DEUXIÈME PARTIE
Sans en assigner la cause, M. Lamé confesse la possibilité de deux sortes d'ondes dans Pair et dans Téther, • Il peut se faire qu'un trouble quelconque apporté dans réquilibre d'une petite masse d'air, détermine dans l'atmosphère les deux genres de vibrations qui viennent d'être définis ; mais l'organe de l'ouïe, n'étant affecté que par le système d'ondes accompagné de dilatation et de condensation, reste sourd pour le second système, qui, s'il existe, doit correspondre à d'autres phénomènes que le son. Pareillement lorsque l'éther est agité près des sources lumineuses, il en résulte très-probablement ' les deux systèmes d'ondes ; mais la rétine n'étant affectée que par celui des vibrations transversales, le premier, celui où l'éther éprouve des changements de densité, reste inaperçu, ou correspond à d'autres phénomènes que ceux de la lumière (1). » Ce n'est pas seulement près des sources lumineuses, comme le suppose l'auteur, c'est dans toutes les distances que se produisent les vibrations longitudinales.
Quant à la chaleur, • les ondes ne donnent pas, il est vrai, dit M. Lamé, un moyen aussi satisfaisant d'expliquer tous les faits; mais l'hypothèse de l'émission, quoique plus simple en apparence, est en contradiction manifeste avec plusieurs phénomènes importants, et ne paraît avoir aucune réalité (2). • Or, le système des ondes, qui promet d'expliquer la chaleur, se trouve éga-
(1) Cours depftys.f t. II, part, i, p. 306.
(2) Courf de phys., t. Il, part, i, p. 298.
lement en germe dans Descaries. D'après lui (1), Télément du feu est partout, et pour qu'il se produise, il suffit quMl communique son agitation, ou, comme on dirait aujourd'hui, sa vibration, qui se propage en ondes. C'est en examinant comment le second élément^ qui est celui de la lumière, peut être écarté, et le troisième prendre le cours du premier^ qu'il explique les phénomènes de la chaleur (2). Cette nécessite d'écarter le second élément est d'autant moins fondée, que la science tend à établir que la lumière et le calorique sont dus à une même cause. Mais cette erreur ne détruit pas la vérité de la théorie en soi. A l'article 107, il rend raison de la combustion sans flamme.
M. de la Rive a signalé une nouvelle propriété des fils métalliques transmettant les courants électriques, laquelle semble indiquer que ces courants sont dus à un système d* ondes. « En rapprochant, di t M . Lamé, ces phénomènes et ceux qu'a observés M. Savary, en étudiant la faculté d'aimantation des décharges électriques, on ne peut s'empêcher de penser que l'idée des ondes doive envahir un jour la théorie physique de l'électricité, et la ramener en partie aux mômes principes que la lumière et la chaleur rayonnante (3). • Voilà donc le système des ondes dominant la physique, s' appliquant au son, à la lumière, à la chaleur, à l'électricité, et dévoilant l'affinité de ceux de ces phénomènes qui appartiennent au même fluide»
(1) Principes f part, iv, n. 80 et 81.
(4) Principes, part, iv, de 81 à 123.
(3) Cours de phys, 1. 11, part, ii, p. 306.
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