DEUXIÈME PARTIE
quatrième et la sixième loi, il ne faut racciiscr d'erreur que pour la deuxième, la troisième et septième.
On n*a pas dû entendre sans étonnement Descartes assurer, dans la quatrième loi, qu'un corps qui en choque un autre plus grand en repos, ne le meut point et rebrousse chemin. Il attribue TelTet contraire, chaque jour prouvé par Texpérience, à Tair ou à quelque autre fluide qui environne le corps en repos, et qui, selon lui, le dispose à être mû fort aisément. S'il n'y a rien autour de lui, il restera immobile, quelle que soit la vitesse du corps choquant. « D'autant, ajoute-t-il, que B ne saurait pousser C, sans le faire aller aussi vite qu'il irait lui-même par après, il est certain que C doit d' autant plus résister, que B vient plus vite vers lui, et que sa résistance doit prévaloir à l'action de B, à cause qu'il est plus grand que lui. Ainsi, par exemple, si C est double de B, et que B ait trois degrés de mouvement, il ne peut pousser C, qui est en repos, si ce n'est qu'il lui en transfère deux degrés à savoir un pour chacune de ses moitiés, et qu'il retienne seulement le troisième pour soi, k cause qu'il n'est pas plus grand que chacune des moitiés de C, et qu'il ne peut aller par après plus vite qu'elles. Tout de même &i B a trente degrés de vitesse, il faudra qu'il en communique vingt à C ; s'il en a trois cents, qu'il en communique deux cents, et ainsi toujours le double de ce qu'il retiendra pour soi. Mais puisque C est en repos, il résiste dix fois plus à la réception de vingt degrés qu'à celle de deux, et cent fois plus à la réception de deux cents; en sorte que, d'autant plus que B a de vitesse, d'autant plus
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Irouve-t-il en C de résistance; et parce que chacune des moitiés de C a autant de force pour demeurer en son repos que Ben a pour la pousser, et qu'elles lui résistent toutes deux en même temps, il est évident qu'elles doivent prévaloir à le contraindre de rejaillir. De façon que de quelque vitesse que B aille vers C, ainsi en repos et plus grand que lui , jamais il ne peut avoir la force de le mouvoir (I). » Un an après, Descartes donne deç raisons semblables à Clerselier, qui lui avait adressé des observations (2). Elles ne souffrent point de réplique, si on lui accorde le fondement où il les appuie, que le repos a une force. A cette force il rapporte aussi la dureté des corps (3).
Il croit que le repos a de la force comme le mouvement, parce qu'il le suppose aussi l'effet direct de la volonté divine (4). Malebranche emploie le dernier chapitre du dernier livre de la Recherche de ta vérité à le réfuter; et cette réfutation est d'autant plus décisive, qu'ils partent tous deux du même principe, que Dieu fait tout dans les corps ou que par eux-mêmes ils sont purement passifs, tll peut se faire, lui dit-il, que Dieu veuille que chaque chose demeure en l'état où elle est, soit qu'elle soit en repos, ou qu'elle soit en mouvement, et que cette volonté soit la puissance naturelle qu'ont les corps pour demeurer dans Tétat où ils ont été une fois
(1) Princ, pari, ii, art. 49.
(2) (Emv.,1. IX, p. 195.
(8) Princ,, part, ii, art. 5i.
(4) Princ., art, 36,37,43.