‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 121 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE. S · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. S

faire le calcul que j'ai fait, longtemps après, sur cette table, comme sur celle de Ptolémée ; il a pu facilement reconnaître que le rapport des sinus est constant dans le verre comme dans Feau. Après avoir connu ce rapport, par son calcul^ il a voulu voir s'il était vrai ; il Taura trouvé tel sur un angle ou deux, il ne parle que d'un, et il n'aura pas été plus loin, et il se sera mis à philosopher sur la cause... Malgré ces conjectures, je suis loin de contester cette découverte à Descartes ; c'est même la lui accorder que de dire qu'il y a été conduit par la table de Yitellon. C'est peut être ainsi que Snellius y est parvenu (1).»

Conmie ledit Delambre, il semble que la raliocinalion dont Descartes parle à Golius, et la façon de mesurer la ré-^ fraction delà /timtere^dontil demande lesecretàMersenne, parce que la première partie de sa dioptrtque ne contient que cela, doive s'entendre de la démonstration, et non de la découverte, qui ne parait pas être nouvelle. Dans ce cas même, il ne faudrait pas s'imaginer que Snell aurait tout fait. Quoique le théorème de Snell et celui de Descartes reviennent au même pour le fond, il ne s'ensuit point que celui qui connaît l'un doive immanquablement parvenir à la connaissance de l'autre. Pour cela il faut avoir l'idée de comparer les sinus ; or il paraît qu'elle est loin de s'offrir tout d*un coup, puisqu'elle a échappé aux efforts d'un Kepler, à ceux de Snell, qui n*était pas un esprit ordinairei qui sans doute comprenait le peu de commo«

(1) HiêMre de VAttrcnomie mod. , t. Q, p. tib*

ÎSQ LE CARTÉSIANISyE

dite des sécantes, et qui avait l'avantage de pouvoir s'appuyer sur cette invention pour s'élever à Tautre, enfin, puisque personne n'y a songé que Descartes. Le sentiment public de cette diffîculté expliquerait encore bien pourquoi on ne lui reprocha point d* avoir volé Snell ; on voyait que, dans son théorème, il ajoutait une découverte réelle, et pour ainsi dire la véritable, h la décou* verte de celui-ci. Telle est peut-être aussi sa prétention dans les passages des deux lettres. Au surplus, par leur extrême vague, ils se prêtent avec autant de facilité à ce dernier sens qu'au premier. Delambre, malgré sa prévention contre Descartes, conclut pour l'invention. Ainsi des trois hypothèses possibles, savoir, qu'il est parti de Kepler, ou de Vitellon, ou de Snell, en adoptant même la dernière, qui est la plus défavorable, Descartes aurait encore une grande part à la découverte. Nous ne dirons, pas qu'il l'aurait purgée de la pitoyable erreur que Snell y mêlait, de croire que le rayon perpendiculaire se réfracte aussi ou se raccourcit (1), c'était trop aisé; mais il est plaisant d'entendre Vossîus lui imputer cette correction comme une méprise (2).

Descartes se sert de la loi pour déterminer les surfaces propres à concentrer dans un point unique les rayons. On sait que l'ellipse, dont le grand axe et la distance des foyers ont le même rapport que les sinus d'incidence et de réfraction de l'air dans le verre, jouit de cette pro-

(1) « In radio perpendiculari effectum refraclionis, scu, ut falso opinatur, decurtalionem radii visorii agnoscat. » Ilugenii dhptrkay p. 3.

(2) Tiesp, ad. Joh, de Bruyn., p. 32. ,

Page 1