les vaisseaux par la crainte du vidcj mais à cause de la pesanteur de Vair, etc., etc. (3). »
Si la géologie, du moins jusqu'à présent, était autre chose dans ses théories qu'un flux d'hypothèses qui se succèdent comme les rêves de la nuit, ce serait ici le lieu d'examiner sur cette matière les opinions de Descartes (&)• Enseignant que les planètes ne sont que des étoiles éteintes, il doit être regardé comme le créateur du système sur l'incandescence primitive du globe et sur
(1) Œut>rei de Desearte», t. VII, p. 43i.
(2) Ihid,, t. vin. p. 33.
(3) HitL des math., t. II, p. 205.
'4) Principei de la phU., part. iv.
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le feu central. Quoique celte opinion remonte à Tantiquité, c'est lui qui la sort du vague, et Leibnitz cherche à relayer par des considérations historiques et des observations sur les fossiles (1). Sur tous les deux, voici le jugement de Cuvier. a Leibnitz donne une théorie de la terre, qui est intitulée : Protogœay c'esl-à-dire la lerre primitive. Celte théorie formait Tintroduction de l'histoire que Leibnitz devait donner du pays de Hanovre et de celui de Brunswick, dont il était alors bibliothécaire. Il faisait, comme vous voyez, remonter son histoire bien haut ; il fallait qu'il donnât les changements que le globe avait éprouvés avant que l'espèce humaine l'habitât. Cette petite dissertation est imprimée dans les actes de Leipsick de 1683. Elle est remarquable en ce que, d'une part, elle dérive des hypothèses de Descaries, et que, de l'autre, elle a donné naissance à celles de Buffon ; car le système de ce dernier est presque entièrement fondé sur celui de Leibnitz.
M Ainsi que je vous l'ai déjà dit. Descartes se représentait les planèles comme des soleils éteints ou encroûtés; il supposait que des matières qui n'étaient plus susceptibles de combustion s'étaient accumulées à la surface d'un certain nombre d'astres ; que la chaleur qui les enflammait d'abord, était restée au centre, et constituait le feu central des planètes. On peut même dire qu'à cet égard, Descaries est le plus ancien des géologisles, puisqu'il a précédé Burnet ; mais il
(1) Op., t. U, part. II, p. SOI.
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n'a pas poussé son hypothèse plus loin pour les détails.
c Leibnitz partit d6 ces idées de Descartes pour expliquer la composition du noyau terrestre qui, autant qu'on peut le savoir par les grandes profondeurs auxquelles on est descendu, est d'une nature qu'on a appelée vitrifiée. Mais ce mot n'est pas juste, car les granits, les quartz, sont bien vitrifiables, mais ils ne sont pas vitrifiés. Cette erreur cependant s'est perpétuée jusque dans les ouvrages de Buffon.
• Le globe, suivant Leibnitz, étant enveloppé d'une matière qui n'était plus combustible, sa superficie dut se refroidir par degrés, car le feu central n'était pas assez puissant pour empêcher ce refroidissement. Les vapeurs qui avaient été élevées dans l'atmosphère par l'excessive chaleur du globe lorsqu'il était soleil, retombèrent alors sur sa surface et formèrent les mers. Celles-ci, en attaquant les différentes parties du noyau vitrifiable, changèrent successivement de nature, et déposèrent les montagnes secondaires. C'est aussi dans l'intérieur de ces mers qu'ont vécu tous les animaux dont les dépouilles ont été enveloppées dans les dépôts dont je viens de parler.
<i Ces hypothèses sont ce qu'on pouvait imaginer de mieux dans l'état des connaissances de ce temps. On y voit le germe des divisions des terrains en terrains primitifs et en terrains secondaires, divisions qui sont une des
bases de la géognosie et de la géologie, par conséquent (1). »
On sait que M. Poisson attribue les variations de la
(1) Hist, des sciences naturelles, part. â«, leçon XIX.
température terrestre, dont parlent les plutoniens, au déplacement de notre système solaire qui, dans son mouvement révolutif autour du centre de gravité qu'il a de commun avec d'autres systèmes solaires ou stellaires, s^approche bu s'éloigne de certaines constellations (i). Cette idée a ses vraisemblances. En l'insérant dans les Annales de chimie ei de physique, M. Arago annonce qu'il publiera des arguments invincibles contre. Ceci confirme ce que nous disions tout à l'heure^ que la géologie^ dans ses spéculations, ne vit encore que de conjectures, quoique, par d'infatigables recherches, elle s'enrichisse chaque jour de vérités isolées, qui plus tard sans doute rélèveront au rang de science. Mais il lui reste encore prodigieusement à faire, et ses progrès sont loin d'égaler son importance.
t La géologie, dit M. Herschel, attendu la grandeur et la beauté des objets dont elle s'occupe, doit être placée dans l'échelle des sciences immédiatement après Tastronomie. Comme Tastronomie, elle ne marche, elle n'avance qu'à l'aide des observations qu'ont accumulées les siècles. Mais ici se borne Tanalogie ; car, considérée dans toute son étendue, c'est au plus si l'on peut dire que les observations qui lui servent de base sont ébauchées. Il y a néanmoins entre elles une différence qui est tout à l'avantage do la dernière. On ne peut dans l'astronomie faire revivre le passé, ni anticiper sur l'avenir; l'observation est par conséquent bornée à un simple fait et à un
(Il Ann, û€ thitnie et de pityiiquei 1. LXlVt p. 337.