DEUXIÈME PARTIE. 3i:i
mis. . . Cependant je n*ai point de preuve certaine que Dieu veuille, par une volonté positive, que les corps demeurent en repos, et il semble quMl suffit que Dieu veuille qu'il y ait de la matière, afin que non-seulement elle existe, mais aussi afin qu'elle existe en repos.
c II n'en est pas de même du mouvement, parce que ridée d'une matière mue renferme certainement deux puissances ou efficaces auxquelles elle a rapport, savoir celle qui l'a créée et de plus celle qui l'a agitée. Mais ridée d'une matière en repos ne renferme que l'idée de la puissance qui Ta créée, sans qu'il soit nécessaire d'une autre puissance pour la mettre en repos, puisque si on conçoit simplement de la matière, sans songer à aucune puissance, on la concevra nécessairement en repos. C'est ainsi que je conçois les choses ; j'en dois juger selon mes idées, et selon mes idées, le repos n'est que la privation du mouvement; je veux dire que la force pri tendue qui fait le repos n'est que la privalion de celle qui fait le mouvement, car il suffit, ce me semble, que Dieu cesse de vouloir qu'un corps soit mu , afin qu'il cesse de l'être et qu'il soit en repos.
«En efl'et, la raison et mille et mille expériences
m'apprennent que si de deux corps égaux en masse,
Pun se meut avec un degré de vitesse et l'autre avec un
demi-degré, la force du premier sera double de la force
du second. Si la vitesse du second n'est que le quart, la
centième, la millionième partie de celle du premier, le
second n'aura que le quart, la centième, la millionième