DEUXIÈME PARTIE
instant unique. Dans la géologie au contraire, les faits sont toujours subsistants ; on peut les examiner, les réexaminer encore, les étudier chaque fois qu'on le veut et ils n'exigent pour livrer toutes les indications qu'ils renferment, que d'être interrogés avec persévérance, avec discernement. Il n'y a malheureusement qu'une bien petite partie du globe qui ait été examinée en détail avec soin. Cette petite partie n'a même été étudiée que dans son écorce ; car on ne peut considérer que comme des égratignures les excavations qui ont été faites, puisque les mines les plus profondes qui aient été percées, ne s'étendent pas à la dix-millième partie de la distance qui sépare la surface du centre de la terre. Les indications déduites d'un examen si limité, ne peuvent naturellement être considérées que comme provisionnelles, si ce n'est cependant dans des cas remarquables où les grandes formations se présentent, sans exception, dans le même ordre, sur des points fort éloignés. Il n'en peut néanmoins longtemps être ainsi. L'esprit de suite avec lequel on se livre depuis quelques années à ces recherches a amené les plus heureux résultats, et conduit à une foule de découvertes surprenantes et inattendues. L'investigation en est devenue plus vive, plus animée. On a étudié l'Angleterre, les continents, les îles ; on a interrogé jusqu'à l'Inde, et partout on a recueilli des renseignements précieux. Il est à désirer que les gouvernements donnent toutes les facilités, tous les encouragements possibles aux recherches, aux tentatives qui se font dans les diverses branches des sciences. C'est le seul moyen de perfectionner les notions
que nous avons sur l'état actuel de la surface du globe, sur celui des animaux, des végétaux, des mers, des continents anciens. G^est aussi le seul qui puisse compléter les connaissances que nous possédons sur ceux qui existent aujourd'hui, sur Tinfluence que les changements de climats, de nourriture, etc. , produisent sur eux (i )• »
Par la géologie Thonmie apprendrait, non-seulement à mieux plier les éléments à son service, mais à con*nalti^ plus clairement les rapports de sa destinée avec la nature physique de cette partie de Tunivers où il est placé. Nul doute que dans la chute originelle, il n*ait entraîné avec lui tout ce qui l'environnait. Comme lui, la terre, les plantes, les animaux sont tombés, chacun à leur manière. Voilà probablement ce que veut indiquer saint Paul, lorsqu'il dit que toute créature gémit, omnis creatura ingemiscit (2). Puis vient le déluge, chute nouvelle qui s'ajoute à la première pour l'aggraver. Les ruines sont hors de l'homme, comme dans l'homme. C'est un monarque jadis puissant, et maintenant abattu au milieu des débris de son immense empire, deux fois foudroyé par la justice divine. La terre a été saccagée, bouleversée comme une ville prise d'assaut et devenue la proie d'un vainqueur altéré de vengeance. Â mesure qu'elle sera sondée, elle offrira de plus en plus les effroyables et indélébiles marques de l'antique et double catastrophe.
(i) Diêe. tur Vélude de la phil. naturelle, art. Sf3 et ^i; (2) liom,, \m, 22,
DEtJXIËME PARTIE.