DEUXIÈME PARTIE
et employées dans divers écrits, soit dans son Systema cosmicum, soit dans ses dialogues sur le mouvement (1),» Le passage auquel l'auteur fait allusion, en disant qu'on a déjà vu, ne peut être que le premier que nous venons de transcrire. Et qu*y voyez-vous, si ce n*est une affirmation établie sur l'induction la plus arbitraire? Pourquoi ne rapportc-t-il pas les endroits où il a aperçu ces lois? Il serait aisé d'en citer de contraires. Dans le Systema cosmiciim (2), Galilée se range à l'opinion d'Aristote, qu'il y a deux mouvements simples, le droit et le circulaire; que le circulaire est parfait, le droit imparfait, et (3) que celui-ci est impossible dans un monde bien ordonné, seulement qu'il a pu se rencontrer dans le chaos. Remarquons que le Système cosmique est un des derniers écrits de Galilée, qui le compose à l'âge de soixante-huit ans, où il devait avoir ses idées définitives. Au surplus, Montucla n'entend point frustrer Descartes. • Nous ne croyons pas, poursuit-il, que ce soit de Galilée qu'il les ait empruntées ; son système était en grande partie arrêté avant que les écrits de celui-ci eussent vu lejour.(4).
On a voulu voir dans Kepler la loi d'inertie. C'est plutôt le contraire, car il suppose la matière encline à l'immobilité : d'où, selon lui, s'établit une lutte entre les planètes et le soleil ; le soleil, par sa puissance, voulant
(1) HUt. de» math., t. H, p. t08.
(4) Hiit. de$ math , t. H, p. Î08.
les faire marcher, et les planètes, par leur besoin de repos, lui résistant, et allant d'autant moins vife qu'elles sont plus éloignées de lui, c'est-à-dire qu'elles lui échappent davantage (1).
On a été un peu plus fondé à trouver chez Kepler le mouvement en ligne droite, c Je nie, dit-il, que Dieu ait établi aucun mouvement perpétuel autre que le droit, qui se maintienne sans le secours d'une intelligence. Même dans le corps humain, tous les muscles suivent les principes du mouvement en ligne droite. En effet, ou ils s'enflent en se retirant sur eux-mêmes, ou ils s'aplatissent par l'écartement de leurs extrémités, dans le premier cas pour rapprocher les membres des muscles, dans le second pour les en éloigner. 11 n'est pas jusqu'aux muscles de forme circulaire qui ne présentent à leur manière le même phénomène : placés comme des gardiens aux différentes ouvertures du corps, en allongeant circulairement leurs fibres, ils élargissent le passage, et ils le resserrent en les ramassant sous la forme d'un cercle plus petit. 11 n'est donc aucun membre qui se meuve en rond, d*une façon régulière et commode. Quant aux flexions de la tête, des pieds, des bras, de la langue, elles sont exécutées par des moyens mécaniques à l'aide d'un grand nombre de muscles droits, qui changent de place
(1) ff Neccsse estigitur ul planetai iorum gluborum nalura sit niatcriala, tx adba^ ente proprietate, inde a renim principio prona ad quietem seu ad privalionem motus. Quarum renim contentiono cum nascalur pugoa, €U|)crat igilur plus illc planf ta, qui in virtute imbecilliore consistit, caque tardius movelur ; minus iUc, qui s(di projuior. » Stella marlis., cap. xxxiv, p. 17 i.