partie de la force du premier. D'où il esfaisé de conclure
que si la vitesse du second esl infiniment petite, ou enfin nulle, comme dans le repos, la force du second sera infiniment petite, ou enfin nulle, s'il est en repos. Ainsi il me paraît évident que le repos n*a nulle force pour résister à celle du mouvement. »
D'après Montucla, l'extrait suîvantd'une lettre de Descartes, de 1638 (1), prouverait que telle avait été autrefois son opinion, t Je ne reconnais, dit-il, aucune inertie ou tardivité naturelle dans les corps, et crois que lors seulement qu'un homme se promène, il fait tant soit peu mouvoir toute la masse de la terre, à cause qu'il en charge maintenant un endroit, et après un autre. Mais je ne laisse pas d'accorder que les plus grands corps, étant poussés par une même force, comme les plus grands bateaux par un même vent, se meuvent toujours plus lentement que les autres, ce qui serait peut-être assez, sans avoir recours à cette inertie naturelle, qui ne peut aucunement être prouvée (y). » On désirerait que ces lignes eussent le sens que leur prête Montucla, car il vaut mieux se contredire et sortir de l'erreur qu'être conséquent et y rester. Mais cette tardivité que Descartes repousse des corps est une tardivité qui serait inhérente h leur constitution, et que pour cela il appelle naturelle^ et nullement la tardivité qui résulterait de la volonté immédiate de Dieu sur eux. Quant à l'ébranlement de la terre causé par les pas d'un homme moindre qu'elle, il
(l) (EMi;.,t. VllI, p. 37.
;2) IHxt. des matk., t. II, p. 211.
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est clair que Descartes Tentend de l'agitation intérieure des parties ou molécules plus petites que l'homme, et il reste fidèle au principe que le repos résiste par luimême.
c Kepler, et après lui Descartes dans ses lettres, ont parlé, dit Leibnitz, de Y inertie naturelle des corps; et c'est quelque chose qu'on peut considérer comme une parfaite image et même un échantillon de la limitation originale des créatures, pour faire voir que la privation fait le formel des imperfections et des inconvénients qui se trouvent dans la substance. . • La matière est portée originairement à la tardivité ou à la privation de vitesse, non pour la diminuer par soi-même, quand elle a déjà reçu cette vitesse, car ce serait agir ; mais pour modérer par sa réceptivité l'effet de l'impression, quand elle le doit recevoir (1). » Pour comprendre qu'aux yeux de Leibnitz la matière n'agit pas, il faut se souvenir qu'en rétablissant l'activité dans les créatures, il l'a exclue de la partie de leur existefice qui tombe sous les sens, c'est-àdire de la matière. Ainsi c'est à l'imperfection des corps qu'il attribue la puissance de résister ! Au moins Descartes remontait à la volonté de Dieu ou à une chose réelle pour investir le repos du pouvoir de résistance; Leibnitz le dérive du néant. Est-il besoin de dire que le repos est un état d'équilibre entre des forces égaies qui agissent en sens contraires, et par conséquent que la moindre force qui survient doit le rompre? Mais les corps
(i) 7^o</.,arl 30.
Hi LE CARTÉSIANISME.
se composent d'activité et d'étendue ; plus ils ont d'étendue ou de masse, plus ils renferment d'activité intérieure, plus donc il faut de force extérieure afin de les mouvoir. C'est pourquoi, bien qu'à la rigueur la plus petite force meuve les plus grands corps, elle communiquera deux fois, trois fois plus de vitesse à un corps deux fois, trois fois moindre.
Descartes fonde encore ses lois sur ce principe, que la même quantité de mouvement se conserve dans l'univers. Principe erroné sans doute, mais qui regorge de vérilé, si j'ose le dire; principe contre lequel se sont élevés tant de cris, mais devant lequel tombe d'admiration quiconque sait le comprendre.
€ Il faut que nous considérions la cause du mouvement; et parce qu'elle peut être prise en deux façons, nous commencerons par la première et plus universelle, qui produit généralement tous les mouvements qui sont au monde; nous considérerons par après l'autre, qui fait que chaque partie de la matière en acquiert, qu elle n'avait pas auparavant.
a Pour ce qui est de la première, il me semble qu'il est très-évident qu'il n'y en a point d'autre que Dieu qui, par sa toute-puissance, a créé la matière avec le mouvement et le repos de ses parties, et qui conserve maintenant en l'univers, par son concours ordinaire, autant de mouvement et de repos qu'il y en a mis en le créant. Car bien que le mouvement ne soit qu'une façon en la matière qui est mue, elle en a pourtant une certaine quantité qui n'augmente et ne diminue jamais, encore