‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 129 sur 230 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

HlouTcment.

La science du mouvement ne commence guère qu*avec la découverte faite par Galilée, et aussi par Descaries (1 ), de la loi du mouvement uniformément accéléré. Cette loi qui donne, d'un côlé, comme cas particulier, la loi du mouvement uniforme, de Taulre la loi ou plutôt les innombrables lois du mouvement varié, est le fondement de la dynamique. Mais pour calculer avec elle toutes les espèces de mouvements, il fallait en connaître la nature, savoir que le mouvement droit est le primitif, et celui que prennent les corps abandonnés à eux-mêmes ; que le mouvement courbe est un mouvement dérivé ; que les corps ne le suivent que lorsqu'ils se trouvent h chaque

(1) Voir, dans le cliap. m de la trobièiiie partie de cet ouvrage, le passage qui établit les droits de Descarles à rinvenlion, ainsi que la discussion au sujet de la loi même.

instant écartés du droit; que le mouvement et le repos sont indifférents aux corps, qui demeurent dans Tétat où ils sont, si rien ne les trouble.

Or, à Descartes sont dus ces principes, dont Galilée ne paraît point s'être douté, quoi qu'en dise Montucla. € Lorsqu'on réfléchit à la manière dont Galilée applique la géométrie à la physique, et surtout à la démonstration de la loi de la chute accélérée des graves, on ne peut s' empêcher d'y reconnaître qu'il était en possession des lois fondamentales du mouvement, je veux dire de celles-ci : qu'un corps en repos y reste tant qu'il n'en est pas tiré par quelque cause extérieure ; qu'il continue son mouvement en ligne droite et avec la même vitesse, tant qu'il ne reçoit pas une nouvelle impulsion; que, livré à deux impulsions obliques, il suit la diagonale du parallélogramme dont les côtés sont comme ces impulsions, car ce sont là les bases sous-entendues de ses démonstrations (1). » A ce compte-là on pourrait dire aussi, par exemple, que Descartes, lorsqu'il expliquait l'arc-en-ciel, était en possession de l'inégale réfrangibilité des rayons colorifiques ; car elle est de même la base sous-entendue de sa démonstration. Plus loin, Montucla revient sur la même assertion, a On doit principalement à Descartes d'avoir enseigné plus distinctement qu'on n'avait encore fait les propriétés du mouvement. Je me borne à dire plus distinctement, car on a déjà vu qu'on ne peut refuser au célèbre philosophe italien de les avoir reconnues

1) Hist des math., 1. 11, p. 191.

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