DEUXIÈME PARTIE
OU se tendent de côté et d'autre. C'est ainsi que la faculté motrice, qui de sa nature, tend à prendre une direction droite, parvient à imprimer aux membres des mouvements curvilignes (1). •
Kepler aurait pu mieux choisir que Texemple du corps humain pour élucider son idée. D'ailleurs elle manque d'exactitude, puisqu'il exige la volonté pour le mouvement curviligne. Quelle distance de celte idée à celle de Descartes, qui nous dévoile les trois propriétés essentielles du mouvement, par la considération de ce qu'elles sont en soi, et par leur rôle dans la formation et dans la conservation de l'univers, où Ton voit sans cesse et latendance primitive des corps k se mouvoir en ligne droite, et la nécessité pour eux de se mouvoir en ligne courbe, à cause de leur opposition mutuelle, et leur persévérance dans l'état de repos ou dans celui de mouvement, si rien ne les en tire. Ces notions qu'il expose sont tellement frappantes de vérité, qu'elles saisissent soudain et illuminent les esprits.
Il y joint l'idée non moins importante de la communi-
(1) ^ Ncgo ullum motum pcrennem non rcclum a Dco conditum esse prse idio menlali dcstitulum. Et iniraquidem corpus humanum omnes musculi principiis rao- Tenlur reclilineorum nioluum : nempe aut in sese reccdendo (urgent, aut discessu capiUim extenuanlur ; illic, ut mpmbniin ad musculum accédât, liic, ut recédât : quod idem et in circularibiis rausculis suo modo lociim habet, qui ineatibus custodes apposili, ubi Dlamentis ciicularibus extensi fuerint, laxant nieatum, constringunt vi ro iisdem in angnstioris circuli figurant recurrentibus. Nullum adeo mcmbrum est, quod aequabililer et expedite g>Telur. Flexus vero capilis, pedum, bracbiorum cl lingux, quibusdam artiGciis niecbanicis per mullos reclos musculos bue illud Iransfiosilos vel altensos expressi sunl Qua rationc efficilur, ut facultas molrix. natura sua in rectum tendens, merabrum illud contorqueat in gyi-uni. » Stella martis, cap. 11, p. 8.
au LE CARTÉSIANISME.
cation du mouvement. La priorité ne lui est point disputée; mais parce qu'il erre dans certains cas, on semble le spolier de l'invention et en gratifier ceux qui le rectifient. Newton ne le nomme même pas (1). D'Alemberl est plus équitable : t Descartes paraît être le premier qui ait pensé qu'il y avait des lois de percussion, c'est-àdire des lois suivant lesquelles les corps se communiquent du mouvement. Mais ce grand homme n'a pas tiré d'une idée si belle et si féconde tout le parti qu'il aurait pu. Il se trompa sur la plupart de ces lois (2). »
Les voici en abrégé, telles que Descaries les donne :
1*» Deux corps égaux se choquant avec des vitesses égales, rejaillissent chacun avec sa vitesse ;
2° Inégaux et les vitesses égales, le moindre seul rejaillit, et ils vont tous deux ensemble du même côté, avec la vitesse qu'ils avaient avant le choc ;
3' Égaux et les vitesses inégales, le plus lent seul rejaillit, et ils vont ensemble du même côté, avec une vitesse commune, moitié de celles qu'ils avaient avant le choc;
4** Inégaux et le plus grand en repos, l'autre rejaillit sans lui imprimer aucun mouvement ;
5* Inégaux et le plus petit en repos, l'autre lui transfère une partie de son mouvement, telle qu'ils vont ensuite de même vitesse ;
&" Égaux et l'un en repos, celui qui se meut comma-
(1) Prkic. math. Axiomes ou lois du mouvement, loi 3*, scolie.
(2) Encycl., p. 284, art. Percussion,